À Hélécine, où la taxe est maximale, "le citron a été pressé jusqu'à la dernière goutte"
"L'élaboration des exercices budgétaires devient un véritable casse-tête", constate le bourgmestre d'Hélécine, Pascal Collin.
- Publié le 16-05-2025 à 17h42
- Mis à jour le 16-05-2025 à 17h43

Dans la plus petite commune du Brabant wallon, Hélécine, le maintien de services publics de qualité passe par des choix budgétaires douloureux, concède le bourgmestre de la localité, Pascal Collin (MR).
"Aucun élu ne prend plaisir à augmenter les taxes", affirme-t-il d'emblée. Et pourtant, c'est bien ce que le conseil communal a dû faire en 2019, en portant les additionnels à l'impôt des personnes physiques (IPP) de 8% à 8,8%. C'est le taux le plus élevé en Région wallonne. Une décision prise "après une analyse approfondie", dit-il, et dictée par la nécessité: "Cette augmentation était inéluctable. Elle s'imposait, peu importe l'équipe au pouvoir."
Car comme ailleurs, les finances communales sont sous tension. "Quel que soit le niveau de pouvoir, l'élaboration des exercices budgétaires devient un véritable casse-tête. Hélécine n'échappe pas à cette réalité, d'autant que plusieurs décisions prises récemment par la Région wallonne viennent alourdir nos charges."
Le gel de l'indexation des subventions APE, par exemple, affecte directement les Communes, les CPAS et les zones de secours. "Cela signifie que nous devons compenser seuls la hausse des salaires de ces emplois." À cela s'ajoute la suppression du bonus de 1% au Fonds des Communes, ce qui revient, selon lui, à "reporter une part de la dette régionale sur les entités locales".
Des dépenses en forte hausse
Les chiffres sont sans appel: les dépenses sont en forte hausse à Hélécine, qui est loin d'être un cas isolé. La zone de secours coûte 119 000 € en 2025, contre 73 000 € en 2014. La participation communale à la zone de police est passée de 300 000 € à plus de 414 000 € entre 2018 et 2025. Et la dotation au CPAS bondit de 313 000 € à 510 000 € en six ans. En cause: l'augmentation du nombre de bénéficiaires du revenu d'intégration, mais aussi des aides ponctuelles.
"Une nouvelle menace plane avec la réforme fédérale des allocations de chômage: si les personnes sans emploi depuis plus de deux ans perdent leurs droits, beaucoup frapperont à la porte du CPAS. Et les Communes devront suivre."
Dans ce contexte, les marges sont inexistantes. "Licencier du personnel ? Impensable. Même les départs à la retraite ne sont plus remplacés. Réduire davantage les dépenses de fonctionnement ? Le citron est pressé jusqu'à la dernière goutte."
Des recettes qui plafonnent
Si les taux des taxes communales additionnelles sont élevés à Hélécine, les recettes, elles, restent modestes. Hélécine, commune rurale, ne peut compter ni sur les revenus d'éoliennes, ni sur la présence de grandes entreprises ou de grandes forêts communales génératrices de recettes grâce à la vente de bois, par exemple.
Et la fiscalité locale dépend aussi de la richesse des habitants. À taux égal, une commune plus aisée encaissera davantage. "À Hélécine, le revenu moyen net par habitant est plus ou moins de 20 000 €/an, contre environ 29 000 € à Lasne. Résultat: même avec un IPP à 8,8%, nous récoltons 361 €/habitant, là où Lasne perçoit 450 €/habitant avec un taux de 5,8%."
Du coup, Pascal Collin ne veut pas entendre dire qu'une commune à fiscalité élevée est forcément mal gérée. "Nous faisons le maximum avec des moyens structurellement limités. Ce n'est pas une question de mauvaise volonté. C'est un équilibre précaire."
Et de conclure, non sans une pointe d'ironie: "Finalement, le meilleur filon, c'est encore d'aller s'installer à Knokke, où la taxe communale est à 0%."
