De Lijn sabre encore dans le budget des bus : "Il n'y a pas de vision pour la périphérie bruxelloise", dénonce-t-on au sein même de la N-VA
Face aux plans d'économies à De Lijn, de nombreuses communes s'insurgent. C'est le cas en périphérie bruxelloise.

- Publié le 03-03-2026 à 10h00

Une fronde se dessine en Flandre contre la ministre de la Mobilité, Annick De Ridder (N-VA), et ses plans pour De Lijn. La ministre entend réaliser des économies de l'ordre de 35,5 millions d'euros dans les transports en commun et ce, partout au nord du pays.
"Beaucoup de gens pensent 'je paie mon billet', mais en réalité, le taux de couverture des coûts est très faible. Le contribuable ajoute 6 euros à chaque euro payé par un voyageur", justifie la nationaliste.
Dans de nombreuses communes flamandes, des mandataires s'insurgent contre les effets de ces économies. C'est le cas en périphérie bruxelloise. La Vervoerregio Vlaamse Rand (bassin de mobilité autour de Bruxelles) a remis un avis négatif sur base de l'opposition d'une grande majorité des communes.
"Il n'y a pas de vision pour la périphérie bruxelloise", dénonce Philip Roosen (N-VA), président de la vervoerregio et échevin de la Mobilité à Grimbergen. "On sait qu'il faut économiser. Mais il y a déjà eu des économies dans notre région et ils viennent de décider de supprimer la ligne de sneltram (Willebroek-Bruxelles, le long de l'A12). On veut une concertation structurelle."
"Plus de 2 tiers des avis étaient négatifs"
Pour le Rand, il n'est pas tant question de supprimer des lignes. L'impact se fera surtout sentir sur la fréquence des bus, qui sera par endroits réduite. "Pour les zones rurales, comme le Pajottenland ou Lennik, cela a un grand impact." Outre les économies, le timing imposé par la Région est dénoncé. Le plan devrait en effet entrer en vigueur dès cet été. "Cela ne nous donne pas le temps de trouver des alternatives."
Un échevin N-VA qui tacle la politique d'une ministre de son propre parti : le fait est assez rare. "Oui, nous sommes du même parti. Mais je suis président de la Vervoerregio et je joue mon rôle. Plus de deux tiers des avis étaient négatifs."
Notons que le Vlaamse Rand n'est pas la région la plus mal lotie de Flandre en matière de transports publics. Selon le nouveau plan, un budget de 167 € par habitant est prévu pour la périphérie bruxelloise, contre 78 € pour la région d'Ostende et 69 € pour les Ardennes flamandes, 179 € pour Anvers et 169 € pour Louvain.
Au sein de la coalition flamande, le dossier a pris une tournure explosive. Le CD&V, qui siège au gouvernement, a lancé une pétition "Red Onze Buslijnen". Du côté de Vooruit, les critiques sont également vives. Malgré cela, la ministre De Ridder a assuré tenir son cap.
Rappelons que les syndicats de De Lijn ont introduit un préavis de grève de neuf jours, en mars et avril, pour dénoncer les économies prévues par l'exécutif régional.