L'islamophobie explose en Belgique

Un récent rapport indique que les actes islamophobes ont doublé en 2015. Un constat d'autant plus inquiétant que les chiffres seraient sous-estimés!

L’islamophobie explose en Belgique
Facebook ©ÉdA – 201551447760

Le constat fait froid dans le dos: les crimes et délits de haine islamophobes ont plus que doublé en un an, selon un rapport établi par le Collectif contre l'islamophobie en Belgique (CCIB). Ils seraient passés de 13 faits en 2014 à 28 rien que sur les neuf premiers mois de cette année, soit une hausse de 115%. Et de 700% par rapport à 2013!

Le constat n'est malheureusement pas neuf. Il y a quelques semaines, le Mouvement contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie (MRAX) indiquait déjà une recrudescence du nombre d'actes racistes en général (125 sur les six premiers mois de 2015, contre 55 sur la même période en 2014), islamophobes en particulier (passés de 11 à 39 en un an).

Cette triste réalité est d'autant plus inquiétante que les derniers chiffres rapportés ce week-end par le CCIB n'englobent qu'une partie des actes commis. L'ASBL n'a tenu compte que des actes les plus graves: insultes (29 cas), dégradations (11), coups et blessures (9) et meurtre (1).

De plus, comme l'indique le Collectif dans son rapport, "cette analyse ne montre que la partie visible de l'iceberg car de nombreuses victimes n'osent pas faire de signalements et/ou déposer plainte ".

Une "rente électorale"

Pour Carlos Crespo, président du MRAX, cette dangereuse inflation d'actes islamophobes s'expliquerait par deux éléments.

"D'une part, on constate la libération d'une certaine parole raciste ou xénophobe qui cible les musulmans." Des propos émanant de citoyens mais également de politiques ou de partis, comme dans l'affaire du sirop de Liège certifié halal. "Il y a dans le chef de certains responsables politiques la volonté de jouer sur la peur et de transformer la peur de l'autre en rente électorale."

L'actualité internationale a également joué un rôle dans l'explosion d'actes islamophobes, selon Carlos Crespo. Et notamment "ce qu'elle charrie comme images, en Syrie ou ailleurs. Ça fait peur à une partie de l'opinion publique et ça contribue à accroître la peur de l'autre."

Les réseaux sociaux en cause

S'il n'existe pas de profil-type de l'islamophobe ou de terreau fertile pour ce type de délit, le président du MRAX constate une hausse des signalements de propos islamophobes sur les réseaux sociaux. "Il y a vraiment une libération totale de la parole raciste."

Des actes ou propos qui restent souvent impunis. Même si la condamnation n'est de toute façon pas la finalité première du MRAX. "Nous insistons sur la médiation et le travail social ainsi que sur la prévention dans les écoles."

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