Interdiction des voitures puissantes pour les jeunes en France : "En Belgique, cela ne concernerait que 3,6 % des jeunes", indique Vias
Ardent défenseur de la sécurité routière, l'Institut Vias estime qu'une interdiction ne changerait pas grand-chose. Notamment parce qu'on peut rouler très vite avec une voiture peu puissante.

- Publié le 10-08-2026 à 15h02

La décision, française, a eu des répercussions jusque chez nous. Outre-Quiévrain, le Parlement vient d'acter officiellement une mesure visant à interdire aux jeunes venant de passer leur permis de conduire, de rouler à bord de véhicules puissants jusqu'à la fin de leur période probatoire, à savoir 3 ans. La puissance limite devra encore faire l'objet d'un décret, attendu pour l'automne. Une décision applaudie par l'Association des parents d'enfants victimes de la route, qui aimerait qu'une telle mesure soit également appliquée chez nous.
Contacté, le ministre fédéral de la Mobilité, Jean-Luc Crucke (Les Engagés) avait annoncé vouloir ouvrir le débat. "La puissance d'un véhicule ne peut jamais devenir un facteur de mise en danger des autres usagers, nous répond-il. Nous devons ouvrir le débat sur des conditions d'accès plus progressives aux véhicules les plus puissants, notamment pour les conducteurs les moins expérimentés. Cette réflexion devra toutefois être menée avec discernement : il n'est pas question que de telles mesures pénalisent les ménages moyens ou empêchent l'exercice d'une activité professionnelle. L'objectif n'est pas de stigmatiser, mais de mieux protéger, en trouvant un équilibre entre sécurité routière, liberté de déplacement et réalités socio-économiques."
De son côté, Vias se voulait plus prudent, indiquant ne pas avoir de données scientifiques permettant d'affirmer avec certitude que les accidents impliquant des jeunes se déroulaient le plus souvent avec des voitures très puissantes. ""Et puis, on peut très bien conduire comme un fou une petite voiture", commentait Benoît Godart.
Depuis, l'Institut Vias a analysé les accidents graves – entendez avec blessés et tués – impliquant un jeune de moins de 25 ans sur les cinq dernières années. Depuis 2021, les jeunes de moins de 25 ans ont été impliqués dans 22.678 avec blessés ou tués, sur un total de 162.719. Soit, dans 13,9 % des accidents.
Mais un jeune ne conduisait une voiture puissante, au-delà de 150 kW, que dans 814 accidents. "Dans seulement 3,59 % des accidents impliquant un jeune conducteur ces 5 dernières années, il se trouvait au volant d'une voiture de plus de 150 KW (NDLR : 204 cv), soit la limite dont il serait éventuellement question pour l'interdiction. De manière générale, quand ils sont impliqués dans un accident, les jeunes conduisent une voiture moins puissante que les autres catégories d'âge."
De manière générale, les voitures puissantes sont impliquées dans 5,61 % des accidents.
