Saint-Gilles veut donner la gestion des terrains de foot du Barca à l'école de jeune de l'Union : sur place, les clubs crient à la "privatisation"
Une convention entre la commune et l'école des jeunes de l'Union Saint-Gilloise met le feu aux poudres entre Saint-Gilles et les clubs du Barca.

- Publié le 05-07-2024 à 19h09
- Mis à jour le 05-07-2024 à 19h36

Route de Lennik, à Anderlecht, la commune de Saint-Gilles est propriétaire de trois terrains de foot à la "plaine sportive Corneille Barca". Et la commune entend mettre de l'ordre dans l'occupation des terrains. En effet, Saint-Gilles voudrait privilégier le site Barca pour l'école des jeunes de l'Union Saint-Gilloise qui a déjà pris à sa charge la rénovation des vestiaires du site (au grand dam des autres occupants, qui se sentent floués par les aménagements).
Le but serait de développer une nouvelle politique sportive avec notamment l'école des jeunes de l'Union, qui devrait s'engager à accueillir une certaine proportion de Saint-Gillois. En concentrant cette école au Barca, Saint-Gilles libérerait des créneaux sur les sites du Bens à Uccle et du Bempt à Forest, également utilisés aujourd'hui par l'école, mais qui pourraient dès lors accueillir des clubs plus locaux sachant que ces sites ne sont qu'à quelques encablures de Saint-Gilles, contrairement à Barca. "En récupérant ces infrastructures, nous augmentons l'accessibilité du sport pour les jeunes saint-gillois, développe le bourgmestre, Jean Spinette (PS). Nous y redéploierons une activité sportive, dont le football, en lien avec les jeunes des quartiers de Saint-Gilles, le secteur associatif et scolaire." Pour indication le Barca est à 50 minutes de trajet de la place Van Meenen.
Convention bancale
Un projet de convention entre la commune, l'école et le club de l'Union a donc été présenté aux conseillers communaux. Elle propose de laisser, à titre gratuit, la gestion du site Barca à l'école des jeunes de l'Union. La commune, elle, resterait propriétaire du site. La convention stipule que l'école devra accueillir 25 %, dans un premier temps, puis 30 % de Saint-Gillois et développer le projet d'équipe féminine et la faire jouer là-bas.
L'Union, en tant que société, s'engage à donner les moyens financiers, logistiques et humains à l'ASBL de l'école des jeunes de l'Union pour qu'elle développe au mieux son activité. La société (et non l'ASBL qui aura la gestion) s'engage à soutenir le sport amateur notamment avec des partenariats avec les clubs locaux de football amateur.
Du côté de ces clubs locaux, justement, on crie au scandale et à la privatisation de terrain public. Alors qu'une vingtaine d'équipes (hors école des jeunes de l'Union), soit environ 300 personnes, s'entraînent sur ces terrains, rien ne garantit dans le texte qu'ils seront maintenus ici où qu'un autre espace leur sera proposé. Une situation que critique également le PTB qui craint de voir l'offre sportive accessible diminuer pour les Bruxellois.
Le bourgmestre assure que donner la gestion du Barca à l'école, qui sera dès lors en charge de l'entretien, permet de faire des économies (entre 100 000 et 150 000 euros / an) de gestion qui seront ensuite réinjectées dans une politique sportive notamment au Bens et au Bempt.
Mais en l'état, cette convention pose question. En effet, la commune a récemment reçu un subside de la région pour refaire le revêtement synthétique des terrains du Barca. Dans les critères pour obtenir le subside, il fallait que la gestion du site subsidié soit garantie par un organe public (commune/régie communale ou ASBL communale). Ce qui ne serait pas le cas ici. En l'état et de source sûre : cette convention, ainsi rédigée, pourrait être de nature à faire l'objet d'une mesure de suspension ou d'annulation par la tutelle régionale.
"Dans les faits c'est inapplicable"
Un autre point retient l'attention du PTB : la part de Saint-Gillois à respecter. "Dans les faits c'est inapplicable," dénonce Loïc Fraiture, le chef de file du parti de gauche radicale à Saint-Gilles. Mais en plus, le subside de la région a été majoré de 10 % du montant des travaux, qui s'élevait à environ 1 million d'euros, car Saint-Gilles s'est engagée à ce que la structure soit "supracommunale" et donc au-delà des intérêts communaux. Un critère qui pourrait donc coincer avec un quota minimum de Saint-Gillois.
Dans les faits, la convention n'a pas encore été signée, ni même validée en conseil communal. Dans le collège saint-gillois on nous assure que des modifications doivent encore intervenir. Par ailleurs "un comité d'accompagnement est prévu pour distribuer les heures résiduelles où l'école n'occupe pas le Barca au secteur du football amateur et pour développer une politique sportive communale," précise le bourgmestre.
Reste donc à voir si la convention sera adoptée, autant par les parties prenantes que par la tutelle mais aussi quels clubs amateur bénéficieront des "heures résiduelles."