Sciences juridiques
Cohorte A / Droit civil
Groupe 38
EXPOSANTS
Abdou Aziz Diouf
Malick Hane
Dieynaba keita
Aminata Sagna
Maimouna Abdoulaye Soumare
CAS PRATIQUE
Après 4 ans de mariage, les deux époux ont eu un garçon de 2 ans et une
fille de quelques mois. Ils ont eu des différends parce que l'époux n'assure
pas ses responsabilités conjugales et cela jusqu'à répudier sa femme.
Ces faits renvoie à la dissolution du lien matrimoniale.
Les problèmes de droit qui se posent sont :
I. La répudiation constitue-t-elle un divorce valide selon le Code de la
famille sénégalais ?
Conformément à l’article 157 : "Le divorce peut résulter du consentement
mutuel des époux constaté par le juge de paix ou d'une décision
judiciaire."
En l'espèce, le mari a répudié sa femme. Mais la loi interdit cette forme de
rupture du mariage. La dissolution du mariage ne peut être prononcé que
par un juge.
En conclusion, l'argument du père de Ndeye n'est pas fondé et cette
dernière est toujours la femme de Mbaye.
II. Quelle est la procédure à enclencher et les arguments pour l'épouse ?
Selon l'article 167 CF L'épouse demandeur en divorce doit, en personne,
présenter au juge de paix du domicile de l'épouse une requête écrite ou
verbale, indiquant les causes du divorce invoquées. Lorsque la demande
est orale, elle est aussitôt constatée par les soins du
greffier et signée du demandeur. Mention est faite, s'il y a lieu, qu'il ne le
sait ou ne le peut. En plus de l'article 166 CF citant les causes du divorce.
En l'espèce, la répudiation de l'époux et le manquement au devoirs
conjugales ont entraîner ces conséquences.
Par conséquent, Ndeye peut engager une procédure de divorce
contentieux devant le tribunal compétent. Les motifs tels que les injures,
le manquement aux obligations conjugales ou l’abandon du domicile sont
recevables (articles 166 et 167 CF).
III. Un juge peut-il intervenir pour dissoudre un mariage coutumier non
constaté ?
Conformément à l'article 157 CF : "Le divorce est prononcé par le juge à la
demande de l’un des époux ou par consentement mutuel."
En l'espèce, ce mariage n'est pas célébré ni constaté par l'officier de l'état
civil. Mais reste valable.
En prévision de l'article précité, le mariage qu'il soit constaté, célébré ou
non constaté, seul le juge pourra prononcer sa dissolution.
IV. À qui revient la garde des enfants, en particulier celle du garçon de 2
ans ?
Aux termes de l'article 180 CF « La garde et la puissance paternelle sur les
enfants issus du mariage sont dévolues par le juge ». De plus que l'article
278 : "Le jugement prononçant ou constatant le divorce ou la séparation
de corps statue sur la garde de chacun des enfants, qui, pour son plus
grand avantage, sera confié à l’un ou l’autre des parents ou, s’il est
nécessaire, à une tierce personne.
En l'espèce, le couple a deux enfants dont tous les deux sont mineurs.
Par conséquent, la garde des enfants mineurs est confiée à l’un des
parents en fonction de l’intérêt supérieur de l’enfant. La mère est souvent
privilégiée pour la garde des enfants en bas âge, notamment pour un
enfant de 2 ans. Mbaye ne peut donc revendiquer automatiquement la
garde de son fils.
V. La dissolution du lien matrimonial à la demande de l'épouse peut-elle
avoir des conséquences financières pésant sur l'époux ?
Aux termes des dispositions de l'article 179 : "En cas de divorce prononcé
aux torts exclusifs de l'un des époux, le juge peut allouer à l'époux qui a
obtenu le divorce des dommages et intérêts pour le préjudice matériel et
moral que lui cause la dissolution du mariage, compte tenu, notamment,
de la perte de l'obligation d'entretien. Le juge décide, selon les
circonstances de la cause, si ces dommages et intérêts doivent être versés
en une seule fois ou par fractions échelonnées."
En l'espèce, Mbaye prétend que le divorce, s’il est demandé par Ndeye, ne
devrait entraîner aucune conséquence financière à son égard.
Même si la demande de divorce émane de l’épouse, le juge peut
condamner l’époux à payer des dommages et intérêts si sa responsabilité
dans la rupture du mariage est établie sauf si les torts sont partagés. De
plus, il peut y avoir une obligation de verser une pension alimentaire
(article 203 et suivants). Ainsi, la demande de divorce par Ndeye
n’exonère pas Mbaye de ses obligations légales et financières.