Armand Duplantis veut toujours tutoyer les étoiles : "Serguei Bubka sera là ? Super ! C'est une légende"
La 50e édition du Mémorial Ivo Van Damme sera, ce vendredi soir, le théâtre d'un nouveau duel entre le recordman du monde suédois et son nouveau dauphin, le Grec Emmanouil Karalis.

- Publié le 04-09-2026 à 06h37
- Mis à jour le 04-09-2026 à 09h57

Assis à la droite de la Néerlandaise Femke Broeders-Bol (800 m), l'épouse de Ben, "notre" perchiste qui s'est entraîné avec lui, mais aussi des jeunes Américains Masai Russell (100 m haies) et Ja'Kobe Tharp (110 m haies), nouveaux détenteurs des records du monde, Armand Duplantis a pris conscience qu'il ne serait pas seul à l'affiche de la 50e édition du Mémorial Ivo Van Damme.
Si on ajoute le Grec Emmanouil Karalis (perche), la Suissesse Audrey Werro (800 m), le Norvégien Jacob Ingebrigtsen (1 500 m), le Brésilien Alison dis Santos (400 m haies), le fantasque Italien Gianmarco Tamberi (hauteur), l'Ukrainienne Yaroslava Mahuchik (hauteur) et, bien sûr, "notre" Nafi Thiam à la hauteur aussi (samedi), la finale de la Diamond League s'annonce grandiose. Et, pour les 50 ans du meeting bruxellois, elle sera rehaussée en tribune par la présence de Carl Lewis, de Sebastian Coe et de Serguei Bubka, entre autres.
Lewis, Coe, Bubka en tribune
"Serguei Bubka sera là ? Super ! C'est une légende", sourit "Mondo". Celui qui a succédé au "Tsar" ukrainien, auteur de 35 records du monde au cours de sa longue carrière (1980-2000) a autant de respect pour les anciens que pour ses rivaux actuels. Parmi ceux-ci, figure "Manolo" Karalis, l'autre extraterrestre du saut à la perche qui a titillé le Suédois il y a huit jours, à Zurich, en effaçant 6,20 m avant de s'attaquer au record du monde, à 6,32 m.
"J'avoue que j'ai été envahi par un sentiment étrange en voyant "Manolo" tenter cette barre. C'était la première fois qu'un de mes adversaires s'attaquait à mon record. Mais je ne veux pas passer pour un "has been". Les records sont là pour être battus. Au contraire des médailles qu'on ne peut pas vous enlever. Je sais que c'est possible, maintenant ou quand j'aurai 50 ans, quand je serai en train de jouer au golf ou de siroter une Pina colada sur une plage."

Allusion à une question de Kim Gevaert, directrice du meeting et intervieweuse de luxe, qui demandait au quatuor comment il se voyait à cet âge-là. Et "Mondo" d'enchaîner : "Plus sérieusement, j'espère fonder une famille et continuer dans le sport parce que j'aime ça. On parle souvent de mon rôle d'ambassadeur de l'athlétisme, de successeur d'Usain Bolt dans le fait de le rendre populaire. Je réponds toujours que je pratique le saut à la perche depuis l'âge de trois ans, que c'est en moi. Mais chacun a son caractère. Et il faut le respecter. J'apprécie tous les aspects de ma vie actuelle, sportive et familiale. Le fait d'avoir mes parents et mon épouse auprès de moi est très important."
En attendant ses 50 ans, Armand Duplantis s'est donc découvert un nouveau (sérieux) rival, cette saison, en la personne d'Emmanouil Karalis, âgé de 26 ans comme lui, qu'il a toujours battu, sauf une fois. C'était en 2018, à Birmingham, théâtre du Mondial indoor.
"Ma rivalité avec "Manolo" rend chaque concours de plus en plus intense."
"Nous étions encore des kids", sourit le Grec quand il se remémore l'événement. Mais oui, il s'était classé cinquième avec un saut à 5,80 m, le Suédois septième avec 5,70 m, d'une finale remportée par le Français Renaud Lavillenie, à 5,90 m. Depuis lors, "Mondo" a tutoyé les étoiles à de nombreuses reprises, brisant la barre mythique des 6,00 m, puis 6,10 m, 6,20 m et encore 6,30 m, à tel point que certains se demandent où il s'arrêtera !
"Je donne toujours le meilleur de moi-même et, avec l'éclosion de "Manolo", c'est encore plus nécessaire. Je suis un compétiteur. Je veux gagner. Mais lui aussi. Notre rivalité rend chaque concours de plus en plus intense. C'est bien pour nous, mais aussi pour le public qui est, parfois, lassé de la domination d'un athlète, ce qui fut mon cas ces dernières années. Karalis me rend meilleur."
La folle course au diamant
De là à espérer assister à un record du monde ce vendredi soir, à Bruxelles, il y a un pas (ou un saut) que personne n'ose franchir. Si le record du stade est déjà la propriété de d'Armand Duplantis avec 6,11 m il y a deux ans, la réussite dans une discipline aussi technique et mentale que la perche dépend souvent de la météo.
Celle-ci se montrera-t-elle clémente pour le 50e anniversaire du Mémorial Ivo Van Damme ? On ne peut franchement que l'espérer. Surtout pour cette finale de la Diamond League où la victoire rapportera entre 60 000 et 100 000 dollars, selon les disciplines, plus le fameux diamant. Pour la perche masculine, ce sera 60 000 $ cette année. De quoi motiver encore plus Armand Duplantis et son nouveau dauphin, Emmanouil Karalis…