La Brasserie de La Houppe accueille une dizaine de nouveaux actionnaires pour mieux se développer
La Brasserie de la Houppe vient de boucler une augmentation de capital marquée par l'entrée d'une dizaine d'investisseurs namurois au sein de son actionnariat. Au-delà des fonds apportés par des noms biens connus, la brasserie mise sur l'expertise de chacun pour soutenir son développement.

- Publié le 13-07-2026 à 06h00
- Mis à jour le 13-07-2026 à 06h41

Le secteur brassicole est sous pression. La brasserie de la Houppe, fondée en 2013, n'échappe pas à cette réalité. "Même si nous faisons mieux que la tendance générale, nous enregistrons malgré tout une baisse des volumes", concède Bertrand Gueulette, l'un des cinq fondateurs de la brasserie. Hausse des coûts, recul du pouvoir d'achat, concurrence accrue entre brasseurs, fermetures d'établissements horeca: les facteurs qui pèsent sur le marché sont nombreux. Sans oublier les changements d'habitudes de consommation. Celle de la bière a baissé au niveau national de près de 20% en 10 ans, estime la Fédération des brasseurs belges.
Les conséquences directes. Selon les derniers comptes disponibles, la Houppe a clôturé l'exercice 2024 avec un résultat d'exploitation négatif. "Le déménagement de notre outil de production à Wépion, qui a pris beaucoup plus de temps que prévu, a également fortement mobilisé notre trésorerie", précise Bertrand Gueulette.
C'est dans ce contexte tout à fait particulier que la brasserie entend préparer au mieux l'avenir. Pour ce faire, elle vient d'accueillir une dizaine d'investisseurs namurois au sein de son actionnariat. Parmi eux figurent plusieurs noms bien connus du tissu économique local, dont les familles Hallaux (Genetec), Decock (Berhin), Philippe Clinet (Night & Day), François Bersez (Quatrième Dimension) ou Florence Fernemont (Carrément Bon), pour n'en citer que quelques-uns. On notera également que Namur Invest reste au capital, tandis que deux des cinq actionnaires fondateurs se retirent.
Des moyens sonnants et intelligents
"Initialement, nous recherchions environ 350 000 euros pour financer notre développement", glisse notre interlocuteur. Au final, la levée de fonds dépasse légèrement l'objectif fixé. Mais, au-delà des moyens financiers, la brasserie mise aussi sur ce que Bertrand Gueulette qualifie de moyens "intelligents". Les nouveaux investisseurs, désireux de contribuer activement au développement d'une entreprise locale, apportent en effet leurs compétences et leurs réseaux. Cinq d'entre eux rejoindront même le conseil d'administration et participeront directement à la définition de la stratégie. Les autres siègeront à l'assemblée générale et pourront être sollicités ponctuellement en fonction de leur domaine d'expertise.
"L'arrivée des nouveaux administrateurs apporte un regard neuf. Dès les premières réunions, nous avons découvert de nouvelles méthodes de travail et de nouvelles façons d'aborder certains dossiers. Depuis treize ans, nous étions pratiquement la même équipe à piloter la brasserie. Nous avions sans doute atteint les limites de nos idées. C'est très stimulant."
Priorité à la distribution
Le chantier prioritaire est d'ores et déjà identifié: la distribution. À ce jour, La Houppe écoule 70% de ses volumes dans le secteur Horeca. "Nous sommes clairement moins bien structurés pour la distribution. Justement, dans les nouveaux actionnaires, certains connaissent bien mieux cet univers…" Le vecteur de croissance est tout trouvé. En effet, si La Houppe est devenue un incontournable dans l'arrondissement de Namur, son rayonnement reste fort limité au-delà. Sans renier cet ancrage, il y a un potentiel à exploiter.
"Nous avons des projets qui peuvent avoir une portée plus large, comme le développement d'une gamme de softs pétillants. Nous sommes aussi ouverts à des partenariats qui ont du sens avec des établissements partout en Belgique." C'est d'ailleurs cette stratégie de diversification qui, aujourd'hui, amène une certaine robustesse à La Houppe. "Au départ, nous étions assez prudents avec les bières sans alcool, mais nous constatons que la Houla Houppe est un véritable succès et constitue un levier de croissance. Nous observons également une progression sur la Slip (une pils à 4,2%, NDLR)", confie Bertrand Gueulette. La Houppe reste de loin le best-seller de la brasserie, même si elle subit l'évolution des habitudes de consommation.
Cette stratégie de diversification est d'autant plus aisée à intégrer que la brasserie de La Houppe dispose des infrastructures nécessaires pour absorber une hausse des productions. "L'an dernier, nous avons produit environ 4 250 hectolitres et nous pourrions pratiquement doubler ce volume avec très peu d'investissements." Aucune échéance n'est toutefois avancée pour un retour à la rentabilité, mais celui-ci pourrait intervenir rapidement.
