Des drones de police dans le ciel gaumais: "Cela permettra à nos équipes au sol d'avoir une vision d'aigle"
Après Arlon, la zone de police de Gaume vient de faire l'acquisition de deux drones pour mener à bien ses missions. Quatre policiers, formés au pilotage, pourront utiliser ces engins.
- Publié le 09-09-2021 à 07h45

Ce n'est pas la première fois qu'une zone de police de notre province est pionnière dans l'utilisation de nouveaux outils. Après les tasers, c'est au tour des drones! Deux appareils ont été achetés, sur fonds propres, par la zone de police de Gaume. En comptant les formations de pilotage et l'achat du matériel, cela représente un investissement d'environ 35 000€. "Nous avons quatre policiers titulaires d'une licence de pilotage. Ils ont suivi une formation rigoureuse pour pouvoir prendre les commandes de ces appareils", explique Jean-Yves Schul, le chef de corps.
Deux bijoux de technologie
Le premier drone, plutôt imposant, pèse une dizaine de kilos. Il est capable de voler théoriquement 35 minutes et embarque plusieurs outils comme un télémètre, un projecteur, une caméra thermique ainsi qu'une autre caméra pouvant zoomer 200 fois.
Le second, beaucoup plus petit, ne pèse que 987 grammes et peut voler durant 20 minutes. Il possède un haut-parleur, très utile pour diffuser des messages audio ou une sirène.
La démonstration de ce système nous fait un petit peu penser à 1984, le roman de George Orwell. Sauf qu'ici, le but n'est pas de devenir une sorte de "big brother" des temps modernes.
"Ces appareils nous permettent d'effectuer des missions de police administrative ou judiciaire. Par exemple, nous les utiliserons pour assurer la sécurité des événements de masse. Cela permettra à nos équipes au sol d'avoir une vision d'aigle sur ce qu'il se passe. Ces drones pourront aussi être utilisés à la requête d'un magistrat pour rechercher des disparus, un fugitif ou encore avoir une vue d'ensemble sur un accident de la route", ajoute le chef de corps.
Ces drones sont arrivés au poste d'Etalle le 18 février dernier. Ils devaient normalement défiler devant le roi le 21 juillet, mais à la place, ils sont partis en région liégeoise pour apporter un soutien supplémentaire aux services de secours lors des inondations. L'utilisation du fameux haut-parleur a permis de guider la population lors de l'évacuation.
La zone de police de Gaume a également recyclé une vieille camionnette en poste de commandement spécialement dédié à cet usage.
À l'intérieur, des ordinateurs récupèrent les images des drones pour les diffuser en direct sur des écrans. Toutes les données arrivent au même endroit de façon totalement cryptée et sécurisée. "Ce qui est très intéressant, notamment en ce qui concerne le plus gros drone, c'est qu'il est équipé d'un télémètre et d'une caméra thermique. Imaginons que nous recherchons un enfant. Si on le pointe avec le télémètre, nous obtiendrons les coordonnées GPS exactes. Ainsi, nos équipes au sol pourront intervenir rapidement", précise Jean-Yves Schul.
Le gros avantage, c'est qu'un drone peut décoller de presque n'importe où et de manière rapide. Pourtant, on ne peut pas faire ce que l'on veut. Il y a des règles à respecter.
Un cadre légal
Tout comme les particuliers, la police est soumise à une autorisation de vol. Les engins ne peuvent voler au-delà d'une hauteur de 90 mètres et doivent rester dans un rayon d'environ 3 ou 4 kilomètres autour du point de décollage. Des dérogations peuvent cependant être obtenues dans certains cas.
"Dans 80% des cas, nous volerons de manière visible. Nos appareils sont d'ailleurs clairement siglés. Avant d'utiliser un drone, on se pose toujours des questions en matière de légalité, de solutions alternatives au drone et de plus-value. Le procureur du roi est quasi toujours informé de l'usage de nos appareils. Tout est rigoureusement encadré", précise le chef de corps de la zone de police de Gaume. Sachez également que les appareils sont équipés de boîtes noires qui enregistrent les données.
Les communes informées
Pour le moment, l'usage de ces drones est autorisé dans les communes de Virton, Etalle, Chiny, Florenville et Tintigny. Meix-devant-Virton et Rouvroy doivent encore prendre une décision lors d'un prochain conseil communal. Par contre, en cas d'urgence ou sur base d'un avis de magistrat, les drones pourront bel et bien survoler ces communes.
Particuliers, attention!
Avec le succès de ces appareils auprès du grand public, la zone de police de Gaume en profite pour rappeler que la réglementation en matière de drone a changé le 1er janvier dernier.
Désormais, elle devient européenne et les vols de loisirs répondent aux mêmes exigences que les vols professionnels. En cas d'infraction au règlement, on risque de très lourdes amendes (plusieurs milliers d'€) ainsi qu'une saisie du matériel. Une mauvaise utilisation d'un tel engin peut causer de graves dommages à des degrés divers.
Pour toute information complémentaire, vous pouvez vous adresser à votre zone de police ou consulter les derniers règlements via la direction générale du transport aérien.
Plus d'infos : www.mobilit.belgium.be/fr/transport_aerien/drones
