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De la fac de droit à la BD en autodidacte

Un dessinateur de BD qui est juriste de formation, voilà qui n'est pas banal. "Mes parents voulaient que je fasse de "vraies" études, ils ne juraient que par l'unif et pour eux, le dessin à Saint-Luc (je pensais plutôt à la publicité et à l'illustration, pas du tout à la bande dessinée) ne pouvait que mener à une vie de bohème.

Fr. D.
De la fac de droit à la BD en autodidacte
«Le Réfractaire», première BD de Martin Jamar et 1er des 5 tomes de la série des «François Jullien» (sorties de 1985 à 1991), avec des scénarios de Franklin Dehousse ©EdA

Je me suis donc inscrit en droit. À refaire, je choisirais l'histoire mais je me suis un peu rattrapé, avec mes bandes dessinées. À ma grande surprise, j'ai réussi ces études, d'année en année", se souvient Martin Jamar (de Bolsée, de son nom complet).

Sa licence de droit en poche, il ne l'en a cependant jamais ressortie. "J'ai eu la grande chance d'enchaîner les bandes dessinées", dit-il. Sur les bancs de l'unif, "où je caricaturais les profs, pendant les cours", il avait rencontré Franklin Dehousse, future une éminence académique et entre autres juge à la Cour européenne de justice, qui lui a alors écrit le scénario de sa première BD et de la série des François Jullien, qui se déclinera en 5 tomes. "Je lui avais proposé l'idée de départ, l'histoire d'un jeune Ardennais qui devient réfractaire (NDLR: Réfractaire est le titre du 1er volume) qui refuse d'incorporer l'armée de Napoléon". La série emmènera François Jullien à travers l'Europe, "en Espagne, au Congrès de Vienne, etc. Ce qui est intéressant, pour moi, c'est de mêler des personnages historiques (Napoléon, Talleyrand, etc.) et des personnages fictifs, de mélanger la petite histoire et la grande histoire. Un peu comme ce qu'Alexandre Dumas faisait dans ses romans. Par exemple, Vincent est un personnage qui a existé et auquel, avec Jean Dufaux, on fait vivre des événements dont on n'est pas sûrs qu'il les a vécus mais qu'il est très plausible qu'il les ait vécus. Pour Foucauld aussi, quand on imagine qu'il a eu des hallucinations dans le désert. Mais il faut aussi rester dans les clous. Autant pour Vincent que pour Foucauld, nos histoires ont été relues par une historienne, française, et il y a eu quelques modifications".

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