Beauvechain : "Les vies d'Aloïse Corbaz", un hommage à la création hors normes aux Fêtes de la Saint-Martin
Le spectacle 2025 des Fêtes de la Saint-Martin, "Les vies d'Aloïse Corbaz", ne devrait laisser personne indifférent. Il s'attaque à des sujets tabous, l'internement et l'asile psychiatrique, avec tact et finesse.
- Publié le 13-11-2025 à 22h25
- Mis à jour le 13-11-2025 à 22h29

Après un week-end d'ouverture exceptionnel, le programme des 59es Fêtes de la Saint-Martin s'élargira dès ce samedi avec le spectacle. "Il y a eu beaucoup de monde pour le vernissage samedi, voici longtemps que nous n'avions plus vu autant de personnes. Des gens de Tourinnes, bien sûr, des artistes du parcours qui ont profité de l'occasion pour venir voir de l'art contemporain, mais aussi pas mal de gens extérieurs, la presse, des galeristes… Et dimanche, je pense que l'on a crevé les plafonds ! On a augmenté de 50 % le nombre de badges et catalogues vendus par rapport aux années antérieures." Bref, Didier Cloos est un président des Amis de Tourinnes heureux !

Dimanche dernier, la première répétition générale du spectacle 2025 des Fêtes, Les vies d'Aloïse Corbaz, a eu lieu, en présence des musiciens, et cela donnait déjà pas mal. Mardi s'est tenue une seconde générale plus technique. "J'ai été particulièrement touché par la fin que je n'avais jusqu'ici jamais vue aux répétitions, poursuit Didier Cloos. J'avais les larmes aux yeux tellement c'est prenant. Le spectacle n'est pas neutre, on touche un domaine dont on parle finalement peu, la vie en asile psychiatrique, avec ceux qui y sont et ceux qui y travaillent. Un sujet tabou… Muriel Clairembourg (NDRL : qui a écrit et met en scène la pièce) a cette capacité de toucher ces choses délicates avec tellement de poésie, de finesse, de sensibilité. La mise en scène est fabuleuse."
Les vies d'Aloïse Corbaz, ce sont les multiples facettes de cette figure de l'art brut (1886-1964, lire ci-dessous). "Des interprétations au départ de ses œuvres, attitudes, chansons… Muriel Clairembourg s'est beaucoup documentée sur le sujet. Ce n'est pas un spectacle triste, qui dénonce ceci ou cela, c'est un spectacle qui fait partager aux spectateurs le type de vie de quelqu'un qui a énormément créé et que l'on peut interpréter sur scène, même si Aloïse Corbaz ne s'exprimait pas oralement."
"L'émotion passe par les yeux et les oreilles"
Et pour accompagner cela, il y a l'orchestre et le chant : "Une musique qui prend aux tripes. Dans ce spectacle, trois Aloïse différentes sont interprétées par trois comédiennes. Comme le chant et la musique occupaient énormément de place dans la vie d'Aloïse Corbaz, à certains moments, elle chante sur scène, en particulier la personne qui joue son début de vie et qui a une merveilleuse voix. Musiques et chants font partie du spectacle et, là aussi, c'est hyper prenant, de l'émotion qui passe à travers les yeux et les oreilles. Dans l'orchestre, on retrouve les frères Meulemans, les deux directeurs de l'Orchestre de chambre de la Néthen, Sébastien Willemyns, au clavier, Isabelle Jacobs à la flûte, François Meulemans à la contrebasse. Ce sont des professionnels, accompagnés d'une quinzaine de musiciens amateurs… de très bons amateurs ! Il y a également des choristes qui faisaient partie du concert d'ouverture, mais ils ont aussi parfois un rôle, comme ceux d'infirmières. On a un dialogue permanent entre le jeu des acteurs et la musique."
Avis aux intéressés, il reste encore des disponibilités au niveau des places pour le spectacle. "Parfois une petite dizaine, parfois une vingtaine, mais on risque d'être complet très prochainement !"
À noter également que les Fêtes de la Saint-Martin organisent une exposition en lien avec ce spectacle. "Cela rend hommage aux artistes de l'art brut. On a eu, en prêt, un original d'Aloïse Corbaz. On expose aussi le travail de personnes internées, d'artistes qui œuvrent dans des ateliers. Samedi dernier, on a organisé une petite inauguration de cette exposition. Certains artistes ont présenté leur travail, leurs œuvres d'art, et on comprend, bien sûr, que ces personnes ne parlent pas et ne s'expriment pas comme nous, et que leur travail est propre à ce qu'ils ont dans la tête. C'est émouvant, et c'est vraiment beau." Cette exposition autour de l'art brut est visible à Chantourinnes.
"Les vies d'Aloïse Corbaz", tous les week-ends de novembre, église Saint-Martin, Tourinnes-la-Grosse.