INFOGRAPHIES | Le Wallon va sanctionner le gouvernement
Le Flamand ne vote pas comme le Wallon. Attentes et motivations sont différentes. Mais rien qui les rende irréconciliables.

- Publié le 08-05-2019 à 07h37

"La Belgique n'est plus un pays, mais la somme de deux pays", martèle régulièrement la N-VA. Vraiment?
Nous avons comparé les motivations de vote des sondés du nord et du sud du pays.
Des nuances existent, davantage que de réelles pierres d'achoppement.
Sondage politique : différence entre région
Infogram
1. Un électeur convaincu
Si l'électeur belge hésite encore sur son vote, le Flamand y voit plus clair que son homologue wallon: il ira voter (88,5% contre 77,3%), avec conviction (55% vs 44%) et, pour près de 58,5% des répondants (vs 45% en Wallonie), en exprimant un vote identique à celui exprimé en 2014. À l'inverse, un sondé wallon sur dix (11,1%) prévient qu'il n'ira pas voter ou votera blanc (5,7% en Flandre).
Cette détermination vient sans doute de la satisfaction du Flamand pour les majorités sortantes, ce qui est loin d'être le cas de l'autre côté de la frontière linguistique: un sondé wallon sur trois (33,6%) entend "sanctionner le gouvernement" (sans préciser le niveau de pouvoir) contre à peine plus d'un sur cinq (21,4%) au nord du pays.
Preuve que la confiance règne, 1 Flamand sur 3 veut voter pour un élu d'expérience (contre 21,3% en Wallonie) alors que le Wallon réclame du sang neuf: des candidats plus jeunes (30%) et issus de la société civile (40%). Mais surtout "honnêtes" (33,6% contre 22,7% côté flamand) quand l'électeur du nord du pays prête davantage d'attention au projet porté par le candidat (33%).
2. Un électeur qui prend son destin en main
Le Flamand entreprend davantage que le Wallon. Et ça se ressent dans ses motivations: il s'en remet moins à l'État.
Pouvoir d'achat, protection sociale, emploi, économie: ces matières influencent moins le vote du Flamand que du Wallon. Autre exemple, le nombre de Flamands jugeant qu'augmenter les salaires n'est pas important grimpe à 17% contre 11% en Wallonie. C'est encore plus flagrant quand on leur demande ce qu'ils pensent d'une augmentation des aides sociales: ce n'est pas important pour 1 sondé sur trois (23% côté wallon).
Par contre, le Flamand n'aime pas la fraude sociale: 95% jugent important de s'y attaquer (contre 88% des Wallons). Et pour 76% des Flamands, il faut assujettir les aides sociales à des travaux d'intérêt général (70% côté wallon, 61% côté Bruxellois). Et pour plus d'un électeur du nord du pays sur six (64%), il faut réduire la durée et le montant du chômage (contre 49,5% au sud du pays).
3. Un électeur moins vert
Si les écologistes du nord du pays (Groen) ont le vent en poupe dans les sondages, l'électeur flamand n'en demeure pas moins plus réservé sur l'effort à fournir pour sauver la planète que son voisin wallon.
C'est simple: l'environnement constitue la dernière préoccupation des Flamands (lire ci-dessus, moyenne de 6,6/10 contre 7,2/10 en Wallonie). Des mesures telles que lutter contre le réchauffement climatique, sortir du nucléaire, mettre en place des taxes écologiques ou distribuer des primes pour corriger certains comportements nuisibles à l'environnement récoltent systématiquement moins de soutien côté flamand que wallon.
Et ne leur demandez pas de ralentir leur consommation: pour 30,5% des sondés flamands, ce n'est pas opportun (contre 18,2% côté wallon). Il n'y a guère que pour la protection du bien-être des animaux que le Flamand juge plus important de réagir.
