Avant sa 50e à l'Union, David Hubert revient sur ses huit matchs marquants : "Symbolique de se retrouver au Heysel face à Anderlecht un an plus tard"
Le coach des Unionistes a vécu de nombreuses émotions depuis sa prise de pouvoir en octobre 2025.
- Publié le 04-09-2026 à 12h23
C'est un anniversaire qu'il espère heureux. Ce samedi après-midi, David Hubert dirigera l'Union pour la cinquantième fois depuis son arrivée en octobre 2025. L'occasion de se poser durant une heure à ses côtés, dans la salle de vie du centre d'entraînement à Zaventem. Avec huit photos faisant référence à huit matchs importants.
1) Galatasaray - Union SG (0-1), 4 match de LDC, 25 novembre 2025

"Il y avait quelque chose de grandiose à gagner dans cette atmosphère incroyable, lors d'un des déplacements les plus difficiles d'Europe. C'était un challenge énorme, donc c'est un souvenir incroyable, même si je ne suis pas quelqu'un d'émotionnel dans le football. Pendant le match, je sentais que Promise David pouvait prendre un second carton jaune après quelques petites fautes. Je l'ai pris à part : "Tobi, tu vas rester encore cinq minutes sur le terrain, tu essayes de marquer un but puis tu sors." Il a mis quatre minutes pour marquer… Le but tombe sur une phase de jeu évoquée pendant la préparation du match, avec une passe en retrait tranchante. On avait identifié que leur gardien était fort avancé sur son premier poteau, ce qui ouvrait la passe en retrait.
À la fin du match, il y a cette célébration qui donne cette photo avec Tobi heureux comme un enfant… Cela a d'autant plus de valeur vu son récent départ (NdlR : à Brighton). Après un match comme cela, j'aime prendre un petit moment où je me retire. Je suis donc allé me rasseoir dans le dug-out alors que des gens étaient en train de nettoyer le stade. J'aime me retirer du brouhaha général, profiter et appeler ma femme."
2) Anderlecht - Union SG (1-0), 16 journée de championnat, 30 novembre 2025

"La plus grande difficulté est de réitérer une prestation tous les trois-quatre jours malgré la fatigue physique. Même si je peux reprocher certains efforts non effectués aux joueurs, on n'était simplement pas assez en forme. Ce n'était pas forcément une défaite méritée vu nos nombreuses occasions. Personnellement, c'était évidemment un match que je voulais gagner, vu que c'était un retour à Anderlecht, même si je ne suis pas revanchard. Cela reste le match des joueurs et pas celui de l'entraîneur.
Les critiques ? Parler après est plus facile que prendre des décisions avant.
Les critiques sur le onze de base, qui était similaire à celui d'Istanbul ? Parler après est plus facile que prendre des décisions avant. En prenant cette décision, je sais que c'est la chose sur laquelle les gens vont tomber si on perd. Quelques jours avant, on mettait en avant l'exploit et le magnifique plan de jeu… Si on avait gagné avec le même onze, on aurait crié au génie ! Je ne prends pas ces critiques comme quelque chose de personnel, chacun son job."
3) Union SG - Club Bruges (1-0), 23 journée de Pro League, 1 février 2026

"C'était une victoire méritée, car Bruges n'avait quasiment rien créé ce jour-là. On insiste beaucoup sur les deuxièmes phases, défensivement ou offensivement, et le but est tombé sur une deuxième phase. Gagner le premier ballon est important, mais réagir le plus vite possible sur le deuxième est encore plus important. On avait un plan de jeu en tête et les joueurs l'ont parfaitement exécuté. Si j'ai gagné mon bras de fer face à Leko ce soir-là ? Peut-être, mais qui a gagné le bras de fer à la fin de la saison (sourire) ?
Face à Anderlecht, cela reste le match des joueurs et non pas de l'entraîneur.
Je dors souvent moins bien la nuit après un match à cause de l'adrénaline et parce que je regarde souvent le match en essayant de m'endormir. Je revois le match comme il est diffusé à la télévision, pour voir autre chose que juste l'aspect tactique en grand angle. De nos jours, les coachs sont parfois trop centrés sur la tactique et les détails. Regarder de cette façon m'aide à avoir une vision un peu plus humaine. Après Bruges, je me souviens avoir regardé et re-regardé le match ce soir-là."
4) Union SG - Antwerp (2-1), 26 journée de Pro League, 21 février 2026

"Ce fameux but à la 91e minute (sourire). À cette période de la saison, on gagnait souvent des matchs au mental. Cela démontrait le jusqu'au-boutisme et la culture de la gagne de cette équipe, qui a dû faire face à des blocs bas qui fermaient souvent la boutique. Les adversaires ont eu une approche différente par rapport aux années précédentes face à l'Union. Il fallait donc trouver des manières d'ouvrir le cadenas. Je me souviens avoir utilisé plus tard ces images de célébration de Ross Sykes dans un speech d'avant-match pour montrer l'état d'esprit qu'on devait avoir.
Je ne suis pas quelqu'un de très expressif dans mes émotions, mais je ressens beaucoup intérieurement.
Personnellement, je ne suis pas quelqu'un de très expressif dans mes émotions, mais je ressens beaucoup intérieurement. Quand tout le monde est en extase après un but comme celui-là à la 91e minute, je me dis : "Qu'est-ce qu'on va faire maintenant ?" Je me rappelle aussi qu'on avait perdu Promise David sur blessure quelques minutes plus tôt. Quand tu perds ton meilleur buteur, c'est sûr que cela a un impact dans la course au titre. Mais cela ne sert à rien de se retrancher derrière ce genre d'excuses."
5) Saint-Trond - Union SG (2-1), 6 journée des Champions Playoffs, 2 mai 2026

"On s'est laissé emporter par tout ce qui a été créé autour de la rencontre. Cela faisait quelques semaines que certaines choses ressortaient autour de l'Union, comme la phase litigieuse lors du match à domicile contre Saint-Trond, ou la carte rouge de Sardella et l'absence de carte pour Burgess face à Anderlecht. Beaucoup de personnes ont pointé du doigt certains de nos joueurs en disant qu'ils poussaient les autres à bout. Tout cela a été complètement amplifié et on s'est un peu laissé avoir.
Quand la carte rouge de Mac Allister tombe, on a le sentiment que l'arbitre se laisse influencer… Les joueurs se sont battus comme des chiens à dix contre onze pendant 75 minutes, jusqu'à l'ouverture du score trudonnaire à la 86e minute. Quand on égalise dans les arrêts de jeu, c'est l'explosion de joie : si tu prends un point avec cette mentalité, c'est un énorme boost pour la fin de saison. Mais il y a ce penalty malchanceux au bout des arrêts de jeu… Globalement, on n'a pas eu le comportement souhaité, on aurait dû se focaliser sur ce qu'on pouvait contrôler."
6) Union SG - Anderlecht (3-1), finale de la Coupe de Belgique, 14 mai 2026

"Avant le match, on avait collé sur chaque casier une photo de chaque joueur enfant, avec un ballon en main, en faisant référence à leur rêve de gamins de remporter un trophée. En dessous, il y avait un texte écrit par leurs proches qu'ils ont découvert en arrivant au stade. Sur le match, je retiens une victoire totalement méritée, malheureusement avec des prolongations qu'on aurait voulu éviter.
En finale de Coupe, j'avais l'impression que le puzzle se mettait un petit peu en place.
Personnellement, beaucoup de membres de ma famille étaient présents. C'était quelque chose d'important d'être récompensé par un trophée, vu les gros sacrifices réalisés au quotidien. Cela demande beaucoup de compréhension de ses proches. J'ai donc vu cette rencontre plus comme une satisfaction personnelle, pour moi et pour ma famille, que comme une revanche. Cela aurait pu être ma deuxième finale (NdlR : David Hubert a été licencié d'Anderlecht avant la finale des Mauves en 2025), ce côté-là a joué. Se retrouver au Heysel un an plus tard, contre cet adversaire-là, rendait la chose assez symbolique. Il y avait l'impression que le puzzle se mettait un petit peu en place."
7) Club Bruges - Union SG (5-0), 8 journée des Champions Playoffs, 17 mai 2026

"Je ne vois pas de quel match il s'agit (il grimace). On savait que le challenge allait être immense et cela a fait mal. Je pense que les chiffres étaient trop lourds par rapport à la physionomie du match. Ils méritaient de gagner et nous n'avons pas été assez tranchants. C'est quelque chose pour lequel tu travailles dur et cela fait mal de le voir s'éloigner comme cela.
On a alors le sentiment d'être démuni, d'autant que je suis quelqu'un qui déteste perdre. Je dois encore apprendre à perdre, même si je ne sais pas si j'y arriverai un jour. Ça ne veut pas dire que je ne pense pas qu'une défaite soit méritée, mais je la vis à chaque fois de manière assez difficile. Donc oui, ce n'est pas facile de m'endormir après ce match-là, c'est sûr."
8) Bodø/Glimt - Union SG (3-2), 3 tour préliminaire de LDC, 11 août 2026

"C'est assez récent, trop récent… Qu'est-ce que vous voulez que je dise sur cette photo ? L'arbitre fait partie de l'équation d'un match : il y a deux équipes et un arbitre qui doit essayer d'être le plus impartial possible. On revient deux fois au score, on prend un carton rouge logique. On fait le dos rond durant les prolongations, puis il y a cette dernière décision de ne pas siffler penalty en toute fin de match. J'ai revu les images et on peut siffler penalty à chaque fois. Certains oublient parfois les enjeux derrière ce genre de match. Ce sont des rêves qui sont en jeu. Jouer la Champions League est un objectif dans une carrière de joueur qui peut être parfois courte. On aurait mérité d'au moins aller aux tirs au but.
Ce qu'il s'est passé après n'est pas acceptable de notre part, même si on peut comprendre les émotions. J'ai eu le sentiment que, pour l'arbitre, c'était un match sans importance. C'est donc une nouvelle fois une question de regarder ce qu'on a sous contrôle. Lui, on ne l'a pas sous contrôle. Et ce qu'on a démontré après ne fait pas partie de l'image que nous voulons donner de l'Union. Ce tirage était un peu malchanceux, dans le sens où on n'était pas encore au niveau où nous serons peut-être après notre dixième journée de championnat."