Nicolas Colsaerts dépeint par son premier coach Michel Vanmeerbeek avant le Soudal Open : "Les gens ont pensé à mille reprises qu'il était fini"
Michel Vanmeerbeek, premier coach de Nicolas Colsaerts, a dépeint l'artiste qui sommeille en lui en cinq touches impressionnistes.

- Publié le 20-05-2026 à 10h10

Mardi, le directeur du tournoi Michael Jones a lancé la cinquième édition du Soudal Open aux côtés de Nicolas Colsaerts. Depuis plus de 25 ans, le golf belge vibre au rythme des coups de génie de l'artiste bruxellois. The Belgian Bomber a choisi la semaine anversoise pour disputer sa dernière danse. De nombreuses surprises jalonneront son chemin jusqu'à dimanche. Le héros de la semaine mesurera sa cote de popularité et d'amour auprès de son public.
Parmi les observateurs avisés, Michel Vanmeerbeek se glissera dans la foule. Le premier entraîneur du pionnier du golf belge a dépeint en cinq touches le portrait sportif et humain de son éternel protégé. Il ne s'est pas contenté d'évoquer la puissance phénoménale de son swing (record de 408 mètres). Il s'est aventuré dans des recoins plus abstraits de la personnalité de Nicolas Colsaerts.
1 Il bouge naturellement et possède une oreille musicale
La première touche a trait à la génétique. Nicolas Colsaerts présente une capacité naturelle à bien bouger. Ses fibres musculaires sont dynamiques ; son système nerveux, performant. Il interprète le mouvement. Quand il voit un autre, il parvient à reproduire son mouvement. Se l'approprier. Bref, il est capable de bouger. En plus, il possède une oreille musicale. Il aurait aimé être DJ. Quand il bouge, il possède un rythme naturel aussi. La musique stimule le système nerveux. Il a les sons dans la tête. Tout est naturel et en harmonie. Son corps se fond dans l'environnement.
2 La sensation du juste coup
Il a développé une excellente sensation du juste coup. Nicolas a atteint un niveau où il est capable de faire les bons choix. Il voit le coup et s'adapte aux circonstances. Peu de joueurs atteignent ce niveau de lecture de la distance et de la trajectoire. Au fil des années, il a acquis une meilleure compréhension globale. Il sait de quelle manière il doit attaquer un parcours. Il n'a pas franchi le cap des 500 tournois sur le DP World Tour par hasard. Il a appris à lire.
3 Il ne fait qu'un avec son matériel
Troisièmement, il a un feeling unique avec son matériel. Il a des capacités sensorielles très développées. S'il manque une couche de son grip sur l'un de ses clubs, il le ressentira tout de suite. Il sent si son matériel a connu le plus infime changement. On parle de l'équilibre ou du poids du club par exemple. Il a souvent gardé ses clubs plus longtemps que ses adversaires. Quand il avait découvert un club qui lui convenait, il le gardait. Il n'avait pas besoin des dernières nouveautés. Il avance aux sensations. Sa relation avec son matériel est unique. Il a même testé des clubs pour des marques. Son avis a toujours été précis et apprécié. Sa sensibilité est chirurgicale. Il sent la vibration. Il ne faisait qu'un avec son matériel.
4 Toujours les bons choix
Un golfeur dépend en permanence de ses choix. Quand ? Avec qui ? Comment ? Quel calendrier ? Un nouveau chemin s'ouvre tout le temps. Les choix de Nicolas sont instinctifs. Il peut reconnaître une erreur et revenir en arrière pour mieux rebondir. Durant sa carrière, il a toujours été capable de se remettre en question. Chaque choix est personnel. Tu peux regarder ou t'inspirer d'un autre, mais la voie de vie est unique pour chacun. Nicolas avait une alarme interne qui l'alertait en cas de sortie de piste.
5 Une bonne étoile veille sur lui
Il reste ce que j'appelle sa bonne étoile. Nicolas Colsaerts possède un ange gardien. Je me souviens de nos débuts sur le circuit en 2000. Nous découvrions tout à deux. Nous avons commis des erreurs. Nous avons fait du surplace. Il a toujours eu un ange gardien qui lui a donné une nouvelle opportunité. Dans les années 2000, il a tout perdu à un moment. Il s'est refait en partant durant plus de trois mois en Australie afin de se retrouver. Il a aussi été victime d'une maladie auto-immune. Il a traversé des phases de doute. Derrière, il a toujours rebondi. Personne n'a oublié son succès à l'Open de France en 2019. Ce titre tombait de nulle part. Il sortait d'une mauvaise phase. Je le rejoins le mardi, ce qui n'était pas prévu. Le parcours est balayé par la pluie et le vent. Il faisait froid. Sur les 17e et 18e trous, il devait faire un par pour l'emporter. Il l'a fait. J'ai toujours su qu'il le remporterait. Son ange gardien était encore là. Les gens ont imaginé à mille reprises qu'il était fini, mais il est toujours revenu plus fort.