"La dichotomie entre les régions est complètement dingue" : à Bruxelles, Les Engagés veulent un contrôle technique tous les deux ans, comme en Flandre
À Bruxelles, la députée de la majorité Sofia Bennani (Les Engagés) appelle à un contrôle technique tous les deux ans, comme en Flandre. Les ministres wallons et bruxellois de la Mobilité réagissent.

- Publié le 25-08-2026 à 09h00
- Mis à jour le 25-08-2026 à 09h23

Dès ce 1er septembre, la Flandre assouplit ses règles de contrôle technique. L'examen du véhicule particulier ne devra être effectué que tous les deux ans, et ce peu importe le nombre de kilomètres et l'âge de la voiture. Jusqu'à présent, le contrôle bisannuel ne concernait que les voitures de moins de 10 ans.
À Bruxelles, en revanche, un véhicule de plus de six ans (ou plus de 100.000 km) doit toujours être présenté chaque année au contrôle technique. En Wallonie, les règles divergent quelque peu : le contrôle technique est imposé chaque année pour les voitures de plus de huit ans ou plus de 110.000 km.
Au sein de la majorité bruxelloise, Les Engagés appellent à revoir les règles pour tendre vers une uniformisation. "La dichotomie entre les régions est complètement dingue", fustige la députée Sofia Bennani (Les Engagés). "Si la Flandre, qui mène une politique exigeante en matière de sécurité routière, estime pouvoir faire évoluer la périodicité de ses contrôles, ce n'est certainement pas sur un coin de table."
La centriste estime qu'un contrôle à la flamande doit être envisagé à Bruxelles. "Si l'évaluation le permet, les Bruxellois doivent eux aussi pouvoir passer au contrôle technique tous les deux ans."
Éviter un "tourisme du contrôle technique"
La parlementaire appelle les trois régions à uniformiser leurs règles de périodicité des contrôles techniques. Sans harmonisation, c'est la porte ouverte, déclare Sofia Bennani, à un "tourisme du contrôle technique", avec un afflux massif de conducteurs bruxellois et wallons vers les centres flamands. Une situation déjà récemment fustigée par Touring, rappelant que les conducteurs peuvent passer leur contrôle dans la région de leur choix.
"On arrive à une situation difficilement lisible : le même véhicule circule à Bruxelles, en Flandre et en Wallonie, mais nous lui appliquons progressivement des règles différentes", dénonce Sofia Bennani. "À force de régionaliser sans rechercher un minimum de cohérence, c'est le citoyen qui finit par devoir sortir la carte de Belgique pour comprendre ses obligations."
"La sécurité routière doit rester la priorité"
Du côté de la Wallonie, la porte n'est ni fermée, ni ouverte. "Il faut continuer à se concerter. Mais la priorité est la sécurité routière", commente le cabinet du ministre François Desquesnes (Les Engagés). Même philosophie chez son homologue Elke Van den Brandt (Groen).
"Une harmonisation entre les régions est logique et souhaitable. Toutefois, la sécurité routière doit rester la priorité : Bruxelles module la fréquence selon l'âge et le kilométrage, et c'est cette logique-là qu'il faut garder", réagit par écrit l'écologiste. "Parce que dans nos rues, il y a aussi l'enfant qui traverse pour aller à l'école, le cycliste, le piéton, les passagers du bus et du tram : des milliers de gens qui comptent chaque jour sur des voitures en bon état."