De Wever, le recul calculé
Bart De Wever a donc cédé au veto catégorique de Georges-Louis Bouchez, en retirant, du moins provisoirement, une augmentation de la TVA de la table des négociations. À la place, il propose un "effort d'urgence" de quelque 4 milliards pour le seul budget 2027.
- Publié le 16-10-2026 à 06h00
- Mis à jour le 16-10-2026 à 07h22

Une nouvelle stratégie budgétaire qui, certes, offre une victoire politique incontestable au président du MR, mais constitue surtout un recul tactique pour préserver l'Arizona. Ce qui devrait donc lui éviter, du moins à court terme, une crise gouvernementale et le recours aux douzièmes provisoires. Soit un scénario qui coûterait cher en matière de taux d'emprunt sur les marchés financiers, alors que la Belgique est sous étroite surveillance de la Commission européenne et du FMI au niveau notamment du coût de sa dette.
En découpant son budget triennal et les 10 milliards à trouver d'ici 2029, De Wever semble donc reculer, en ne parvenant pas à réaliser les réformes structurelles réclamées que ce soit par l'Europe ou les institutions financières. Et ce, que ce soit en matière de pensions, d'emploi ou de fiscalité.
Avec un Premier ministre nationaliste rusé comme De Wever, ce recul est cependant bien calculé. En renonçant à sa grande réforme, l'Anversois refuse en effet de retirer la prise de l'Arizona. Mais il démontre aussi par l'absurde que la Belgique ne peut sortir de sa paralysie actuelle, la plongeant de plus en plus dans le gouffre. Qu'il soit de bonne ou de mauvaise foi, personne ne pourra lui reprocher d'avoir essayé de trouver une solution, puisque tel est bien le cas. Mais s'il n'en trouve pas, et c'est un réel risque d'ici 2029, cela rapproche un peu plus notre pays de sa fin programmée par la N-VA. Et, à ce niveau, pour l'ex-président d'un parti qui n'a pas changé d'un iota l'article 1 de ses statuts inscrits dans le marbre il y a exactement un quart de siècle, le calcul est vite fait.
