Le sommeil des femmes est-il moins bon que celui des hommes ?
La recherche d'une certaine qualité et quantité de sommeil idéal n'est pas évidente pour tout le monde. Certaines études ont même révélé qu'il existe des différences entre les hommes et les femmes. Voici ce qu'il en est.

- Publié le 15-08-2026 à 12h44
- Mis à jour le 18-08-2026 à 14h15

En Belgique, tout le monde n'est pas égal par rapport à une qualité de sommeil optimale. En moyenne, les Belges ne dorment que six et sept heures et 38 minutes par nuit, un chiffre nettement inférieur aux huit heures recommandées. Et près de la moitié de la population dormirait même moins de six heures.
Dans un récent article, on vous expliquait qu'il existe d'ailleurs des différences entre les hommes et les femmes en matière de sommeil. Selon différentes études, relayées par le Washington Post, les besoins de sommeil et la sensation de fatigue ne seraient en effet pas similaires. Les femmes auraient davantage besoin de sommeil, et dormiraient en moyenne onze minutes de plus par nuit que les hommes. Pourtant, malgré ce temps de sommeil plus long, elles souffriraient davantage de somnolence, de fatigue et d'anxiété.
Ce phénomène s'expliquerait notamment par l'horloge circadienne, ce cycle de 24 heures qui régule des fonctions corporelles essentielles comme la pression artérielle et le cycle veille-sommeil. Chez les femmes, cette horloge serait légèrement plus courte, sous l'influence des hormones et de la température corporelle interne. Une différence de quelques minutes qui les inciterait à s'endormir et se réveiller un peu plus tôt naturellement. Mais ce rythme ne coïncide pas toujours avec les horaires imposés par l'école ou le travail. Il créerait donc un "décalage horaire social" chronique, qui entraîne une fatigue importante ainsi que des troubles du sommeil et des difficultés à se réveiller.
Qu'en est-il en Belgique ?
Ce constat est-il également observé en Belgique ? Mélanie Strauss, professeure et neurologue à l'Hôpital universitaire de Bruxelles, explique que les différences de minutes de sommeil entre les hommes et les femmes sont assez petites, et que ce phénomène de "décalage horaire social" serait moins étudié chez nous.
"Ce n'est pas quelque chose que l'on observe de façon évidente", affirme-t-elle. Si ce phénomène est encore peu connu en Belgique, la spécialiste précise que la recherche s'intéresse aujourd'hui de plus en plus aux différences entre les sexes, révélant des aspects qui n'étaient pas forcément établis jusqu'ici.
Ce qui touche réellement les femmes
S'il n'y a pas de preuve scientifique de ce décalage horaire social en Belgique, la neurologue explique toutefois que les hormones et le cycle hormonal peuvent, elles, en effet impacter le sommeil chez les femmes, notamment en période de périménopause, qui débute dans la quarantaine.
"C'est un moment critique où il y a des perturbations du sommeil. Ce n'est pas que lié aux bouffées de chaleur qui réveillent pendant la nuit. Il y a également des modifications hormonales qui font qu'on se réveille plus, ainsi que des plus grandes difficultés à trouver le sommeil", souligne l'experte.
Comment améliorer son sommeil ?
Afin d'éviter ce type de désalignement, Mélanie Strauss conseille d'appliquer les recommandations générales comme s'exposer régulièrement à la lumière, faire des activités en extérieur, pratiquer des exercices sportifs, voir du monde ou miser sur quelques aliments. "Il ne faut pas manger trop lourd le soir parce que cela peut empêcher de dormir. Faire une pause sans écran avant de dormir, lire, faire de la relaxation, prendre une douche froide peut, au contraire, favoriser l'endormissement", ajoute-t-elle.
"Mais il n'est pas obligatoire de décaler son cycle de sommeil si l'on se sent bien comme tel", prévient-elle. "Le mieux reste d'être en adéquation avec son horloge biologique de façon générale, puisque tout dépend du rythme de la personne", appuie la neurologue.