Qui est Emmanouil Karalis, le perchiste qui menace l'hégémonie d'Armand Duplantis ?
À 26 ans, le Grec a dépassé Bubka et Lavillenie pour devenir le deuxième performeur de l'histoire avec 6,17 m.
- Publié le 12-03-2026 à 08h09

En réussissant, le 28 février dernier à Athènes, un bond historique à 6,17 m, faisant de lui le deuxième performeur de tous les temps (devant Renaud Lavillenie et Serguei Bubka), le perchiste grec Emmanouil Karalis a changé de dimension. Le voilà entré dans la galaxie Duplantis, atteignant les hautes sphères que seul le détenteur du record du monde (6,30 m) a déjà atteintes.
S'il a encore tenté 6,31 m ce jour-là, c'est surtout ses deux premières tentatives à 6,20 m, quelques jours plus tard à Rouen, qui laissent penser que "Manolo" (qui avait un record à 6,08 m) pourrait mener la vie dure au maître des gaules. Et qui sait, peut-être dès ce jeudi soir à Uppsala lors du Mondo Classic où Armand Duplantis reçoit le gratin mondial ?
"J'espère que tout le monde sera en mesure de battre son record personnel lors de cette compétition et l'on assistera peut-être à un nouveau record du monde… par moi", s'est esclaffé le très souriant vice-champion du monde de la discipline, mercredi, en conférence de presse. "Non, plus sérieusement, je suis avant tout fier de faire partie de cette génération et d'être ami avec tous ces gars."

Fait exceptionnel, qui témoigne de la densité actuelle de l'épreuve, six perchistes ont déjà franchi 6 mètres ou plus depuis le début de la saison. Et Karalis, 26 ans, a fait un bond de géant avec 6,17 m au terme d'un concours mené façon Duplantis avec des barres à 5,70 m, 5,90 m et 6,07 m effacées au premier essai. Utilisant des perches plus longues (5,25 m) et plus rigides, il semble avoir franchi un cap.
Le record du monde, j'y pense, mais je veux y aller étape par étape.
"J'ai surpassé toutes mes idoles de jeunesse. Mais peut-être qu'un jour, je ferai encore plus fort. Le record du monde, j'y pense, mais je veux y aller étape par étape", a expliqué le médaillé de bronze olympique dans les médias de son pays.

Où sa popularité, qui n'atteint certes pas encore celle des stars du football et du basket-ball, est grandissante. Emmanouil Karalis, né d'une mère ougandaise et d'un père grec (ancien décathlonien, il est devenu son coach), ne cache pas qu'il a fait face au racisme et qu'il a traversé des épisodes de dépression. Sa réussite a donc de quoi inspirer !