Province de Namur et AISBS : à quand le retour (et la vente) du Temps des cerises ? Des centaines de milliers d'euros sont en jeu
La Province a multiplié les avances de trésorerie et les garanties d'emprunts pour soutenir l'Association intercommunale de santé de la Basse-Sambre. Alors que le dossier continue à pourrir, le décompte inquiète.
- Publié le 05-09-2025 à 16h21

L'Association intercommunale de santé de la Basse-Sambre n'existe plus que pour gérer deux homes, jusqu'à la cession de ces derniers. Ils se situent à Fosses-la-Ville et à Mettet. Mais l'AISBS n'est pas capable de financer les frais courants de ces deux institutions pour personnes âgées. Et donc de faire appel au soutien de ses actionnaires, dont la Province de Namur.
Ce vendredi, la situation de l'AISBS a de nouveau été évoquée au conseil provincial, car le dossier continue à pourrir, avec le risque d'une facture finale salée pour l'institution provinciale. Il a bien fallu voter la prolongation d'une avance de trésorerie pour le Temps des cerises, maison de retraite située à Biesme (Mettet). On parle de 113 000 €, pour payer le personnel et les fournisseurs. Par convention, cette aide devait être remboursée au 30 juin dernier, soit dès la vente du home, pour lequel la Commune de Mettet a marqué son intérêt. Mais l'opération n'a pas encore été concrétisée. L'AISBS a demandé la prolongation du délai de remboursement jusqu'au 31 décembre. Elle a été accordée, non sans inquiétude.
Le patron du gouvernement provincial (coalition Engagés-MR), Étienne Bertrand (Les Engagés) n'est pas le moins inquiet de l'assemblée. Comme à la Province, on ne voyait rien venir dans le dossier de vente du Temps des cerises, le député président s'en est allé voir le bourgmestre de Mettet en juillet, où il a reçu les explications des tergiversations locales. En réunion du conseil provincial, ce vendredi, Étienne Bertrand a expliqué la position du candidat acquéreur. À Mettet, on a demandé un complément d'informations à l'AISBS, les réponses fournies par cette dernière font l'objet d'une étude complémentaire commanditée par Mettet, afin de certifier les données.
Conclusion du patron de l'exécutif provincial : "Ce qui est tracassant, c'est que ça n'avance pas assez vite à notre goût". D'où la volonté du collège, une fois que l'échéance du 30 juin a été dépassée, de réactiver le processus, en tentant de rassembler tous les interlocuteurs. À entendre M. Bertrand, ce n'est pas évident : une date a finalement été trouvée, ce sera le 16 septembre. Mais de préciser que la Commune de Mettet ne sera pas autour de cette table. Les associés, c'est mieux que rien. La volonté reste de mettre la pression, car, souligne Étienne Bertrand, "chaque mois qui passe, les associés perdent de l'argent".
Le risque de banquer
Le député président, en charge des finances, calcule que la Province a déjà fait des avances de trésorerie pour près d'un demi-millon d'euros à l'AISBS.
Il faut ajouter à cette somme rondelette plus de deux millions d'euros, sous forme de garanties d'emprunts contractés par l'intercommunale.
L'une de ces garanties porte sur la somme de 450 000 €. Elle aussi a été prolongée par un vote au conseil de ce vendredi. Alors que la banque créancière vient de "menacer" d'un couperet : si le "Temps des cerises" n'est pas vendu en date du 30 novembre, elle supprimera la ligne de crédit et demandera remboursement. L'AISBS étant financièrement exsangue, la banque fera appel à ceux qui ont garanti l'emprunt.
Quid si la vente n'est pas réalisée à cette date, ce qui est assez probable ? L'espoir, dixit le député président, c'est que la banque, "si nous montrons qu'il y a une volonté d'avancer, s'il y a une réponse de Mettet, prolonge encore". Et si ce n'est pas le cas ? "On en reparlera".
François Bellot, chef de groupe, estime au nom du MR, l'un des deux partis de la majorité provinciale, qu'il faut sortir une bonne fois pour toutes de ce bourbier, car "le temps n'arrange pas les choses". Le conseiller plaide pour une solution "satisfaisante et équilibrée". Surtout rapide. Car dit-il, on a mis tous les citoyens (contribuables) de la province de Namur au chevet de deux homes en difficulté, alors que d'autres, il y en a beaucoup, le sont également.
Pour les Engagés, Olivier Gravy ne dit rien d'autre : "On doit aboutir, on ne peut pas continuer comme ça".

