Move en action : Notre engagement solidaire avec Move with Africa

Move with Africa
Move with Africa ©Move with Africa

Pour nous, jeunes de la Maison de Jeunes de Berchem-Sainte-Agathe (MJ BSA), le projet Move with Africa ne se limite pas à la préparation d'un voyage ou à la découverte d'autres cultures. Il s'agit avant tout d'un projet humain et solidaire. Notre objectif est de nous sensibiliser aux réalités sociales et aux difficultés rencontrées par de nombreuses personnes, tant en Belgique qu'à l'étranger. C'est dans cette optique que, durant le mois de janvier, nous avons organisé une action de solidarité. Durant ce mois, nous avons également fait des sensibilisations aux stéréotypes et aux préjugés et discuté de la thématique de la migration.

Thé, café et échanges humains à la Gare du Midi

Dans notre premier article, nous avions abordé l'importance de lutter contre les injustices sociales, notamment celles liées à la précarité des personnes sans-papiers. Notre prochain grand rendez-vous, en août, sera une rencontre citoyenne et interculturelle avec des MENA (mineur·e·s étranger·ère·s non accompagné·e·s) en Belgique.

La situation de ces jeunes est complexe et souvent méconnue.

Focus sur l'injustice des tests d'âge : une réalité qui nous a marqués

La situation de ces jeunes est complexe et souvent méconnue. Nous avons découvert via le témoignage de MENA, une réalité qui nous a profondément révoltés : la pratique des tests d'âge.

"J'ai été particulièrement choqué d'apprendre comment l'âge des jeunes est vérifié via des tests osseux, et que s'ils sont déclarés majeurs, alors même qu'ils ont des preuves de leur minorité (passeport de leur pays d'origine périmé, actes de naissance…) on ne prend en compte que le résultat arbitraire des tests et ils doivent quitter le territoire immédiatement", Ryan, 15 ans.

Ce qui nous choque d'autant plus, c'est que ces tests (qui examinent les clavicules ou les dents) se basent sur des "prototypes" de corps qui ne correspondent absolument pas au profil des personnes migrantes. Nous avons appris grâce à la compagnie des Oiseaux Rares, lors de notre participation au clip vidéo qui sortira en février 2026, que les tests osseux se basent souvent sur l'atlas de Greulich et Pyle, un outil élaboré à partir de données de nord-américains des années 1930, ce qui le rend non pertinent pour les populations migrantes d'origines diverses.

Via les juristes présentes, nous avons également appris que ces méthodes sont vivement critiquées par la science et les organisations de défense des droits humains. Comme l'explique la plateforme Mineurs en Exil, ces tests reposent sur des données statistiques datant du siècle dernier et ne tiennent pas compte de la diversité biologique. En plus : des études montrent que les conditions de vie extrêmes, le stress du parcours migratoire et les épreuves subies marquent les corps. Le développement biologique peut être altéré par ces traumatismes, faisant paraître les jeunes plus âgés qu'ils ne le sont réellement. En Belgique, le Conseil National de l'Ordre des Médecins a d'ailleurs émis des réserves sur la fiabilité de ces examens, rappelant qu'ils comportent une marge d'erreur importante qui peut briser l'avenir d'un mineur en un seul verdict. La Belgique a d'ailleurs déjà été condamnée par la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) pour sa procédure d'évaluation de l'âge dans l'affaire F.B. c. Belgique.

"Ça veut dire que si la personne qui reçoit le mineur dit qu'elle doute de son âge, même s'il a des documents officiels de chez lui qui prouve qu'il est mineur, on préfère ordonner un test invasif, peu fiable et sans le consentement du jeune ET le jeune risque d'être considéré comme majeur et expulsé sur base d'un poignet trop volumineux !"

"Moi je suis super petite, tout le monde pense que j'ai 12 ans, en fait j'en ai 16 ans", B. 16 ans.

"Quand mon cousin de 12 ans était venu à la MJ, il était tellement grand que des gens l'avait confondu avec un animateur !", Mattéo.

C'est cette insécurité juridique et humaine que les jeunes que nous allons rencontrer en août vivent au quotidien. Savoir que leur protection dépend d'un test aussi imprécis nous donne encore plus envie de nous mobiliser.

Bien qu'il n'y ait pas de MENA inscrits au projet "Autour du Monde", plusieurs jeunes de notre groupe ne sont pas en ordre de papiers. C'est d'ailleurs pour cette raison que certains d'entre nous n'ont pas pu partir au Bénin avec l'autre groupe. Cette situation crée de l'insécurité pour les uns, de la tristesse et de l'incompréhension pour les autres.

Nous avions envie d'agir, mais nous nous sentions impuissants face à la complexité juridique de ces problèmes. Que faire face à ce qui semble insurmontable ?

Nous avons donc choisi d'apporter ce qui était en notre pouvoir : une boisson chaude, un sourire, une conversation et de l'humanité. Nous nous sommes donc rendus à la Gare du Midi pour une distribution de thé et de café. Ce moment nous a permis d'offrir un peu de réconfort et d'échanger quelques mots.

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Move with Africa ©Move with Africa
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Sensibilisation et déconstruction des stéréotypes

Durant le mois de janvier, à la MJ, nous avons participé aux réunions avec l'ONG Entraide et Fraternité pour nous sensibiliser aux clichés et aux préjugés. Nous avons notamment travaillé sur les chiffres de la migration.

Les statistiques nous ont surpris.

"On pensait qu'il y aurait plus de congolais et de marocains", Eden 11 ans.

On pense souvent que la migration est majoritairement le fait de personnes noires ou maghrébines, alors qu'en réalité, il s'agit surtout de ressortissants européens, comme les Français.

Même à Berchem, nous avions l'impression que la population était majoritairement noire ou arabe, sans doute parce que les médias saturent l'espace avec ces images, ou parce que c'est ce que nous voyons à l'école.

Ces moments nous ont permis de réfléchir ensemble aux racines de ces préjugés. Pourquoi existent-ils ? Ils sont souvent hérités, issus d'un système qui utilise des raccourcis pour mettre les gens dans des catégories.

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Le poids des mots et le faux-semblant de l'humour

Nous avons partagé nos propres vécus de discrimination. Quand on est victime de préjugés, ce qu'on ressent est réel : de la douleur, de la tristesse, de la frustration, et parfois même de la haine. Et quand on nous répond "c'est pas grave" ou "c'est juste pour rire", on doit dire stop. Ce n'est pas OK.

Une jeune du groupe racontait qu'on l'avait déjà traitée de "singe". Une fois affichée devant les autres, la personne a prétendu que c'était "pour rire". La jeune a dit, qu'à la fin, ce n'est plus drôle. Un autre a répondu qu'en fait, ce n'est jamais drôle, même pas la première fois.

Le danger du jugement au premier regard

Se baser uniquement sur le physique conduit inévitablement au racisme ordinaire. On l'a vécu concrètement en décembre dernier, lors de notre vente de crêpes et chocolat chaud pour financer le projet. Une dame, en écoutant nos explications sur le voyage, a regardé notre animatrice et a demandé : "C'est pour ça le Bénin ? Vous venez de là-bas ?". Notre animatrice est d'origine congolaise. Ce lien automatique entre la couleur de peau et une destination, c'est un cliché de plus, une manière de réduire l'autre à son apparence.

Que ce soit pour cette confusion d'origine ou pour le cas d'un jeune que l'on traite comme un adulte à cause de sa carrure (comme pour les tests osseux), juger sur le physique est dangereux. Cela mène à l'injustice, et parfois même à l'expulsion.

Choisir une autre voie : la rencontre

Pourtant, la migration apporte tellement quand on accepte d'ouvrir les yeux : une diversité culinaire et musicale, une véritable ouverture d'esprit, et la chance de vivre un "voyage à côté de chez soi" grâce à la multiplicité des rencontres.

Pour construire un monde plus juste, nous avons pris des résolutions :

  • Ne plus transmettre ces clichés.
  • Ne plus laisser passer les remarques racistes.
  • Se remettre en question et se renseigner.
  • Aller à la rencontre de l'autre au-delà des étiquettes.

Lutter contre les injustices sociales et contre les clichés, c'est ainsi que nous faisons vivre le projet Move.

On espère vous retrouver pour notre prochain article !

Les jeunes de la MJBSA

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