Une peine de 20 mois pour des coups donnés à l'issue d'un match de mini-foot à Céroux-Mousty
On n'est pas en Champion's League mais à un match de mini-foot de 5e division. Incapacité de plus de 4 mois. Vingt mois de prison avec sursis.
- Publié le 29-03-2025 à 07h50

Et voilà Jawad El F., 24 ans, de Céroux-Mousty, qui se retrouve le 28 février dernier sur les bancs de la correctionnelle nivelloise pour répondre de coups volontaires portés le 4 mars 2022 à Mathieu F., lequel aura la mâchoire fracturée, subira une opération longue de cinq heures, la reconstruction d'une dent avec des séquelles physiques et psychologiques qui, aujourd'hui encore, entraînent du stress.
"J'admets des torts. Je n'ai pas su garder mon sang-froid. Il m'avait insulté pendant la rencontre. Mais ce n'est pas moi qui ai porté le coup ayant entraîné cette blessure", déclara-t-il avant que le tribunal ne situe le contexte d'une bagarre qui ne concerna pas que les deux précités.
L'ambiance fut électrique dès le début du match précédé d'une minute de silence à la mémoire d'un coéquipier de Jawad El F., qui venait de décéder. Mathieu F. sera exclu à la 47e minute. Au lieu de regagner son vestiaire, il restera caché derrière une porte à moitié entrouverte pour regarder la suite du match. La rencontre terminée, joueurs et supporters gagnèrent la buvette en empruntant un couloir, en ce compris l'arbitre qui, dans son rapport, consigna le coup de boule donné par Jawad El F. à Mathieu F.
Les caméras installées dans la buvette montrent El F. s'avancer vers Mathieu F. pour en découdre avec lui. Fin de l'échauffourée et retour dans le prétoire.
Pour le parquet, il est possible que la victime ait déjà reçu des coups dans le vestiaire avant de se réfugier dans le bar, mais il est certain que le prévenu est un des coauteurs des coups.
Il requit une peine de deux ans de prison avec sursis probatoire basé sur une formation à la gestion de l'agressivité et sur l'interdiction d'avoir le moindre contact avec la victime.
L'avocat du prévenu considéra que le tribunal ne disposait pas d'éléments à charge suffisants pour le condamner comme auteur, coauteur ou complice. Dans le cas où le juge ne le suivrait pas, il plaida la suspension probatoire du prononcé de la condamnation.
Et le tribunal ne l'a pas suivi: 20 mois de prison avec sursis probatoire, suivre une formation à la gestion de la violence, amende de 800 euros et interdiction de contacts avec la victime.
Le jugement ne spécifie pas que les protagonistes ne pourront plus se rencontrer lors d'un match…
