La dette coûte moins que prévu
L'Agence de la dette a émis de nouvelles obligations hier. Les taux étaient en recul. Tout profit pour les finances publiques. Et donc pour le contribuable.

- Publié le 22-05-2012 à 07h00

Bonne nouvelle pour les finances belges. Le montant déboursé par la Belgique pour refinancer sa dette est moins élevé que ce qui avait été retenu dans les prévisions du gouvernement. L'Agence de la dette en profite donc pour prendre un peu d'avance et, du même coup, réaliser quelques économies.
En 2012, notre pays a prévu d'emprunter 34,030 milliards d'euros pour financer sa dette (367 milliards en avril). Une opération qui, au vu des difficultés rencontrées par plusieurs pays de la zone euro, pourrait causer quelques nuits blanches aux responsables de l'Agence de la dette. Pourtant, il n'en est rien. Les papiers belges ont la cote.
En témoigne la dernière émission opérée lundi par l'organisme en charge de gérer au mieux la dette. L'Agence a réussi à lever 2,55 milliards d'euros par le biais de bons d'État à 5, 10 et 14 ans. Bonne nouvelle, les taux étaient en baisse.
Les obligations à dix ans ont été levées à un taux de 3,453% contre 3,737% lors de l'émission de février. Même tendance pour les bons d'État à 14 ans qui reculaient de 4,037% en septembre dernier à 3,641% hier. À plus courte échéance (5 ans), le gain se chiffrait à près de 0,3% pour atteindre 2,379%.
Pour rappel, lors de l'émission du 23novembre dernier, la Belgique a dû payer 5,5% pour des obligations à 10 ans. Soit plus de 2% en plus ! Une différence considérable quand on sait que 1% de variation sur une année équivaut à 600 millions.
Pour Jean Deboute, directeur de l'Agence de la dette, la Belgique "peut être contente". Le taux payé par notre pays est l'un des meilleurs de la zone euro. Et l'Agence en profite d'ailleurs pour prendre un peu d'avance sur son programme.
Hier, le plan de financement pour 2012 était bouclé à 61% alors que nous ne sommes encore qu'en mai. En juin, explique M.Deboute, ce chiffre devrait grimper à 65%, voire 68%.
Mais surtout, ces taux attractifs permettent à la Belgique de réaliser de substantielles économies. Lors de l'ajustement budgétaire de février, le bonus a été fixé à 71 millions d'euros. De l'argent donc que l'État ne devra pas débourser. Et il se pourrait que l'économie soit, au final, encore plus importante.
Mais rien ne dit que la situation actuelle perdurera. Raison pour laquelle l'agence a pris un peu d'avanceet constitué "une petite réserve, si les taux devaient remonter".¦
