Le plus beau Noël de Fournaux depuis 1999
La cour d'appel de Liège a confirmé l'acquittement du bourgmestre de Dinant. Définitivement réhabilité, insistent ses avocats. Non sans amertume.
- Publié le 21-12-2012 à 07h00

Richard Fournaux avait fait le déplacement à Liège, jeudi après-midi. Pour entendre "en direct" l'arrêt de la 6e chambre de la cour d'appel de Liège. Le bourgmestre n'était pas venu seul pour encaisser cette terrible épreuve du "quitte ou double". Après un acquittement en première instance, devant le tribunal correctionnel de Dinant, tout était à refaire, face à de nouveaux juges. Outre ses deux avocats, un véritable fan-club entourait le mayeur dans la salle d'audience de la cité ardente. Une trentaine de personnes au moins, pour la plupart membres de la Liste du Bourgmestre ou de la liste de soutien de Richard Fournaux, qui n'en manque pas, on l'a vérifié hier.
La présidente Nicole Londot s'est appliquée à la lecture d'un arrêt longuement motivé, avec une conclusion qui a définitivement relâché la pression: acquittement, comme en première instance.
Dans le public, certains n'ont pu retenir leurs larmes. Et un supporter de lancer: "Il y a une justice".
"Sans eux, j'aurais été écrasé par la machine"
L'arrêt prononcé, l'homme politique est resté longuement assis sur son banc, celui des prévenus devenu celui du relaxé. Il n'a pas sauté de joie. Mais l'émotion était là, contenue. Immédiatement, il a rédigé et transmis deux messages SMS. À sa fille et à son compagnon. "Ils l'ont bien mérité".
Puis ce fut la sortie de la salle d'audience, dans un grand défilé qui a fait craquer les planchers du palais des princes évêques. Courte déclaration des avocats à la presse (lire par ailleurs) et mots émus de celui qui traînait un boulet judiciaire depuis 1999. Émus mais aussi amers: " J'ai dîné récemment avec un avocat, pas l'un des miens. Il m'a dit combien j'avais eu de la chance d'être défendu par Mes Remy et Causin, qui se sont investis plus que de normale. Sans eux, j'aurais été écrasé par la machine". Retour de la sérénité? "Il va falloir le temps. Sur le plan physique, je n'aurais plus tenu très longtemps. C'est peut-être ce que mes adversaires cherchaient".
Moins sereinement, Richard Fournaux clame le peu de cas que l'ont fait parfois de la présomption d'innocence, surtout quand on est un homme public.
L'un de ses avocats, Éric Causin, se charge de la harangue des supporters, devant micros et caméras: " Il s'agit d'une réhabilitation morale et humaine. Il aura fallu plus de 10 ans. Aujourd'hui, la presse doit rattraper tout le mal qui lui a été fait". Applaudissements dans la salle des pas perdus.
Comme dans un procès, les derniers mots ont été prononcés par le principal intéressé: "Je paye un verre!". Direction le marché de Noël de la place Saint-Lambert, sous une pluie battante. Le clap final de près de 13 ans d'affaire du casino.

