En 10 ans, Tournai a perdu 1080 élèves et plusieurs établissements : en septembre, ce sera le tour des écoles communales de Froidmont et Jean Noté
Les fermetures des écoles Jean Noté et de Froidmont à la rentrée scolaire prochaine doivent aussi être analysées à la lumière d'une chute impressionnante de la population scolaire à Tournai : 1081 élèves en moins entre 2014 et 2024. Le phénomène touche toute la Wapi mais dans une moindre mesure: -2252 élèves en dix ans.

- Publié le 20-05-2026 à 07h17

L'école des Frères et l'école communale Saint-Lazare en 2021 ; l'école primaire communale d'Havinnes en 2023 ; l'école maternelle Saint-Amand d'Havinnes en 2025… Le territoire tournaisien a subi plusieurs fermetures d'écoles ces dernières années, et deux noms vont s'ajouter à la liste au début de l'année scolaire prochaine : l'école communale Jean Noté (autre fois appelée école n°3 et de la Porte de Lille) et l'école de Froidmont.
La première, située en ville, avait déjà perdu sa section maternellevoici deux ans. La population du primaire est plus ou moins stable, avec une cinquantaine d'élèves, mais on sait qu'une épée de Damoclès se trouve au-dessus d'un établissement qui ne propose plus qu'une des deux sections. L'échevine de l'enseignement, Natacha Duroisin (Les Engagés), voit donc comme une opportunité le transfert de l'école communale Arthur Haulot avec son équipe enseignante et les élèves qui le souhaitent de l'autre côté de la ville (notre édition de ce mardi). "Contrairement à ce que j'ai pu lire ou entendre, on ne regroupe pas deux écoles dans un bâtiment en mauvais état. Les élèves et les équipes pédagogiques des deux établissements seront accueillis dans un excellent environnement. Le hall d'entrée est vieillot et doit être rafraîchi, mais les classes sont très lumineuses et bien grandes, et le site a énormément de qualités. Des investissements ont été réalisés récemment au niveau de la toiture et de l'isolation. De cette façon, on donne une chance à l'école Arthur Haulot de poursuivre et on évite de vivre la catastrophe qu'on connaît à Froidmont où on doit fermer l'école du village huit ans après avoir construit et inauguré un nouveau complexe scolaire".
Menacée depuis 2024, Froidmont va fermer...
Menacée depuis 2024, la section maternelle de l'école de Froidmont est déserte depuis septembre 2025. Les classes du primaire vivent leurs dernières semaines car plusieurs parents ont déjà pris la décision d'inscrire leur enfant dans un autre établissement. "Après toutes ces années si difficiles, la situation est devenue désespérée", témoigne l'échevine.
Rien de tel à Béclers où parents et membres de l'équipe pédagogique ont remué ciel et terre pour sauver la section maternelle. "Il y a eu pas mal d'inscriptions en maternelle, ce qui est de très bon augure pour l'avenir de l'école. Un groupe important d'enfants quitte le primaire pour le secondaire mais il y a de bonnes raisons d'être optimistes pour l'avenir. Plusieurs projets ont suscité une adhésion de la part des enfants et des parents, comme la circomotricité, et des parents très motivés se démènent pour faire connaître l'école. Tout le monde reste mobilisé, un kit publicitaire a notamment été réalisé".
Natacha Duroisin dit être vigilante par rapport à la situation de toutes les écoles communales tournaisiennes, mais elle ne peut malheureusement pas promettre que la fermeture de l'école de Froidmont est la dernière.
Il doit être tenu compte d'un paramètre sur lequel les directions d'écoles, tous réseaux confondus, n'ont pas de prise : le phénomène de dénatalité. Nous avons pris la peine d'analyser les chiffres relatifs au nombre d'élèves par communes de Wallonie picarde, et ils sont sans appel. Entre 2014 et 2024, le nombre d'élèves a chuté de façon vertigineuse : -2.252 élèves entre 2014 et 2024 dans toutes les écoles de Wapi, dont la moitié (1081) pour la seule entité de Tournai.
Dans un tel contexte, ne faudrait-il pas envisager une stratégie globale à l'échelle du territoire tournaisien, incluant tous les réseaux scolaires ?
Natacha Duroisin dit y travailler. "Un groupe de travaila été créé pour réaliser un état des lieux de l'offre scolaire sur l'entité de Tournai. Des premières réunions ont déjà eu lieu avec l'objectif de proposer un enseignement de qualité partout. Pour avoir une vision commune, l'enseignement libre est associé à la démarche, les syndicats aussi, parce qu'il faut se rendre compte une bonne fois pour toutes que pour avancer il faut aller au-delà de la logique des réseaux scolaires".
