Dans l'est de la RDC, l’UE réclame un accès humanitaire
20 février 2026
La commissaire européenne à l’aide humanitaire et à la gestion des crises, Hadja Lahbib, est en visite à Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, où la situation humanitaire demeure alarmante.
Sur place, elle a rencontré plusieurs organisations non gouvernementales, dont Médecins Sans Frontières, ainsi que des ONG congolaises engagées auprès des populations affectées.
Dans cette région marquée par les affrontements armés, les blessés de guerre affluent dans les structures de santé, tandis que des milliers de civils ont été contraints de fuir leur domicile.
Les acteurs humanitaires décrivent un environnement de travail de plus en plus contraignant, avec un accès limité à certaines zones en raison de l’insécurité persistante. Depuis la recrudescence des violences, plusieurs localités restent difficilement accessibles, compliquant la distribution de l’aide.
À l’hôpital Ndosho, le constat d’une situation "catastrophique"
La commissaire européenne s’est rendue à l’hôpital CBCA Ndosho, soutenu par le Comité international de la Croix-Rouge. Dans cet établissement, les équipes médicales prennent en charge de nombreux blessés liés aux combats.
Pour Elisabeth Musafiri, défenseuse des droits des femmes à Goma, la situation est dramatique : "Pour les humanitaires, c’est devenu vraiment compliqué. La situation est catastrophique", affirme-t-elle, tout en exprimant l’espoir que cette visite débouche sur des plaidoyers concrets en faveur d’un meilleur accès humanitaire.
"Mais nous espérons quand même qu’elle va mener des plaidoyers et nous espérons la fin de cette crise, pour que les bénéficiaires, les gens qui profitent des aides humanitaires, retrouvent encore l’espoir."
Elle souligne également les restrictions imposées par les autorités de facto qui contrôlent actuellement la ville de Goma, freinant davantage le travail des ONG malgré la présence d’acteurs sécuritaires.
Des engagements obtenus auprès des différentes parties
Au cours de son déplacement, Hadja Lahbib a également rencontré les responsables de l’Alliance Fleuve Congo-M23, mouvement rebelle soutenu par le Rwanda. À l’issue de ces échanges, la commissaire a déclaré avoir obtenu "des engagements concrets" de la part des différentes parties rencontrées.
Elle a néanmoins insisté sur la multiplication des violations du droit international humanitaire et sur les risques encourus par les travailleurs humanitaires, qui "risquent leur vie en voulant sauver celles des autres".
"La situation est catastrophique. Nous sommes en train de devenir le premier acteur humanitaire mondial dans la région des Grands Lacs. Mais il faut nous aider à faire notre travail. Nous constatons de plus en plus de violations flagrantes du droit international humanitaire. Nos travailleurs risquent leur vie en voulant sauver celle des autres", a-t-elle déclaré.
L’Union européenne se présente aujourd’hui comme l’un des principaux acteurs humanitaires dans la région des Grands Lacs. Reste à savoir si les engagements annoncés se traduiront par des mesures effectives sur le terrain. Pour les populations de Goma et de l’est de la RDC, confrontées à l’urgence quotidienne, l’espoir d’une amélioration ne peut attendre.