La ville de Charleroi refuse de garantir l'emprunt de la Zebrarena: un pouvoir local n'a pas à endosser les responsabilités d'un investisseur privé
La ville de Charleroi a dit non à un tel montage. Son bourgmestre Thomas Dermine refuse que de l'argent public communal serve à garantir un emprunt privé.

- Publié le 03-09-2026 à 18h00

Si les promoteurs de la Zebrarena affirment que les choses évoluent, le projet de la future enceinte multifonctionnelle du Pays Noir n'est officiellement guère avancé. Incontestablement, des obstacles ont été passés : choix du site, dépollution par la SPAQuE, octroi du permis d'urbanisme et récemment, appel à concession pour un investisseur et exploitant privé. Si la ministre wallonne des Sports Jacqueline Galant dit n'avoir aucune information sur ce dossier, reste le plus délicat, comme l'a rappelé au conseil communal de Charleroi l'élu MR Nicolas Tzanetatos : boucler un financement estimé à 75 millions d'euros.
Selon lui, le nœud se situe du côté de Belfius. La banque demande des garanties pour libérer une cinquantaine de millions d'euros. Le dossier se trouve concrètement dans les mains de la Région wallonne, appelée à intervenir via un mécanisme de garantie. Et c'est là que le bourgmestre Thomas Dermine pose une limite claire : la Ville soutient la Zebrarena, mais elle ne mettra pas ses actifs publics en garantie pour un projet privé.
"Charleroi a déjà largement accompagné le dossier" insiste-t-il. Pour le collège communal, il appartient désormais à la Région de prendre le relais. D'autant que le projet dépasse largement le seul intérêt du Sporting : il s'agira de la première grande enceinte événementielle de ce type en Wallonie, comparable au Sportpaleis à Anvers.
La Zebrarena doit s'implanter à Marchienne, au cœur d'un territoire marqué par les friches industrielles et la dégradation de l'espace public. Au-delà de l'équipement sportif, ce sera un outil de reconversion et d'attractivité pour ce territoire.
La question de la mobilité est revenue sur le tapis. Le chiffre de 1.800 places de stationnement sur le site peut sembler faible face à une jauge de 26.000 personnes. Mais Thomas Dermine avance un dispositif plus large : 1.500 places supplémentaires à quinze minutes à pied et 2.500 places accessibles par navettes, soit environ 5.800 possibilités au total. Selon un benchmark de 22 enceintes européennes, les 1.800 places immédiates représenteraient déjà 9,2 % de la capacité au-dessus de la moyenne observée.
Reste une différence majeure : Charleroi n'est ni Bruxelles ni Anvers. Le métro et le réseau TEC existent, mais l'offre est moins dense, particulièrement en soirée. Pour un match, cela peut fonctionner. Pour un concert attirant des milliers de spectateurs venus de toute la Wallonie, la question de l'accès et du retour devra être réglée au millimètre.
Tout le paradoxe est là. Charleroi veut un équipement privé, mais aux retombées publiques et territoriales assumées. La Ville refuse de garantir seule l'emprunt, tout en réaffirmant son soutien. Pour elle, la Wallonie doit participer au projet.