Le Gravel, un boost pour les commerces houffalois : "L'un de nos trois meilleurs week-ends de l'année"
Hôtels et restaurants ont profité de l'affluence du Gravel, malgré les difficultés d'accès à la ville pour certains riverains.
- Publié le 02-09-2026 à 17h15

Impossible pour les Houffalois de ne pas avoir entendu parler du championnat d'Europe de Gravel, qui s'est tenu ce dimanche 30 août dans la localité. Un événement porteur pour la Commune qui a déjà accueilli plusieurs manches de Coupe du monde.
Dès la fin de semaine dernière, le ton était donné dans le centre-ville, notamment rue de Schaerbeek et rue Saint-Roch. Barrières Nadar le long des routes et scène montée, Houffalize s'est progressivement mise aux couleurs de la compétition. Un moment positif pour les commerçants, un peu plus compliqué pour quelques riverains.
"Le manque à gagner du restaurant a été compensé"
Pour que les cyclistes roulent en toute sécurité, la route principale de Houffalize était fermée à la circulation le temps de la compétition. Une décision communiquée via toutes-boîtes mais que certains riverains ont eu du mal à accepter, en témoignent certains commentaires sur les réseaux sociaux. "La ville des otages", pouvait-on lire, "Même pas de pass pour les habitants" ou encore "Une fermeture de 10 h 30 à 20 heures, nous sommes coincés à la maison et aucune navette prévue."
Un ressenti pas forcément identique chez certains commerçants du centre-ville qui ont fait le plein, à l'image de l'Hôtel des Postes. "Nous avons affiché complet de jeudi à lundi matin, explique le gérant, Frédéric Bourcy. C'était un événement positif pour nous. Preuve en est, la réservation de l'une de nos chambres a été annulée à cinq reprises et, à chaque fois, a été réservée à nouveau."
Parmi les locataires du week-end, exclusivement des cyclistes participant au championnat, "venus d'Allemagne, de Finlande, d'Angleterre ou encore des Pays-Bas, ajoute-t-il, pas peu fier de ses clients. Parmi eux, nous avons eu deux champions d'Europe dans leur catégorie ! C'est quand même chouette."
Question restauration, Frédéric Bourcy s'est montré prudent au vu du manque de communication quant à l'accès à la ville. "Nous ne voulions pas faire venir de personnel le midi puisqu'on ne savait pas comment ça allait aller, et nous avons bien fait. Et puis, le dimanche, nous travaillons beaucoup avec des habitués mais Houffalize n'ayant pas été accessible, nous avons eu quelques annulations. Nous nous sommes alors concentrés sur la terrasse et nous avons super bien travaillé. Le manque à gagner du dimanche midi au restaurant a été compensé avec la terrasse. C'est un événement qui amène quand même pas mal de visibilité donc pour nous, c'est positif." Le gérant dit néanmoins savoir ce qui agace les riverains. "La communication aurait pu être un peu plus poussée, que ce soit au niveau de l'accès à la ville ou encore sur l'événement dans la région, reprend-il. Beaucoup ont l'impression qu'il y a un événement en rapport avec le vélo toutes les semaines alors que ce n'est pas le cas. Ce qui est dérangeant pour les habitants, ce sont les incivilités faites par les cyclistes. On fait déplacer des véhicules de riverains pour qu'au final, ce soit les coureurs qui s'y garent sans respecter les interdictions."
"Un de nos trois meilleurs week-ends de l'année"
Toujours au niveau des hôtels, le site de Vayamundo a constaté une influence sur son type de clientèle "qui était plus sportive, affirme la gérante. Au niveau des clients, ils sont arrivés le samedi sans difficulté. Il y a juste eu quelques embarras de circulation dimanche pour notre personnel mais rien de grave. Par contre, nous n'avons pas eu de passage chez nous le dimanche, c'est l'une des conséquences, nous n'avons pas eu de clients habitués. Mais globalement, ce type d'événement est positif pour nous."
Un peu plus dans le bas de la ville, d'autres restaurants n'ont pas chômé. C'est le cas du Rallye. "C'était très très bien, explique le gérant Benjamin Mossay. Ce week-end fait d'ailleurs partie de nos trois meilleurs week-ends de l'année avec le Roc d'Ardenne et le Carnaval du Soleil. Il y a eu beaucoup de monde de toutes nationalités, des Italiens, des Polonais… À chaque fois qu'il y a un gros événement de la sorte, nous agrandissons la terrasse. Et ici, des étudiants sont venus aider car ils étaient encore disponibles." Au Grandcafé de Houffalize, c'est surtout la semaine précédant l'événement qui a ramené du monde. "Pour moi, la semaine avant le championnat a été très positive, explique le gérant. Beaucoup de touristes étaient là pour repérer les lieux. D'habitude, on travaille avec une clientèle assez fixe mais ici, nous avons vu beaucoup de nouvelles têtes. Ils venaient d'un peu partout, c'était un beau mélange. J'ai parlé cinq langues différentes !"
Le dimanche fut cependant plus calme. "Les touristes ont surtout regardé la course, reprend-il. Et puis, beaucoup de personnes ont râlé car elles se disaient prisonnières dans leur village vu que l'accès à la ville était fermé."
CADREE
"On potasse sur un circuit permanent de Gravel"
Lorsqu'on évoque avec l'échevin des Sports Marc Knoden la difficulté d'accès à la ville, il répond: "La ville n'était pas fermée donc les commentaires négatifs n'ont pas tenu compte de toutes les mesures qui ont été prises. L'axe allant du centre sportif au haut de St-Roch était fermé à la circulation car nous étions en plein dans la course mais des mesures ont été prises, comme quand il y a carnaval du soleil. Une ordonnance de police a été traduite dans un toutes-boîtes que les riverains ont reçu. Mais j'ai eu des coups de téléphone de certains qui ne l'ont pas eu. C'était compliqué."
Il continue: "Les riverains concernés par les mesures de stationnement et le passage de la course avaient, s'ils le souhaitaient et moyennant une réservation auprès de la Commune, cinq parkings qui leur étaient destinés. Mais quand on organise un événement à Houffalize, il y a toujours des gens qui sont alarmistes et qui noircissent le tableau alors que s'ils prenaient la peine de voir et d'écouter, il y a des solutions. Mais 1 800 coureurs issus de 32 pays, c'est sûr que ça bouscule les habitudes du dimanche et des jours qui précèdent, car on ne met pas un tel événement en place en deux heures."
Pour l'échevin, ce championnat apporte beaucoup à l'économie locale et au tourisme: "Je suis convaincu que les coureurs reviendront en famille dans notre commune. On potasse d'ailleurs sur un circuit permanent de Gravel. Si on accueille de tels événements, ce n'est pas pour le plaisir d'accueillir. L'objectif est de semer pour récolter et maintenir une réputation touristique. Et qu'on le veuille ou non, si Houffalize n'avait pas eu le VTT ou Gravel, l'économie serait bien différente, au risque même d'avoir pas mal d'établissements fermés aujourd'hui."