Oser une politique volontariste?
Économiste chez ING, Philippe Ledent ne se montre guère surpris par l'opération décidée par le gouvernement belge. "Cela fait partie de la gestion de la dette publique.
- Publié le 04-05-2017 à 06h00

Il peut être logique de la part de l'État de se séparer d'une partie de ses actifs pour lesquels on peut obtenir un bon prix", analyse le spécialiste.
D'autant, ajoute l'intéressé, que le moment s'y prête: "À part Deutsche Bank, la plupart des institutions financières ont repris du poil de la bête depuis la crise. BNP n'est plus très loin de sa valeur comptable." Et en ne revendant qu'une partie des 10,3% de la banque française, le gouvernement conserve une participation non négligeable qu'il pourra toujours valoriser à meilleur prix si le cours de l'action devait continuer à croître.
Reste une question: où affecter les moyens récupérés? Deux points de vue s'affrontent.
"La rationalité économique voudrait que l'argent aille exclusivement à la réduction de la dette. Il s'agit d'une saine gestion de l'assainissement des finances publiques pour répondre aux exigences européennes."
Mais, tempère Philippe Ledent, "on est dans une période où l'Agence de la dette a déjà pas mal travaillé à rallonger l'échéance de la dette. Elle a stabilisé pour longtemps le taux d'intérêt. Et rien n'indique que ceux-ci vont brusquement remonter."
D'où cette proposition: "Pourquoi ne pas affecter ce montant à une politique volontariste d'investissement, dans la mobilité, l'énergie, les communications. Il ne s'agit plus de rationalité économique mais cela pourrait générer un effet psychologique, assurer la croissance future."
En procédant de la sorte, le gouvernement répondrait "à toutes les institutions qui disent qu'il faut investir sans augmenter la dette. À une autre période, j'aurais dit qu'il fallait diminuer l'endettement mais, à ce stade-ci, cette option ne me semble pas illogique", conclut l'économiste.
