L'État paie plus vite mais encore trop tard
L'État tarde encore trop avant d'honorer ses factures. Une situation qui handicape les entreprises. Mais la situation s'améliore petit à petit.

- Publié le 11-05-2012 à 07h00

Une faillite sur quatre serait due à un retard de paiement, selon le bureau d'informations Graydon. Or, d'après Intrum Justitia, spécialiste des services de gestion du crédit, le nombre de factures impayées en Belgique ne cesserait de croître. L'État est en partie pointé du doigt.
1. 26 millions par jour En un an, le montant des factures impayées (2,7% du total) a augmenté, selon Intrum Justitia, de 450 millions d'euros en Belgique pour atteindre 9,6 milliards€. Soit 26,3 millions par jour ou 340 milliards par an à l'échelle européenne.
2. L'État, le plus lent Crise oblige, les entreprises rencontrent de gros problèmes de trésorerie. Or, 54% de ces sociétés disent faire face à ce type de difficulté en raison de retards de paiements.
L'État est le plus lent à honorer ses dettes. Il le fait en général, d'après Intrum Justitia, avec 28 jours de retard sur le délai imparti, contre 19 jours pour les entreprises et 16 jours pour le citoyen.
3. Un coût pour le contribuable Si ces retards entraînent des difficultés pour les entreprises, elles engendrent un coût supplémentaire pour l'État. Et donc, pour le contribuable.
Car, quand une administration a dépassé le délai de paiement, il paie un intérêt de 8%. Un juteux placement pour les entreprises qui peuvent attendre que les autorités règlent la note.
4. Fin des pénalités en 2012? L'État semble en tout cas avoir pris conscience que la situation n'était bonne pour personne. S'il a encore dû débourser 107,429 millions en intérêts de retard en 2010, selon Jean Hindriks, professeur d'économie à l'UCL et à Itinera, l'État devrait, si les prévisions indiquées dans l'ajustement budgétaire de février sont exactes, toucher quelque 6 millions cette année. L'an dernier, l'État n'a plus déboursé "que" 14,8 millions€.
5. Délai toujours long L'arbre ne doit pas cacher la forêt. "La tendance est positive, reconnaît Guy Colpaert, d'Intrum Justitia Belgique. Il y a eu des initiatives de la part de l'État pour améliorer son comportement." Le "principe de l'encre", à savoir le report des dépenses publiques de décembre à janvier pour "embellir" le budget, n'est plus d'actualité. Mais "l'État reste le payeur le plus tardif", regrette M. Colpaert. Qui invite le gouvernement à s'inspirer sur ce qui se fait, entre autres, dans les pays scandinaves pour encore améliorer la situation.¦
