L'ASBL Parrain-Ami fête ses 30 ans ce dimanche 13 septembre: "les besoins des jeunes sont de plus en plus grands"
L'association basée à Ottignies met en relation des jeunes qui souffrent "d'un manque de réseau fiable" et des familles de parrainage.
- Publié le 07-09-2026 à 06h05

Ce dimanche 13 septembre (13h-17h30), l'ASBL Parrain-Ami fêtera ses trente ans d'existence au Domaine des Possibles de Chastre. L'occasion pour les membres de l'association basée à Ottignies de réunir 250 jeunes parrainés et les familles de parrainage, leur offrir un moment de partage mais aussi sensibiliser la population sur l'action menée. "À la base, la psychologue Marina Blanchart avait remarqué que tous les jeunes et parents rencontrés dans les maisons maternelles et services d'accueil d'urgence avaient un point en commun: un manque de réseau fiable. Pour bien grandir, il faut pouvoir compter sur ce réseau, s'appuyer sur un lien qui dure dans le temps, afin de se développer avec une sécurité affective", explique Corine Pirnay du service d'accompagnement au parrainage (Sapa).
De plus en plus de sens "parce que les jeunes vont mal"
Le service a vu le jour en 1996 grâce à la bonne volonté de bénévoles, avant de rentrer chaque année des projets expérimentaux au sein de la Fédération Wallonie-Bruxelles, pour bénéficier de l'aide de deux personnes à mi-temps. En 2020, l'ASBL a obtenu l'agrément de cette même FWB, ce qui assure sa pérennité. "Aujourd'hui, nous avons environ 120 parrainages en cours, sans compter les jeunes qui ont gardé leur relation mais qui ont atteint la majorité et ne sont donc plus inscrits chez nous."
Si l'initiative avait déjà beaucoup de sens à la fin du siècle passé, elle en a encore beaucoup plus maintenant. "Parce que les jeunes vont mal. Les situations sont de plus en plus compliquées et les besoins de plus en plus grands. Les enfants sont plus abîmés par la rupture de lien, on voit une nette différence par rapport au début. Et cela empire. Il y a un manque de réseau, une insécurité affective."
La première étape visait à tisser cette relation entre le jeune et l'adulte et d'analyser s'il est en capacité de créer des liens."Les jeunes ont parfois des troubles de l'attachement, on ne veut pas les mettre en difficulté en leur demandant de faire quelque chose qui n'est pas dans leurs possibilités." Des personnes extérieures à l'association ottintoise vont travailler cet aspect, avec un suivi intensif.
Quand toutes les conditions sont réunies, l'ASBL Parrain-Ami propose deux formules. "Pour les enfants de 0 à 12 ans au moment où le parrainage commence, il s'agit de passer un week-end par mois dans la famille qui parraine. L'idée n'est pas d'organiser des activités extraordinaires, mais de justement participer à la vie "normale", de découvrir un autre mode de vie en famille. Avec le temps, on a ajouté une autre formule, plutôt pour les jeunes de 12 ans et plus. Ils ont déjà leurs occupations le week-end et sont moins intéressés par l'hébergement. Il y a donc cette possibilité de créer du lien affectif avec un adulte à travers une activité, toutes les trois ou quatre semaines."
Ces moments se déroulent dans la très grande majorité du temps avec le consentement des parents de l'enfant ou de l'adolescent. "Si le jeune vit chez ses parents, les parents et la famille de parrainage se rencontrent régulièrement, précise Corine Pirnay. Ne fût-ce que pour les trajets. Il y a un contact. Si l'enfant est en service d'hébergement, il peut y avoir des contacts lors de tables rondes, dans nos locaux, pour faire le point. Nous, on cherche toujours à obtenir l'accord des parents, pour ne pas mettre le jeune en conflit de loyauté."
L'association veille à ce que les parents soient en adéquation et encouragent ce projet, pour ne pas tomber dans une rivalité entre les adultes. Finalement, il n'y a que lorsque le lien parental est totalement rompu que ce consentement n'est pas possible.
Un processus réfléchi en amont
Ces moments partagés entre le jeune et la famille de parrainage sont suivis par les membres de l'association. "Il faut savoir que nous avons toujours des jeunes en attente d'un parrainage… mais aussi des familles en attente. Parce que cette mise en relation ne se fait pas n'importe comment. Ce n'est pas qu'une question de disponibilité entre un jeune et un adulte. Cela dépend de la dynamique familiale, des capacités de chacun, de ce qui est mieux pour tout le monde. On essaie de ne pas mettre à mal les familles. Tout ce processus est bien réfléchi en amont."
Ce qui fait qu'il y a aujourd'hui une "liste d'attente" d'environ une dizaine familles et une dizaine d'enfants. "L'objectif de notre fête est donc de rassembler ces jeunes, de remercier les familles et de sensibiliser les gens sur ce service que nous proposons."
