Biocontaminations
Biocontaminations
Définition :
La contamination : l’action d’introduire des micro-organismes issus d’un milieu donné dans
un autre milieu qui devient contaminé. Pour qu’une infection se déclare, il faut qu’un germe
pathogène pénètre un organisme et s’y développe.
Bio-contamination : Les matières premières, les instruments, les aliments, sont rarement
stériles, ils peuvent être contaminés par les micro-organismes, on parle alors de bio-
contamination.
Généralités
Il existe peu d’aliments naturellement stérile et ceux qui le sont le restent peu de temps, très
rapidement, ils sont soumis à toute sorte de contaminations par les surfaces de travail, le
matériel, les outils, l’air, l’environnement, l’eau et le personnel.
Par exemple, la viande est stérile lorsqu’elle provient d’un animal sain abattu dans des
conditions précises et respectées. Il en est ainsi pour le contenu des œufs de poule en coquille.
Cette stérilité est éphémère. La viande est contaminée au cours des opérations de dépeçage,
d’éviscération, de découpage, etc…, par les équipements et qui les manipulent.
La surface de la coquille supporte toujours des micro-organismes qui sans précaution
particulière, pourront gagner le blanc puis le jaune où ils s’y développent.
La surface des légumes et fruits est souillée normalement par les germes du sol, de l’air, des
animaux et de leurs déjections.
L’évolution de l’industrie alimentaire tend à mettre sur le marché des aliments divers, qui sont
de plus en plus élaborés. Dans sa présentation finale, la denrée alimentaire est parfois différente
de sa forme originelle qui lui offrait bien souvent une protection naturelle. Entre autre, l’aliment
a subi un grand nombre de manipulations et chacune d’entre elle étant susceptible d’apporter
son lot de contamination.
De plus, on a tendance à exiger pour ces aliments des délais de conservation de plus en plus
longs. Ce qui pose de sérieux problèmes, malgré les progrès considérables.
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Tous ces éléments (problèmes environnementaux, l’eau, l’air, le sol, les manipulations
défaillantes, les conservations prolongés), entraînent une multiplication des risques sanitaires
apportés par aliment.
Il est donc absolument nécessaire de faire progresser en même temps que les techniques de
production des aliments, les techniques de contrôle sanitaire.
On s’est trop souvent borné à réaliser les contrôles microbiologiques sur le produit fini. Un tel
contrôle a un intérêt limité : En cas de résultat défectueux, il ne donne aucun renseignement
sur l’origine de la contamination.
Ce qui est plus important, c’est de maîtriser les paramètres qui agissent sur la contamination du
produit fini. Ceux-ci dépendent d’une part de la qualité des matières premières, de
l’environnement, des modes de traitement et d’autre part, de l’apport de microorganismes en
cours de chaîne de transformation. Cet apport de microorganismes est sujet d’une origine
multiple : eau, air, sol, hygiène du personnel et du matériel.
Cet apport évoque les conséquences de la multiplication des microorganismes constituant la
flore des aliments. Pour éviter cela, une prévention et un traitement des biocontaminations
permettront de contrôler le statut microbiologique des aliments. On note deux formes de
contamination microbienne : originelle (endogène) et secondaire (exogène).
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Des muqueuses des cavités naturelles : voies aéro-digestives (nez, bouche, pharynx),
intestin, vagin.
Chaque flore comporte :
Une flore résidente : c’est une flore de base constituée d’espèces permanentes. Ces
espèces sont dépourvues de rôle pathogène tant qu’elles restent sur leur habitat normal.
Une flore transitoire : c’est une flore constituée d’espèces inconstantes ou
« touristiques ». Ces espèces peuvent être pathogènes, on peut citer Staphylocoque doré,
certaines entérobactéries, Clostridium perfringens…
La flore résidente ne peut être éliminée en totalité par un nettoyage, même par les antiseptiques
les plus puissants contrairement à la flore transitoire. Seul le port de gants est susceptible de
réduire les contaminations par la flore résidante de la peau.
2. Différentes flores commensales
Nom de la flore Localisation Flore résidante Flore transitoires
Flore cutanée Peau et Staphylocoques blancs Staphylocoques dorés
muqueuses Microcoques Entérobactéries (région
Corynebactéries anale, mains)
Streptocoques
Flore nasale Nez Staphylocoques blancs Staphylocoques dorés
(35 à 75% de porteurs)
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3. Bactéries pathogènes ou toxinogènes
Mycobacterium bovis : elle est éliminée par le lait des vaches présentant des mammites
tuberculeuses. Elle est présente dans les lésions localisées de l’animal.
Brucella melitensis, B. abortus, B. suis : véhiculées dans le lait des chèvres et des vaches, elles
sont présentes dans les viscères et parfois dans la viande de ces variétés d’animaux.
Salmonella : elle est fréquente chez de nombreuses espèces animales : chevaux, bovidés,
porcins, volailles. Son rôle dans les infections a été favorisé par l’élevage industriel pour les
deux dernières et l’emploi d’aliments artificiels, la farine de poisson en particulier, très souvent
contaminée par les bactéries. Les salmonelles peuvent être éliminées par le lait, les œufs ; elles
sont présentes dans les viscères, les ganglions lymphatiques et parfois dans les muscles quand
l’animal est abattu en période de maladie aiguë (phase septicémique) ou subaiguë. Leur habitat
naturel est l’intestin, et donc la matière fécale.
Staphylocoques pathogènes ou entéro-toxiques des vaches atteintes de mammites et qu’on
trouve dans leur lait.
Listeria : le rôle a été sous-estimé chez l’homme. Leur présence n’est pas négligeable chez les
animaux domestiques.
Le botulisme
Clostridium botulinum A et B sont des hôtes fréquents de l’intestin du porc ; ils sont tolérés par
l’animal. Après une période passée dans l’organisme, ils passent éventuellement dans le sang
circulant et peuvent aller se fixer dans un muscle. Ils le font de préférence au voisinage de l’os
de la cuisse. Si l’animal est abattu à ce moment, le jambon sera contaminé par les bactéries ;
elles se développeront localement et produiront la toxine qui se diffusera dans les environs
immédiats. C’est l’une des causes fréquentes du botulisme humain.
Clostridium botulinum E, est rencontré dans certaines régions maritimes où il est habitant des
sédiments marins. Il passe dans le tube digestif des poissons lors de leur alimentation. Par sa
thermo-résistance, il survivra dans les conserves des produits de la pêche qui sont soumises à
des traitements thermiques insuffisante.
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Ce micro-organisme est rencontré dans les sédiments marins. Il se trouve également sur le
littoral du Japon, mais aussi dans la zone méditerranéenne contaminée. Il passe dans
l’organisme des coquillages comestibles lors de leur alimentation et dans l’intestin du poisson.
Leur absorption est dangereuse pour l’homme alors que la bactérie est tolérée par ces animaux.
Il existe également des maladies parasitaires humaines dues à la consommation originelle
d’animaux malades.
1. L’eau
L’eau naturelle non traitée n’est jamais stérile. Elle contient quelque bactéries psychrotrophes
et oligotrophes d’origine tellurique lorsqu’elle provient de nappes phréatiques profondes.
Lorsque l’eau est issue de nappes superficielles (fleuves, lacs, étangs), elle peut être l’objet de
contamination beaucoup plus dangereuse par les eaux de ruissellement et surtout par les eaux
résiduaires des collectivités et des industries.
Ces eaux résiduaires et de ruissellement sont soumis à des traitements correctifs qui ont pour
but de supprimer les bactéries pathogènes (salmonelles) qu’elles peuvent véhiculer. Ils la
rendent potable (stérile). Une telle eau peut toujours contenir après action du chlore un certain
nombre de germes dits saprophytes (Pseudomonas, Flavobacterium, Achromobacter).
Non traitée, elle contamine les fruits et les légumes lors de leur lavage. L’eau de mer des zones
côtières est à l’origine de la contamination des coquillages comestibles par les Salmonella qui
sont transmis par les effluents de populations humaines et animales du littoral.
2. Le sol
En surface et en profondeur avec sa nature, le sol contient de nombreux micro-organismes. On
y rencontre les chimiotrophes, les bactéries nitrifiantes (Nitrosomonas et Nitrobacter), les
bactéries du fer et du manganèse (Telluriques). D’autres hétérotrophes proviennent des êtres
vivants et de leurs déchets. Parmi ceux-ci, sont les pathogènes, toxinogènes ou les saprophytes
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capables d’altérer les aliments. Les « poussières » atmosphériques sont en partie formées par
de fines particules du sol. Elles transportent à la surface des produits alimentaires les germes
qu’elles renferment. Une autre partie est constituée par des fragments de déchets organiques :
végétaux en décomposition, matières fécale…
3. L’air
Il véhicule les micro-organismes fixés sur les poussières ou des cellules bactériennes libres. Ces
micro-organismes sont amassés à la périphérie des particules électrostatiques, plastiques dans
les ateliers de conditionnement des industries alimentaires. Les risques de pollution des produits
alimentaires par l’air sont exagérés par sa turbulence. Pour éliminer ou éviter les
contaminations, on alimente les industries alimentaires en air filtré et conditionné.
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5. Le manipulateur
Ils peuvent souiller les aliments par leurs peaux, cheveux, expectorations, matières fécales,
urines et vêtements. La contamination concerne les bactéries pathogènes sans exclure les autres.
Un individu atteint d’une infection gastro-intestinale due aux Salmonella, les élimine par ses
fèces ou parfois par ses urines. Après sa guérison clinique, il peut continuer à les héberger et
donc à les éliminer de façon continue ou transitoire : il est devenu un porteur de germes.
Exemple : un ouvrier qui se rend aux toilettes omet de se laver les mains, il véhicule les
salmonella sur la peau et les transmet aux produits qu’il touche.
Un individu présentant une angine ou une rhinopharyngite ou une affection plu grave du tractus
respiratoire projette dans les environs, en toussant, en crachant, des bactéries responsables de
ces infections : staphylocoques, streptococcie du groupe A, Mycobacterium tuberculosis.
D’autres sont porteurs de ces germes pathologiques.
Un individu atteint de lésion purulente des téguments (furoncles, eczémas) diffuse autour de lui
les bactéries telles les staphylocoques pathogènes le plus souvent. Parfois les lésions n’existent
pas mais les staphylocoques peuvent se développer à la surface des téguments de façon
inapparente ; le porteur les dissémine dans l’ambiance, on dit qu’il est un « disperseur ».
Généralités
Les micro-organismes jouent de divers rôles dans l’environnement et dans l’aliment. Les uns
considérés comme pathogènes sont génératrices de toxi-infections alimentaires car
responsables après ingestion, de troubles digestifs chez l’homme. Les autres non pathogènes,
altèrent la qualité marchande de l’aliment à partir d’un certain nombre de germes par gramme
d’aliment. Ce qui va conduire à une baisse de la valeur nutritionnelle suivie d’une modification
des qualités organoleptiques. D’autres micro-organismes, à l’égard de leurs propriétés
fermentaires sont utilisés dans l’industrie pharmaceutique et agro-alimentaire.
A. Conséquences négatives
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due à une production de pigments, de gaz. Cette détérioration microbiologique va engendrer
des défauts d’arôme, de saveur, de texture, de couleur, d’odeur (altération organoleptique), mais
aussi la valeur alimentaire ou hygiénique. Selon que les micro-organismes présents dans un
aliment seront du genre fermentaire, protéolytique, psychrotrophe, lipolytique, mésophiles
utiles ou non ; on aura une altération ; l’importance de l’altération sera fonction du substrat en
présence caractérisé par sa composition chimique, son pH, son activité de l’eau, présence ou
non d’agent conservateurs et de condition d’entreposage qui sont la température, l’hydrométrie,
etc. Les micro-organismes mis en cause dans l’altération des produits alimentaires sont les
levures, les moisissures et les bactéries.
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également teindre les matières grasses en rouge ou en noire de la viande : c’est le cas de
Thamnidium elegans.
2. Intoxications alimentaires
On définit les intoxications alimentaires comme des infections causées dans l’organisme après
qu’on ait ingéré un aliment contaminé. On distingue les toxi-infections et les intoxinations.
2.1. Toxi-infection
Les germes ingérés au cours ou après le repas en même temps que l’aliment élaborent des
toxines au niveau du foyer infectieux généralement au niveau de l’intestin. Dans ce cas l’agent
infectieux se fixe ou pénètre dans la muqueuse intestinale, puis se multiplient pour produire la
toxine. La durée d’incubation relativement longue conditionne l’apparition des premiers
symptômes entre 12h et 21 jours après consommation de l’aliment.
2.2. Intoxination
Contrairement à la situation précédente les toxines sont ici préformées dans l’aliment, c’est-à-
dire qu’elles sont déjà élaborées avant la consommation de l’aliment. La durée qui sépare
l’ingestion de l’aliment et les premiers symptômes est relativement courte puisque la toxine
active est ingérée en même que l’aliment. Cette durée est de 1 à 24 heures.
Les indicateurs de contamination fécale traduisent le degré d’hygiène dans l’élaboration du
produit, tandis que les bactéries pathogènes traduisent la maîtrise du process.
Le pouvoir pathogène répond à deux types de mécanismes : la toxinogenèse et la virulence.
3. La toxinogenèse
Elle se définit comme la production d’une toxine sécrétée par la bactérie à l’endroit où elle se
trouve. On distingue deux types de toxines : les exotoxines et les endotoxines.
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Ce sont des parties constituantes du corps microbien responsables de toxi-infections. Elles sont
produites par des BG- (Salmonella) et sont formées de glucides, de lipides, polypeptides. Elles
sont thermostables et ont un pouvoir toxique modéré.
4.2. Classification
On distingue plusieurs toxines selon le type de bactérie, selon leur site et leur mécanisme
d’action.
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Bacilles Gram- Toxines
Escherichia coli Entérotoxine thermolabile (LT), Entérotoxine thermostable (ST)
Shigella dysenteriae Toxine dysentérique (shiga toxine)
Yersinia Entérotoxine
Vibrio cholerae Entérotoxine (toxine cholérique)
Salmonella typhi Entérotoxine (type shiga)
Pseudomonas Exotoxine A
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Nettoyage et désinfection insuffisant
Contamination croisée des aliments
Contamination par le personnel de cuisine (restauration collective)
B. Conséquences positives
Les microorganismes ne jouent pas seulement un rôle d’altération. Ils ne sont pas d’ailleurs tous
pathogènes. Certains sont utilisés dans l’industrie alimentaire et pharmaceutique à cause de leur
pouvoir fermentatif.
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Les produits fermentés présentent un intérêt particulier en aliment parce qu’ils favorisent un
apport d’azote dans l’organisme qui comble le déficit protéique entrainant une prévention des
carences protéiques responsables de nombreuses affections.
Généralités
Au cours des processus de transformation, les aliments subissent souvent des contaminations
par les microorganismes des locaux, du sol, de l’environnement, etc. la prévention a pour
objectif principal d’éviter l’apport des microorganismes contaminants au cours de la
transformation, du transport, de la conservation par le strict respect des règles d’hygiène.
Exemple : le port de gangs et masques à bouche, entretien des locaux et accessoires.
Le nettoyage et la désinfection sont deux opérations complémentaires essentielles qui
interviennent dans la prévention. L’efficacité d’une désinfection nécessite au préalable un bon
nettoyage.
A. Nettoyage
1. définition
Le nettoyage est une opération qui a pour but de rendre propre les surfaces en les débarrassant
de leurs souillures physiques et chimiques. Il détache et élimine les déchets et souillures (résidus
de matières organiques et dépôts de minéraux).
Ces déchets et souillures sont de véritables réservoirs des microorganismes et leur élimination
est une étape préliminaire non des moindres importances dans la limite entre les
biocontaminations. Le nettoyage permet donc de priver aux microorganismes tout substrat
organique pouvant favoriser leur développement. Il permet d’obtenir la propreté physique de la
surface en éliminant les salissures par une action mécanique, puis par celles des substances.
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3. Détergents utilisés pour le nettoyage
Un détergent est un produit chimique qui a la propriété d’éliminer les salissures qui adhèrent
aux surfaces.
Chlorure d’acyl-diméthyl-benzyl-ammonium (nom commercial : zephinol)
Bromure dymethyl-cethyl-cyclo-hexyl-ammonium (nom commercial : biocidan)
B. Désinfection
1. Définition
C’est une action aux résultats momentanés qui permet d’éliminer ou tuer les microorganismes
indésirables et/ou d’inactiver les virus portés par les milieux inertes. Alors que l’antisepsie se
fait sur les tissus vivant, la désinfection a lieu sur les milieux inanimés (surfaces, matériels…)
et nécessite l’utilisation d’un désinfectant.
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matières organiques et l’iode lui-même n’est pratiquement pas toxique envers l’homme alors
que l’ingestion de composés chlorés à forte concentration est dangereuse.
2.4. L’alcool
C’est un désinfectant qui est utilisé pour l’asepsie de la main, de la peau à une concentration de
60° GL (Gray Lussac). Bien qu’il soit moins actif que l’eau de javel, son pouvoir bactéricide
ou fongicide décroît avec son poids moléculaire. Les plus couramment utilisés sont l’éthanol,
le butanol et le pentanol.
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Rinçage final : obligatoire selon la loi et l’eau utilisée doit être propre, potable et
récupérée pour le pré-rinçage.
D. Mesures à respecter
Le temps de contact : le temps minimum nécessaire au produit pour assurer une bonne
désinfection. L’efficacité du traitement dépend de ce temps de contact qui varie selon
le produit utilisé.
L’action mécanique : le nettoyage est une opération mécanique qui nécessite un apport
d’énergie par brossage ou raclage manuel dans le souci de renforcer les actions
chimiques de détergents.
La concentration de la solution : la concentration requise pour un agent chimique varie
selon l’usage auquel il est destiné. Se conformer aux instructions du fabriquant pour
préparer la solution.
La température : pour qu’une substance chimique bactéricide ou fongicide soit efficace,
il faut respecter la température d’application.
La stabilité : toutes solution de désinfectant doivent être préparées dans des récipients
propres juste avant son emploie.
Désinfection
Rinçage
Egouttage ou séchage
IV. TRAITEMENT DES BIOCONTAMINANTS
Généralités
Pour assurer la conservation des produits alimentaires et leur conférer une bonne qualité
sanitaire et nutritionnelle, il a lieu de détruire les microorganismes pathogènes et de réduire la
charge en flore d’altération. La plus part des méthodes utilisées sont d’ordre physique et
chimique. Aussi, des traitements sous atmosphère modifiée sont utilisés.
A. Traitements physiques
1.1. La réfrigération
La réfrigération consiste à placer le produit concerné dans des conditions de froid entre 0 et 4°C
à fin de le stabiliser. Ces conditions ralentissent ou bloquent la croissance microbienne.
Cependant, les microorganismes psychrophiles du genre Pseudomonas, Acinetobacter,
Achromobacter et de certaines espèces psychrotrophes du genre Listeria et Clostridium s’y
développent.
1.2. La congélation
C’est un procédé de conservation des produits alimentaires à basses températures. Est congelé,
un produit ayant subi un abaissement de température en dessous de son point de congelation
qui peut se situer pour la plus part des produits entre 0°C et -18°C. La congélation inhibe la
croissance microbienne due à une absence d’eau sous forme liquide (contenu aqueux des tissus
du produit est cristallisé). Certains microorganismes sont tués par la rupture des membranes
due à la formation de cristaux de glace.
2.1. La pasteurisation
La pasteurisation est un traitement thermique visant à détruire les microorganismes pathogènes
et à réduire la charge en flore banale, formes végétatives en proportion suffisante pour assurer
la protection de la santé du consommateur sans altérer les caractéristiques organoleptiques du
produit. Cette méthode assure une conservation momentanée du produit. On distingue :
La pasteurisation basse (LTLT) : 60-65°C pendant 30 minutes.
La pasteurisation haute (HTST) : 71-73°C pendant 15 secondes.
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La flash pasteurisation : 75-80°C, parfois 90°C pendant 1 à 5 secondes.
L’ultra haute pasteurisation : 135-150 pendant 1 seconde.
La pasteurisation est appliquée au lait, à la bière, au vin, aux crèmes glacées. Elle a une
efficacité sur les Salmonella, Listeria, Campylobacter, Shigella, Yersinia, E. coli pathogène.
2.2. La stérilisation
C’est un traitement physique ou physico-chimique permettant d’obtenir une destruction de toute
vie microbienne notamment les formes végétatives et les spores. Elle permet d’obtenir une
conservation prolongée. On distingue :
La stérilisation à la chaleur sèche : elle utilise un four pasteur et s’applique généralement
à la verrerie, aux objets en porcelaine ou aux objets métalliques. Les paramètres de cette
stérilisation est de 170°C à 30 minutes à 1 heure ou 160°C pendant 1 à 2 heures.
La stérilisation à la chaleur humide : Elle utilise un autoclave et s’applique aussi bien
aux objets métalliques, aux solutions, aux denrées alimentaires. Ces paramètres sont de
121°C pendant 15 minutes ou 126°C pendant 10 minutes.
3.1. La lyophilisation
Le principe de ce procédé est de congeler (-20 à -40°C) un produit puis de le placer sous vide.
Ainsi, l’eau qu’il contient passe rapidement de l’état solide à l’état gazeux (c’est la sublimation).
Cette élimination rapide de l’eau (beaucoup plus rapide que le séchage ou la déshydratation)
permet de bien conserver les saveurs, arômes et qualités nutritives. Et comme il n’y a plus d’eau,
il n’y a plus prolifération des bactéries. Une fois réhydraté, le produit retrouve quasiment sa
texture d’origine. Cette méthode coûte cependant plus cher qu’un séchage ou une
déshydratation. On l’utilise notamment pour l’alimentation des astronautes.
3.2 L’évaporation
Le séchage (ou dessiccation) consiste à enlever l'excès d'humidité par évaporation de l'eau. On
aboutit à des produits alimentaires dits secs.
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3.3. Le micro-ondes
Rayons électromagnétiques. Utilisés comme source de chaleur. Elévation de température
(temps de contact très court). Donc peu efficace sur les germes.
3.4. Ultra-sons
Vibrations mécaniques de haute fréquence. Utilisés pour la pasteurisation des denrées
alimentaires (spores pas détruites).
B. Traitement chimique
1. Le salage
Le salage consiste à soumettre l’aliment à l’action du sel, soit en le recouvrant directement de
sel (salage à sec), soit en le plongeant dans une solution salée (saumurage). C’est une technique
surtout utilisée pour la conservation de la charcuterie et des poissons. Le NaCl à forte
concentration sélectionne les microorganismes notamment les halophiles et inhibe les
pathogènes.
2. Le fumage
Obtention des nitrites et de formaldéhydes par fumigation.
3. L’addition de conservateurs
Les agents de conservation sont des produits antimicrobiens germicides à des doses
relativement faibles. Ces produits servent à retarder, à empêcher ou à masquer les activités
microbiennes ou enzymatiques. Les meilleurs agents de conservation doivent répondre à
certains critères, parmi lesquels la non toxicité, efficacité à des doses relativement faibles,
stabilité à la chaleur, capacité à détruire les microbes ou inhiber, leur action ne donne ni chaleur,
ni goût indésirable aux aliments, ne pas masquer la mauvaise qualité du produit, garantir une
sécurité contre les Clostridium botulinum. On peut citer :
Le benzoate ou (l’acide benzoïque) : il est plus efficace sur les levures et les moisissures
que sur les bactéries sous sa forme non dissociée. (pKa = 4,19) donc à un pH bas. Cette
forme non dissociée est lipolytique. Elle traverse les membranes inhibant les enzymes
spécifiques.
Les phénols : ce sont des antioxydants qui altèrent la membrane cytoplasmique
provoquant une fuite des constituants cellulaires.
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Les esters d’acides gras : ce sont des acides gras à longues chaines (C10, C12) qui ont
une efficacité contre les microorganismes.
L’acide sorbique : il est plus efficace contre les levures, moisissures et bactéries avec
des pKa = 4,75 et pH < 4,75.
L’acide propionique : Il s’agit d’un inhibiteur de croissance des moisissures. Il est actif
à des pH faibles.
Les sulfites : ils sont utilisés contre les levures, moisissures et bactéries. Avec un pH <
3 leur action croît. Ils inhibent le brunissement enzymatique et non l’enzyme.
Les halogènes : sous forme de chlore libre (Cl2), d’acide hypochlorique (HOCl), d’ion
hypochlorique. On les considère comme des antioxydants.
L’oxyde d’éthylène ou oxyde de propylène : ils réagissent par alkylation des composés
biologiques. Certains composés agissent par dénaturation des protéines en altérant les
fonctions membranaires.
Le CO2 : il a des propriétés inhibitrices vis-à-vis des bactéries et des moisissures. Le
CO2 est soluble dans sa phase lipidique donc affecte les membranes et les parois
cellulaires.
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