Mohammed Barletta condamné à neuf ans de prison pour avoir tiré des coups de feu dans une voiture à Quévy

Le tribunal a retenu la tentative de meurtre, donc l'intention de tuer.

 Le 30 janvier, le marteau du juge (maillet de son vrai nom!) décidera du sort de ces adeptes de règlement de comptes à coups de marteau...
Mohammed Barletta est condamné. ©

Le tribunal correctionnel de Mons, siégeant en vacations, a condamné lundi Mohamed Barletta à une peine de 9 ans de prison pour avoir tiré à sept reprises sur une voiture, le 8 février dernier, sur le parking d'une discothèque à Quévy. Cinq impacts avaient été relevés sur le véhicule. Deux jeunes femmes se trouvaient à bord.

Pour le tribunal, les faits sont qualifiés de tentative de meurtre.

Sept coups de feu

Il était 6h02 lorsque les détonations ont retenti sur le parking de la discothèque. Mohamed Barletta a ouvert le feu en direction d'une voiture dans laquelle se trouvaient deux jeunes femmes. Sept coups de feu ont été tirés, cinq projectiles atteignant le véhicule.

L'enquête a permis de retracer le déroulement de cette matinée. Barletta avait passé la soirée dans la discothèque. Les deux jeunes femmes s'y trouvaient également, mais aucun contact n'avait été établi entre eux.

Vers 5h30, une bagarre a éclaté sur le parking. Mohamed Barletta y était impliqué. Furieux, il a quitté les lieux et est reparti vers Boussu, où il exploitait un snack. Il y a récupéré une arme avant de revenir sur le parking.

Quelques dizaines de minutes plus tard, il a ouvert le feu sur la voiture. Devant le tribunal, il a reconnu les tirs, mais a toujours contesté avoir voulu tuer les occupantes.

Sa version

"Sur la route, je me suis dit que ces gens étaient impliqués dans l'altercation. Je n'ai pas d'explication rationnelle à donner", avait-il déclaré devant ses juges.

Mohamed Barletta soutenait avoir voulu s'en prendre uniquement au véhicule. Il affirmait même ne pas avoir vu les deux femmes à l'intérieur.

Selon sa version, il se trouvait d'abord à une dizaine de mètres de la voiture avant de s'en approcher à deux ou trois mètres. "À aucun moment, je n'ai vu quelqu'un dans l'auto. Je me trouvais derrière la voiture", avait-il expliqué.

Poursuivi pour une tentative de vol dans un taxi à Mons, il finit par reconnaître que c'est bien lui sur les images

"Je n'avais aucune raison de leur faire du mal. Je suis triste pour ces personnes d'avoir vécu cela. Mon but était de casser un véhicule et pas de blesser qui que ce soit. Si j'avais voulu agir autrement, je n'aurais pas tiré à l'arrière de l'auto", avait-il encore soutenu.

L'intention de tuer au cœur des débats

L'intention d'homicide était au cœur du débat judiciaire. Pour le ministère public et les avocats des parties civiles, elle ne faisait aucun doute. La défense, assurée par Me Mayence, contestait cette analyse.

"Toutes les trajectoires sont de haut en bas. Aucune n'est à hauteur d'homme. Il n'y a donc pas d'intention de tuer", avait plaidé l'avocat.

Sur le volet de la peine, les juges ont notamment tenu compte des lourds antécédents judiciaires de Mohamed Barletta.

Stups et incendie criminel

L'homme est connu de longue date de la justice montoise. Il avait notamment été impliqué dans le dossier de l'incendie du "Premium", en 2011, un sinistre qui avait coûté la vie à un pompier. Il avait été condamné en mai 2015 à cinq ans de prison, dont trois ans ferme.

Son parcours judiciaire ne s'était pas arrêté là. En juillet 2012, il avait été interpellé à Cuesmes avec 2,1 kilos de cannabis. En décembre de la même année, il avait encore été appréhendé à la suite d'une bagarre dans une discothèque montoise, au cours de laquelle une arme à feu avait été utilisée.

En mars 2013, il avait à nouveau été arrêté pour son rôle présumé de personnage central dans une association de malfaiteurs impliquée dans des vols dans des habitations et des vols avec violence.

En 2015, il avait enfin été interpellé par la PJF après avoir tiré plusieurs coups de feu à l'intérieur d'une discothèque à Quévy.

Cette fois encore, les coups de feu ont retenti dans un lieu festif. Avec, au bout du canon, deux jeunes femmes qui se trouvaient dans une voiture.

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