"La décélération économique exacerbe les difficultés"
Match hier, Fnac lundi, Punch Powertrain et Vandewiele la semaine dernière: cette rentrée a bien mal commencé sur le plan social.

- Publié le 04-09-2019 à 06h00

Au total, ce ne sont pas moins de 500 suppressions d'emplois qui ont été annoncées ou actées ces derniers jours. Et ça ne pourrait être qu'un début. Ce mercredi, un conseil d'entreprise extraordinaire est convoqué chez KBC, où les syndicats redoutent le pire. De quoi présager d'un automne social particulièrement sombre?
"Sans connaître les tenants et aboutissants de chacun de ces dossiers, il y a différents éléments qui peuvent expliquer ces annonces et qui sont fondamentalement très différents, mais qui, par hasard, interviennent au même moment", tempère Philippe Ledent, économiste senior d'ING.
Un élément est acquis: " On se trouve dans une période de relative décélération économique. Ce qui exacerbe les difficultés dans n'importe quelle entreprise ", précise Philippe Ledent.
Si votre entreprise a les reins assez solides, elle pourra résister à ce changement de conjoncture sans passer par une restructuration. Par contre, "si votre entreprise ou votre secteur traverse des difficultés mais, qu'en plus de ça, le contexte économique est moins porteur, vos difficultés sont renforcées. "
C'est précisément la situation que traversent les entreprises qui viennent d'annoncer des coupes dans leurs effectifs. Vandewiele (active dans le textile) souffre d'incertitudes politiques sur ses marchés. Match lutte pour survivre dans un secteur, la grande distribution, extrêmement concurrentiel (lire ci-contre). Tout comme KBC qui souffre en plus de taux bancaires historiquement bas. La Fnac, de son côté, a raté le virage de l'e-commerce.
Autant de défis parfois insurmontables pour les entreprises en difficulté. Mais Philippe Ledent se veut toutefois rassurant. "Si, effectivement, une période de ralentissement économique débouche très souvent sur un nombre plus important de restructurations et un nombre plus important de faillites l'ampleur du ralentissement actuel n'est pas suffisant " pour justifier une succession d'annonces de restructurations.
Le chômage, sur un an, était d'ailleurs toujours en baisse en août selon le Forem.
