François, opticien aux petits soins, aussi à domicile et en entreprise: un voyage en montgolfière pour dire comment vont vos yeux (vidéo)
Si on ne se voit plus, on mettra des lunettes. Et François de Witte viendra à vous. L'opticien du centre (en travaux) de Floreffe est convaincu qu'il ne doit pas uniquement attendre le patient/client dans son magasin mais aller à lui. Reportage lors d'un test de vue en entreprise.

- Publié le 24-07-2026 à 16h30

Donnez-moi vos lunettes et je vous dirai qui vous êtes. Dans le bureau suarléen de l'entreprise Wekode, les employés s'offrent un petit vol en montgolfière, sans bouger de leur chaise, juste en braquant leur regard au fond de l'autoréfractomètre. Lui, c'est l'œil parfait, on le règle pour déterminer la correction à appliquer au patient pour que tout lui semble net.
Florian, Guillaume, Noa et Joris, leur patron, sont des professionnels de la création de sites et de logiciels de caisse, ils passent leur journée devant un écran. Pour eux, l'heure de vérité a sonné. Leur vue a-t-elle changé depuis le dernier contrôle ? Leurs lunettes sont-elles toujours adaptées ?

Pour le (sa) voir, ce matin-là, François de Witte est arrivé les mains chargées de valises, "comme un plombier" avec ses appareils de mesure mais aussi des montures de test, des tournevis, des pinces. Opticien indépendant, dont le magasin est implanté à Floreffe, il croit à son service itinérant, à domicile, en entreprise ou dans les résidences. Une optique encore plus opportune face au chantier du centre floreffois qui décourage plus d'un client à venir à lui.
Aux petits soins
"Je reste un petit opticien de village, explique François de Witte, passionné de sciences qui avait besoin du contact humain. L'idée du service à domicile est née au moment de mes études. Personne ne voulait se déplacer près de ma grand-mère de 92 ans pour lui changer ses lunettes. 'Débrouillez-vous pour venir au magasin', le service à la personne s'était perdu."


Pourtant, c'est une aubaine pour Joris Tricot, cofondateur de WeKode. "Depuis quelques mois, nous sommes six, tout le temps sur l'ordinateur. Mon associé comme moi ne portons pas de lunettes, au contraire de nos recrues. Jusqu'ici, nous respectons certains temps de pause mais nous voulions qu'un opticien vérifie que tout soit bien adapté et s'il y a d'autres protections à mettre en place face aux lumières bleues."
Dissiper le brouillard
Méticuleusement, François contrôle d'un côté les yeux, avec l'autoréfractomètre et, de l'autre, les lunettes de chacun et la puissance de leurs verres via un frontofocomètre. Reste à voir si les deux concordent où s'il faut ajuster la correction. "Une variation de 0,25, c'est trop minime que pour changer de verres, elle peut simplement s'expliquer par la fatigue." Le meilleur moment pour un test ? "Il ne faut pas être fatigué, ça c'est sûr. Je ne vais pas faire un examen sur quelqu'un qui vient de se réveiller, ni à 22h."

En attendant, paire de lorgnons rétrofuturistes sur le nez, Noa fixe les voitures garées sur le parking en contrebas. Au fil des verres de test placés sur ses mirettes, le vingtenaire ne devine plus les chiffres et les lettres, il les distingue beaucoup mieux. Changer de verres ne sera donc pas du luxe.
Mission réussie pour François qui synthétise : "L'idéal lorsqu'on travaille beaucoup sur un écran, c'est de faire une pause de 20 minutes toutes les deux heures. Pas pour aller jouer à la PlayStation mais pour sortir, fixer l'horizon. Le problème, c'est la proximité. On cligne beaucoup moins des yeux, on a les yeux grand ouverts face à un écran et ils ont tendance à sécher un peu plus."


de Witte Optique, Rue Emile Romedenne 6 à Floreffe, 081 45 00 22/dewitte-optique.be
Vite dit
L'effet loupe de la Coupe du Monde
Il ne faut pas négliger ses yeux et la retransmission d'une Coupe du monde peut être le bon moment pour s'apercevoir que quelque chose cloche. "C'est vrai, il arrive que des gens se présentent chez l'opticien parce qu'ils voient le petit score tout en haut moins net que lors de la précédente compétition.", sourit François de Witte.
Pas besoin de gouttes
Joris Tricot, cofondateur de WeKode se réjouit d'avoir franchi le pas, plus facile que prévu. "Je m'attendais à un test avec des gouttes et beaucoup de manipulations, ce qui peut décourager à consulter. En fait, c'est super simple, il suffit de regarder la montgolfière." "Les gouttes sont utilisées par les ophtalmologues pour les enfants, dont les yeux ont un grand pouvoir accommodatif, retrace François. Quand un adulte passe de la vision de loin à celle de près, une petite dilatation s'opère. Pas chez les enfants, d'où l'usage des gouttes pour bloquer ce pouvoir."
La vie en… jaune
"Ce qui est rassurant pour les employés de WeKode, c'est que leurs lunettes sont toutes équipées d'antireflets." Oui mais en surface ou intégré au cœur du verre ? Noa s'est habitué à voir la vie… en jaune. Un effet secondaire obligé pour se prémunir des lumières bleues (renvoyées par les écrans, les phares de voiture) ? Non, pour l'opticien floreffois qui, sur conseil de son verrier, n'utilise plus de filtre anti-lumières bleues en pellicule sur ses verres, qui ont tendance à déformer les couleurs, à être difficiles à nettoyer ou à donner de drôles d'effets sur les photos et selfies. "Cela dépend vraiment de la génération du verre et du fournisseur. Le mien procède par des antireflets, incorporés dans le verre, même sur des lunettes de repos."
Cataracte
Au-delà du test de vue, l'HandyRef (l'autoréfractomètre portatif) et sa petite montgolfière peuvent aussi débusquer un début de cataracte. "On peut alors prendre une photo du cristallin et l'envoyer à l'ophtalmologue."
Reconstitution
Au milieu des lunettes traditionnelles, François de Witte en propose aussi de sécurité, de piscine, entre autres curiosités. "Il y a deux ans, un client m'a demandé de réparer des lunettes du XVe siècle, pour des reconstitutions historiques. Des montures en bois de charme, dans lesquelles il m'a fallu remettre des verres. Il m'a fallu trouver l'astuce, faire beaucoup de gabarits pour trouver la bonne taille de verre." François fut rassuré d'apprendre que ces binocles étaient des copies.