Berlusconi tente d'acheter des députés
Menacé par un vote de censure à la Chambre des députés, Silvio Berlusconi est accusé de vouloir débaucher des députés de l'opposition pour sauver sa tête. Il aurait offert 500.000 euros aux dissidents opportunistes.

- Publié le 18-11-2010 à 14h25

Les jours de Silvio Berlusconi à la tête de l'Italie semblent comptés. Dans quelques jours, il devra faire face à un vote de censure à la Chambre des députés. Un test qu'il risque bien de perdre depuis que son ancien allié Gianfranco Fini a lâché le gouvernement. En emportant avec lui une petite quarantaine de députés.
Mais le Cavaliere n'a pas déposé les armes. Alors que les derniers sondages indiquent une perte de vitesse importante, il est accusé de monnayer le transfuge de quelques députés pour s'assurer de la majorité à la Chambre.
C'est un partisan de Gianfranco Fini qui a anonymement dénoncé les manoeuvres de Berlusconi au journal La Stampa. "Je ne suis pas à vendre, mais ils m'ont offert 500.000 euros pour trahir Fini" a rapporté l'intéressé. Aldo Di Baggio, un autre membre du nouveau parti de Fini, Futuro è Libertà per l'Italià (FLI), a ironisé à propos de ce marchandage: "Offres, hausse, baisse, on a l'impression d'être à Wall Street".
Pour l'heure, 305 députés seraient derrière le tout puissant chef du gouvernement. Un chiffre insuffisant puisqu'il en faut au moins 316 pour que l'exécutif sauve sa tête. Un chiffre qui pourrait diminuer si le 14 décembre prochain, jour du vote, quelques députés finiens opposés à la chute du gouvernement restaient à la maison, faisant du même coup baisser le quorum nécessaire.
Mais les transfuges ne se font pas que dans un sens. Si certains, entre autres dans les rangs démocrates chrétiens (UDC), pourraient être tentés par une offre de poste ministériel ou de secrétaire d'Etat au sein de la coalition de Berlusconi, d'autres, sentant peut-être le vent tourner, profiteraient de cette occasion pour faire le chemin inverse. Ainsi, selon la Repubblica, Dore Misuraca (Sicile) se'rait sur le point d'annoncer son passage du Partito della Libertà (PdL de Berlusconi) à l'UDC. D'autres pourraient suivre.
Reste à voir si Silvio Berlusconi aura le bras suffisamment long que pour sauver sa tête. Réponse le 14 décembre prochain.
