KBC va se séparer de 1 400 salariés
Le bancassureur flamand KBC revoit son organisation. Ces trois prochaines années, 1 400 salariés vont devoir quitter l'entreprise.

- Publié le 05-09-2019 à 06h00

Agilité, dynamisme et concurrence: tels sont les arguments avancés hier matin par le patron du bancassureur flamand KBC, Johan Thijs, pour justifier le vaste "exercice d'optimisation de la gouvernance" du groupe. Autrement dit, une restructuration qui mènera en 2022 à la suppression de 1400 postes de travail, 1 800 si on tient compte des sous-traitants (lire par ailleurs).
L'annonce était attendue par les syndicats (cf. nos éditions d'hier), mais l'ampleur devait encore être précisée. Le couperet est tombé avant l'ouverture des marchés. Mais contrairement à ce qu'ont pu vivre les employés d'ING il y a trois ans, la méthode utilisée est ici plus "douce".
Un secteur sous pression
Chez KBC, la réorganisation n'est pas, assure le patron, (uniquement) dictée par des soucis d'économie. "Vous pouvez réduire les coûts mais si vous n'améliorez pas votre organisation, ça n'apporte rien", a expliqué Johan Thijs au cours d'un échange téléphonique avec la presse. C'est le contexte qui oblige l'entreprise à s'adapter.
Revenus sous pression à cause des taux d'intérêt plancher; volatilité des marchés; investissements coûteux dans la digitalisation; croissance économique atone et incertitudes politiques plombent le quotidien du groupe flamand, qui se doit de réagir.
"On ne peut pas se reposer sur nos lauriers", a ensuite répété Johan Thijs. KBC a beau être un des meilleurs élèves en Europe en termes de capitalisation et de profitabilité (745 millions d'euros rien qu'au deuxième trimestre), il n'en demeure pas moins sous la menace de "nouveaux entrants dans le secteur".
"Le challenge, c'est de changer notre manière de travailler aujourd'hui et demain ", a insisté le CEO, car le client a modifié ses comportements de consommation. Il va falloir s'adapter. Sans surprise, les GAFA (Google, Amazon, Appel et Facebook) sont évoqués. "On doit s'inspirer de la manière dont ils travaillent."
L'"exercice" des managers
La direction du groupe a donc donné un "exercice" à l'ensemble des 300 managers du groupe en mai dernier: "Optimiser et simplifier davantage le modèle de gouvernance."
Les copies ont entre-temps été ramassées par le Comité de direction qui vient d'en présenter la synthèse. Une note sévère sur le plan social, atténuée par l'étalement du plan de départs, mais qui ne rassure pas entièrement les travailleurs.
