De Kimpembe au smartphone de Saliba et 54 millions de ventes : voici les dessous du mercato de folie signé Antoine Sibierski
Antoine Sibierski a transféré onze nouveaux joueurs dont cinq dans le sprint final. Il disposait notamment des 54 millions des ventes pour faire ses courses. Décryptage.

- Publié le 04-09-2026 à 16h01
- Mis à jour le 04-09-2026 à 16h03

Chapeau au supporter d'Anderlecht qui réussit à citer d'une seule traite les onze nouveaux venus. Le sprint final du mercato a été un véritable coup de folie, marqué par l'arrivée de cinq nouveaux joueurs en à peine 48 heures. Décryptage de cette vague d'achats de toute fin de marché.
Retour au Tsentrany Stadion d'Almaty, à 270 kilomètres de la frontière chinoise. Une demi-heure avant Kairat Almaty - Anderlecht, une réunion au sommet a lieu sur le banc des réservistes entre les deux décideurs du Sporting. Le directeur technique Antoine Sibierski et le CEO Kenneth Bornauw sentent que leur mercato va prendre un nouveau départ.
Le smartphone de Saliba relance tout
Le responsable de cette relance est assis quelques mètres à leur gauche, et il est canadien. Nathan Saliba a été suspendu disciplinairement par Vitor Bruno. La raison ? Il utilisait son smartphone pendant la réunion tactique, une pratique strictement interdite par Bruno.
Nous n'avons pas pu le vérifier, mais nous soupçonnons que Saliba était déjà en train de gérer son transfert vers Villarreal. Il était à nouveau sur le banc après sa prestation insipide à Beveren et sentait que Bruno ne l'appréciait pas.
Sibierski et Bornauw se frottent les mains. Ils vont fixer un prix élevé pour Saliba, titulaire à la dernière Coupe du monde avec le Canada. Et avec ce montant, ils pourront réaliser un ou deux bons coups. La priorité reste un défenseur central, une doublure pour le duo français Biancone-Pétrot, ainsi qu'un remplaçant pour Saliba au milieu de terrain.
Le "21" de Bentayeb chasse Huerta
Pendant ce temps, le directeur technique Thibault Dochy, resté à Neerpede, finalise les formalités du transfert de Tawfik Bentayeb. À Troyes, son ancien club, Bentayeb a inscrit 20 buts avec le numéro 21. Ce numéro est déjà pris à Anderlecht par le Mexicain Huerta. Mais Bentayeb peut récupérer son numéro fétiche. Le message envoyé à Huerta est on ne peut plus clair : pars au plus vite. Anderlecht récupère encore 2 millions de son ex-club, Pumas, soit environ le prix déboursé par Olivier Renard un an et demi plus tôt.
Anderlecht s'impose facilement à Almaty et a déjà un pied en Europa League. Vitor Bruno est satisfait du résultat, mais c'est surtout en revisionnant le match qu'il constate de nombreuses erreurs. Son équipe n'est pas prête pour le plus haut niveau. Cela s'était déjà vu à Beveren.
Le long vol retour du Kazakhstan n'empêche pas Sibierski et Bornauw de bien progresser avec Villarreal pour Saliba. Ils sentent qu'ils pourront vendre le Canadien pour 15 millions. Niveau départs, le compteur affiche 54 millions d'euros, un record pour le club. Sibierski disposait d'un budget de 21 millions avant même la vente du premier joueur. De plus, l'Europa League va rapporter plusieurs millions supplémentaires. Il dispose d'une belle marge de manœuvre pour faire des achats.
Et les départs de Stroeykens et Bertaccini doivent encore s'y ajouter. Stroeykens semble en route pour le Werder Brême, même si le Sporting préfère le vendre plutôt que le louer.
Le match retour contre Almaty se révèle être une simple formalité, mais Sibierski garde la tête froide. Kairat s'est avéré bien plus faible que prévu. Il discute avec son entraîneur de l'idée de dénicher un meneur de jeu du championnat portugais : Santi Garcia.
Sibierski n'aime pas le jeu de Gil Vicente
Son club, Gil Vicente, se montre inflexible. Santi est considéré comme le chef d'orchestre de l'équipe. De plus, le club sait qu'Anderlecht vient d'encaisser 15 millions. Pas question de faire des cadeaux : ils réclament 11 millions.
Les négociations sont laborieuses. Sibierski veut absolument Garcia – il n'est même plus dans la sélection pour le match à Famalicão – mais il campe aussi sur ses positions. Au besoin, il passera au plan B. Gil Vicente ne cède pas d'un pouce et se sert des médias portugais en espérant qu'un club de Premier League vienne finalement arracher le joueur pour encore plus d'argent. En vain. Sibierski, lui, abandonne la piste.

Le Français a d'autres joueurs cochés dans son carnet. Romeo Amane, du Rapid Vienne, affiche des data à peine inférieures de quelques pour cent à celles de Santi. Lundi, Sibierski passe à l'action. Pour 6,5 millions, il boucle son arrivée.

Mais entre-temps, un autre problème se pose. Après Schalke, c'est le Werder Brême qui insiste désormais pour le latéral gauche Moussa Ndiaye. Au départ, le Sénégalais ne pouvait pas partir, mais Sibierski a finalement une alternative sous la main : le Moldave Oleg Reabciuk. Vitor Bruno donne son feu vert, car il le connaît de son passage dans le championnat portugais.
Ambiance lourde à Neerpede
Dans les bureaux de Neerpede, l'activité est intense, mais l'ambiance au centre d'entraînement est lourde : la douloureuse défaite à l'Union (3-0), la 9e en 11 visites, a remis tout le monde les pieds sur terre. Surtout le milieu de terrain Kana–Llansana est pointé du doigt. Le duo est considéré comme insuffisant à la construction.
Comment se fait-il que l'Union est encore parvenue à remplacer ses quatre partants par quatre nouveaux noms sans le moindre problème ? Sibierski décide de passer à la vitesse supérieure. Le Grec Ilias Koutsoupias est une solution bon marché. Son club italien de Frosinone réclame un gros demi-million. Une bonne affaire pour un joueur avec ses statistiques (8 buts, 4 assists).

Mais tout à coup, une alternative se présente, via un prêt : l'international norvégien Thelo Aasgaard. Sibierski ne laisse pas passer l'aubaine et scelle le deal.
Il n'a pas non plus oublié le dossier du défenseur central. Des dizaines de noms lui ont déjà été proposés, parmi lesquels – en juillet – celui de son compatriote Presnel Kimpembe (ex-PSG mais en préretraite au Qatar SC). Sibierski a gentiment décliné, après quoi l'ex-international a signé en deuxième division qatarienne à Al-Kharaitiyat SC.

Sur les réseaux sociaux également, de nombreux noms ont défilé, mais jamais le bon. Jusqu'à ce que celui d'Andrew Omobamidele – un nom inconnu à première vue, surtout parce qu'il est difficile à prononcer – fuite et soit immédiatement officialisé. Les annonces continuent de surprendre les supporters. Jamais, dans le passé, Anderlecht n'avait autant recruté.
Le Grec ne désespère pas
Pendant ce temps, Stroeykens et Bertaccini sont toujours là. Brême a bien insisté pour Ndiaye, mais plus pour Stroeykens. Et Bertaccini semblait en route pour le Servette Genève, mais vu que le dossier ne se débloquait pas, le club suisse a recruté un autre attaquant, l'Ivoirien Fofana de Chelsea. "Berta" se retrouve en tribune jeudi soir pour Anderlecht – Courtrai.

Le Grec Koutsoupias est également présent. Il avait passé ses tests médicaux la veille en se disant qu'il serait le nouveau milieu de terrain, mais le Norvégien Aasgaard l'a donc pris de vitesse. Anderlecht lui a demandé de rester à Bruxelles. Si le club parvenait tout de même à caser Stroeykens ou Bertaccini quelque part, du budget se libérerait pour lui. Finalement, les deux ne sont pas partis. Pourtant, son ex-entraîneur Brian Riemer s'est exprimé de manière très positive au sujet de Stroeykens quand le FC Copenhague prend des renseignements auprès de lui. Malgré cela, le deal avec Koutsoupias est quand même finalisé.
Les Futures pour Bertaccini et Stroeykens ?
Anderlecht espère encore pouvoir se débarrasser de ses deux joueurs. Il faut donc espérer un miracle en provenance de l'Arabie saoudite, où le marché se clôture dimanche, ou des Émirats arabes unis, où le marché ne fermera que le 28 septembre. S'ils ne s'en vont pas, ils risquent d'être relégués vers les Futures.
Avec l'annonce de l'arrivée de Koutsoupias, Anderlecht a bouclé le mercato entrant le plus fou de son histoire. Signé Antoine Sibierski. Il a attiré onze nouveaux noms. Si un gardien avait fait partie des recrues, Anderlecht aurait pu aligner contre Genk une équipe entièrement composée de nouveaux venus.