L'audition des derniers témoins de moralité effectuée: Nicolas Ullens en route vers les assises
Le dossier d'instruction est clos. La chambre du conseil a rendu une ordonnance qui renvoie Nicolas Ullens en cour d'assises sous bracelet.
- Publié le 26-04-2025 à 05h55

Ce fut, ainsi que le code judiciaire le détermine, une audience de règlement de procédure qui met le point final à une instruction longue de plus de deux ans. Cela signifie que l'audition des deux derniers témoins de moralité réclamée par l'avocat carolorégien Jean-Philippe Mayence, initialement refusée par la juge d'instruction nivelloise Stéphanie Calautti mais ordonnée en appel par la chambre des mises en accusation, a été effectuée.
Cette instruction s'était ouverte sur l'assassinat de Myriam Lechien, le 29 mars 2023, par son beau-fils Nicolas Ullens à la sortie de sa propriété d'Ohain. Il fut placé en détention préventive du chef d'assassinat (meurtre avec la circonstance aggravante de préméditation) et détention d'arme illégale, le Glock 26 qu'il utilisa.
Le 17 octobre 2023, la chambre des mises en accusation rendit un arrêt qui accordait à Nicolas Ullens un bracelet électronique, l'alternative à la détention en prison.
Il rentrera chez lui le 20 octobre. Il quittera rarement son domicile et il ne le fera qu'avec l'autorisation de la juge d'instruction. Il était libre de recevoir chez lui sa famille et ses amis proches. Son père Guy lui rendra d'ailleurs rendu visite à quelques reprises. Il tentera de comprendre les raisons profondes qui ont amené son fils à faire tout basculer, le 29 mars 2023.
Des dialogues où deux thèses s'affrontaient: celle du fils qui, ainsi que ses frères et sœur, était persuadé que leur belle-mère avait manigancé pour que ses enfants reçoivent anticipativement une belle part (évaluée par eux à 300 millions d'euros) du gâteau successoral, et celle du père qui soutenait que Myriam Lechien n'était pas la belle-mère méchante et intéressée comme le croyaient ses enfants à lui.
Guy Ullens est décédé la veille de Pâques. La messe d'enterrement a été célébrée cette semaine dans la propriété d'Ohain où il était resté après sa vente et après avoir racheté sa part. Il était entouré de ses enfants (dont Nicolas) et petits-enfants, à l'exclusion de ceux de Myriam Lechien. La messe prévue à l'église du Sablon à Bruxelles, à laquelle auraient été conviés ses nombreux amis, a été décommandée.
Quand le procès en assises aura-t-il lieu ?
Deux questions se posent aujourd'hui. La première est la date du procès, qui devrait normalement se tenir à Nivelles, dans la salle de la cour d'assises du palais de justice de la rue Clarisse. Les difficultés inhérentes à l'insuffisance de l'effectif judiciaire constituent une pierre d'achoppement aussi importante que ne l'est l'imminence des travaux de transformation de ce palais de justice qui va bouleverser pour au moins deux ans le quotidien d'occupation des lieux.
La seconde est d'ordre financier. Qu'adviendra-t-il de l'héritage du baron ? Quand des héritiers ont des doutes à propos de la succession du défunt, ils sont tenaillés entre l'accepter ou y renoncer. La loi prévoit qu'ils peuvent l'accepter sous bénéfice d'inventaire établi par notaire. La question se pose. Elle n'a pas encore reçu de réponse eu égard à la difficulté d'établir le patrimoine.
