En décrépitude depuis trois ans, le futur des tunnels de l'avenue Louise incertain: "Ne cassons pas ce lien entre le sud de Bruxelles et le centre"
Avant l'été, le gouvernement bruxellois va devoir se pencher sur le "PPI tunnels". Avec une question : quel avenir pour les infrastructures Bailli et Vleurgat, actuellement réduites à une bande ? Chez les Verts, leur suppression n'est pas un tabou. Au MR, une fermeture apparaît imbuvable.

- Publié le 13-04-2026 à 18h50
- Mis à jour le 13-04-2026 à 19h01

Depuis 2023, la décrépitude est ostentatoire. Avenue Louise, dans les tunnels Vleurgat et Bailli, les étançons font désormais partie du triste paysage. Voilà près de trois ans que la circulation se voit réduite à une bande dans ces tunnels de l'avenue Louise pour des raisons de stabilité. Sur son portail, Bruxelles Mobilité mentionne ces perturbations jusqu'en… 2029.
Mais derrière cette lointaine échéance de l'administration se trouve avant tout un arbitrage politique à venir. Avant l'été, le gouvernement Dilliès devra en effet se pencher sur le fameux "PPI tunnels". Ce "Plan Pluriannuel d'Investissement" trace les grandes lignes du calendrier de maintien des infrastructures routières. À ce stade, une priorité apparaît comme unanimement partagée : la rénovation des tunnels Loi et Belliard, maintes fois reportée. Cet entretien conséquent serait, nous dit-on, grosso modo "à l'identique", à savoir sans modification des entrées et des flux de circulation.

Mais pour d'autres infrastructures, le sort n'est pas tranché. Fin 2024, une étude de Bruxelles Mobilité suggérait même une fermeture de cinq tunnels bruxellois d'ici 2030 pour raisons économiques. Dans le viseur : Vleurgat, Bailli, Boileau, Georges Henri et Woluwe.
Un bras de fer MR-Groen
Au vu des finances bruxelloises, les deux tunnels endommagés de l'avenue Louise seront-ils purement supprimés ? À ce stade, peu de commentaires officiels du côté de la nouvelle coalition. "On est content d'avoir une majorité de plein exercice pour s'occuper de la situation. Le dossier va arriver sur la table du gouvernement pour évaluer les divers scénarios", se contente d'indiquer l'équipe d'Elke Van den Brandt (Groen), garantissant que la situation actuelle "est monitorée et suivie attentivement". "Rénover et entretenir nos tunnels est une priorité. Bruxelles est déjà suffisamment embouteillée : nous devons privilégier les décisions rapides et de bon sens", commente-t-on chez Boris Dilliès (MR), sans davantage de précisions quant au sort spécifique des infrastructures de l'avenue Louise.
En coulisses, une imminente joute MR-Groen est pressentie à ce sujet. "On l'a vu avec le bois de la Cambre. Boris Dilliès reste bourgmestre en titre d'Uccle. Fermer des tunnels de l'avenue Louise, pour lui, ce serait compliqué", entend-on dans la machine bruxelloise.
Historiquement, les Verts, dont Groen actuellement au gouvernement et au ministère de la Mobilité, appellent à une réorganisation des tunnels routiers et à des réaménagements en surface, sans exclure des fermetures. Idem chez Vooruit. Or côté libéral, l'avenue Louise a été un fer de lance de la campagne électorale et toute fermeture apparaît comme imbuvable.
"Des effets terribles et délétères"
"Ce passage de deux bandes à une bande a des effets terribles et délétères. Ne pas le reconnaître, c'est de la folie, ou de la bêtise", dénonce le député régional Geoffroy Coomans de Brachène (MR), qui demande une réouverture des 2x2 voies et s'oppose à un projet de fermeture. "Dans 10, 15, 20 ans, avec des alternatives, on pourrait l'envisager. Mais il est beaucoup trop tôt pour aller vers une suppression car aucune alternative crédible n'a été mise en place. Il faut au contraire faciliter l'accès à la ville. Ne cassons pas ce lien entre le sud et le centre. Sinon des gens du sud de Bruxelles préféreront aller faire leurs courses à Waterloo… On ne bloque pas une artère vitale sans alternative crédible."
Après la récente querelle PS-Groen quant à la Zone de Basses Emissions, le nouveau bras de fer MR-Groen s'annonce rude quant au futur de ces tunnels. "Et si ça bloque ? On gardera la situation actuelle", soupire une source bruxelloise.