Un tram vers l'aéroport d'ici 2031 : le coup d'envoi du chantier donné ce lundi mais encore bien des incertitudes quant à son exploitation
Le chantier pour la réalisation du luchthaventram est enfin lancé. Prolongement du 62, il devra relier Bruxelles-Nord à l'aéroport en 30 minutes.

- Publié le 30-03-2026 à 16h08
- Mis à jour le 31-03-2026 à 10h09

Ce n'est pas tous les jours qu'un chantier de tram est lancé en Belgique. Après l'inauguration du tram 10 à Neder-Over-Heembeek en septembre 2024 et du tram de Liège en avril 2025 et, avant le lancement du "tram Tour & Taxis", c'est du côté de Zaventem qu'une nouvelle ligne verra le jour.

Longtemps discuté et plusieurs fois reporté, le luchthaventram a reçu son coup d'envoi ce lundi. Une cérémonie en grande pompe en présence de la ministre flamande Annick De Ridder (N-VA). "C'est un jour important", souriait-elle en compagnie d'Arnaud Feist, CEO de l'aéroport.
Cette ligne constitue, pour rappel, le prolongement jusqu'à l'aéroport de la ligne de tram 62, qui suit l'avenue Léopold III et s'arrête actuellement à l'Otan.

Six arrêts sont prévus entre l'Otan et l'aéroport. La connexion de Bruxelles-Nord à Zaventem prendra 30 minutes. Mais pourquoi dès lors un tel tram alors que cette connexion est déjà effectuée par train, à haute fréquence, en onze minutes seulement ? Les autorités flamandes évoquent avant tout un besoin de mobilité pour la zone industrielle et résidentielle au niveau du Ring, actuellement très mal desservie.

Le budget de ces travaux en territoire flamand est actuellement estimé à 246 millions d'euros, hors TVA.
Cinq ans de chantier pour cinq kilomètres
Le chantier va donc durer jusqu'en septembre 2031. À savoir plus de cinq ans pour environ cinq kilomètres à réaliser.
La première partie ne devrait pas générer de fortes perturbations supplémentaires. Les autorités s'attaquent en effet d'abord au tronçon au niveau du Ring, où le vaste chantier de l'échangeur Ring-A201 bat déjà son plein. Les automobilistes font dès lors déjà face à des voies rétrécies et une vitesse limitée.

Annoncé pour… 2020
Cela fait plus d'une décennie que ce projet est dans les cartons du ministère flamand de la Mobilité. Il s'inscrit dans le cadre du "Brabant Net". À l'origine, trois nouvelles lignes de tram vers Bruxelles ont été promises : un Ringtram le long de l'autoroute, un sneltram Bruxelles-Willebroek parallèle à l'A12 et le luchthaventram.
Le premier projet aura finalement été revu à la baisse et transformé en bus à haute capacité (le "Ringtrambus", à savoir l'actuelle ligne R20 de De Lijn). Après bien des frais et expropriations, le second, le sneltram, a finalement été supprimé récemment sur l'autel des restrictions budgétaires.
Dès lors, de ces trois ambitions tramifiées, le luchthaventram s'avère être le seul survivant. En 2013, le gouvernement Peeters II (également une raketcoalitie, avec à bord CD&V, Vooruit et N-VA, comme l'actuel gouvernement Diependaele) évoquait une mise en service en 2020. Un horizon qui, au fil des années et des gouvernements, a été finalement reporté jusqu'en 2031.
Exploité par la Stib ?
Alors que les premiers coups de pioche sont donnés, une inconnue majeure subsiste encore : qui va exploiter cette ligne de tram ? Il a été en effet prévu que la Stib le fasse, sans supplément du type "redevance Diabolo".
Pour la ministre De Ridder, cette exploitation par la Stib est toujours d'actualité. Mais du côté de Bruxelles, on estime désormais que la Flandre a "trahi le deal", en abandonnant unilatéralement le sneltram Bruxelles-Willebroek et en revoyant à la baisse le Ringtrambus. "L'accord doit être rediscuté car 2/3 du projet a été abandonné. La Flandre doit venir avec une solution sur le financement", indique le cabinet de la ministre bruxelloise Elke Van den Brandt (Groen).
Symbole visible des relations entre Bruxelles et la Flandre : Elke Van den Brandt n'a visiblement pas été invitée à la conférence de presse de ce lundi par son homologue flamande. Mais pour la mandataire N-VA, il ne faut guère surinterpréter cette absence bruxelloise. C'est, rappelle-t-elle, un chantier flamand, en sol flamand avec des moyens flamands. "Elle est toujours la bienvenue pour visiter le chantier", assure la ministre N-VA.