Le chaos routier au carrefour Léonard n'était qu'un "apéritif" : des années de galères s'annoncent encore sur le Ring de Bruxelles
Les habitants de la périphérie bruxelloise et les navetteurs doivent s'attendre à des années noires sur le Ring de Bruxelles et ses environs. À quoi s'ajoutent un RER maudit, des coupes dans les bus De Lijn et une ligne de tram abandonnée par la Flandre…

- Publié le 05-05-2026 à 08h22

Les habitants de la périphérie bruxelloise et les navetteurs ne le savent hélas que trop bien : sur le Ring, un chantier ne s'arrête que lorsqu'un nouveau commence. Bien souvent d'ailleurs, les perturbations se superposent et s'amplifient.
Après des mois de chaos routier au carrefour Léonard, aggravé par d'interminables perturbations à Jezus-Eik, c'est un peu plus au nord de la rocade bruxelloise que les embarras s'annoncent dans les années à venir.
Des années de chantier sur le Ring-Nord
L'été dernier, la Flandre a en effet annoncé investir près de cinq milliards d'euros dans le Ring de Bruxelles. La part du lion revient au Ring-Nord, à savoir la partie de l'autoroute entre les deux E40, entre Zaventem et Grand-Bigard. Les autorités flamandes prévoient une rénovation de grande ampleur. Le chantier titanesque se fera par tronçon antihoraire : d'abord la "zone Zaventem" puis la zone Vilvorde, puis Wemmel et enfin Grand-Bigard.
Pour la zone de Zaventem, le permis est obtenu et les vastes travaux devraient être lancés fin de cette année, voire début 2027.Pour les autres zones ? "Le calendrier dépendra fortement des entrepreneurs privés. Nous ne pouvons donc pas encore donner de vision globale sur l'ensemble du réaménagement de la partie nord", nous indique De Werkvennootschap. Si les délais sont encore flous, on se dirige bien vers une décennie de chantier au nord du Ring, avec son lot de perturbations pour les navetteurs.
Notons que certaines interventions sont déjà en cours. La chronophage rénovation du viaduc de Vilvorde va encore durer jusqu'en 2031 et les perturbations vont d'ailleurs encore s'aggraver l'an prochain. Au niveau de l'aéroport, un nouveau méga-échangeur est en construction jusqu'en 2028.
Quittons le nord de la capitale. Plus au sud, à l'ouest du Ring, du côté d'Anderlecht et Dilbeek, un autre chantier de grande ampleur s'apprête à voir le jour. Ici, aussi, un méga-échangeur va être construit au croisement du Ring et de la chaussée de Ninove. Un chantier de grande ampleur qui impactera lourdement cette porte d'entrée de Bruxelles de la fin de cette année jusqu'à… fin 2029.
Un luchthaventram… et c'est tout
Quid des transports publics ? Fin mars, la Flandre a lancé en grande pompe son chantier de luchthaventram. Il s'agit, pour rappel, du prolongement de la ligne Stib 62, qui actuellement s'arrête grosso modo au niveau de l'Otan. D'ici 2031, ce tram sera prolongé le long de l'avenue Léopold III (A201) pour rejoindre l'aéroport, desservant en passant la zone industrielle et résidentielle autour du Ring.
Mais cet arbre cache une forêt de renoncements dans le chef des autorités flamandes. En 2013, trois lignes de tram ont été promises dans le cadre du "Brabant Net". Seule cette (petite) ligne vers l'aéroport verra le jour. Le "Ringtram", devant longer l'autoroute, a été transformé en bus (baptisé officiellement "Ringtrambus"…). Quant au projet de sneltram Bruxelles-Willebroek le long de l'A12, il a tout bonnement été abandonné sur l'autel des restrictions budgétaires, après bien des frais engagés et des expropriations.
Concernant les bus De Lijn, la ministre Annick De Ridder (N-VA) a annoncé en ce début d'année réduire les budgets. Ce qui ne sera pas sans impact en périphérie bruxelloise, a dénoncé le président de la vervoerregio du Rand, pourtant également membre de la N-VA. "Il n'y a pas de vision pour la périphérie bruxelloise", dénonçait à ce propos Philip Roosen dans La DH.
Un RER pour.. 2034
Enfin, véritable serpent de mer de la mobilité brabançonne, le RER n'est pas près d'être inauguré. Ce projet maudit consiste, pour rappel, à faire passer l'infrastructure ferroviaire autour de Bruxelles à quatre voies afin que les trains rapides puissent dépasser les trains lents. Ce qui permet ipso facto d'augmenter la fréquence.
Vers les villes flamandes, ces travaux ont eu lieu. Mais vers Ottignies et Nivelles, le retard s'est accumulé lourdement au fil des années. Vers Ottignies, les travaux devraient être achevés fin de l'année. Mais c'est vers Nivelles que les navetteurs doivent encore ronger leur frein.
À Linkebeek, des années de contestation contre la mise à quatre voies ont retardé le projet. L'an dernier, un accord a finalement été scellé : un petit tronçon restera à deux voies mais la gare de Linkebeek sera supprimée. Des permis doivent encore être délivrés et tout n'est pas encore réglé. À ce stade, l'achèvement du RER vers Nivelles est prévu pour 2034… "au plus tôt."
Pour rappel, lors du coup d'envoi du projet RER en 2003, la "convention" interrégionale stipulait : "L'objectif est que l'offre RER soit entièrement opérationnelle au plus tard pour fin 2012"…
