"Cette précipitation n'incite pas à la confiance"
Et si Brutélé faisait capoter la vente de VOO? Les actionnaires ne veulent pas se précipiter. Et Telenet revient à la charge.

- Publié le 18-09-2019 à 06h00

Doublé dans la course au rachat de VOO par le fonds américain Providence, l'opérateur flamand Telenet ne s'avoue pas vaincu et rappelle avoir déposé "une offre très intéressante " pour Brutélé, partie intégrante du deal signé par Nethys. De quoi faire changer d'avis les Communes actionnaires du copropriétaire de VOO?
Le bourgmestre DéFi d'Auderghem n'entend en tout cas pas "se précipiter". "Cela fait quinze ans que les Communes bruxelloises sont vendeuses, nous a confié Didier Gosuin. Mais jusqu'à présent, ceux qui veulent aujourd'hui se précipiter pour contourner le Code de la démocratie locale avaient toujours bloqué. Tout ça n'incite pas à la confiance."
Pour le Bruxellois, la négociation s'est faite "dans le dos de Brutélé mais aussi d'Enodia. J'ai demandé qu'on ne soit pas informés au dernier moment et qu'on doive ensuite subir le coup."
Avant de prendre une décision, Didier Gosuin souhaite donc obtenir toutes les informations nécessaires, rejoignant sur ce point l'avis exprimé dans nos colonnes, il y a peu, par les bourgmestres de Gembloux et de Sambreville, communes également actionnaires de Brutélé.
"Le CA de Brutélé (NDLR: qui se réunissait hier soir) doit demander toutes les informations pour prendre attitude, estime l'élu amarante. Nous sommes responsables d'un capital estimé entre 250 et 300 millions d'euros, ce n'est pas rien."
Le bourgmestre d'Auderghem exige notamment de connaître la valorisation exacte de Brutélé. Et celle-ci ne doit être calculée que par un organisme extérieur au deal avec le fonds Providence. "Il faut une parfaite étanchéité pour lever tout doute", insiste-t-il.
De quoi redonner espoir à Telenet? "Nous lisons dans la presse que VOO SA a été vendue à un fonds d'investissement étranger mais en même temps, nous lisons aussi que ce n'est pas le cas de Brutélé, a réagi l'opérateur hier. C'est pourquoi nous réitérons notre intérêt pour Brutélé."
Le scénario craint par la direction de Nethys, expliquait celle-ci au Soir hier, c'est "qu'un concurrent surenchérisse sur Brutélé pour paralyser la situation". Or Telenet n'entend pas lâcher le morceau: "Nous espérons toujours que Brutélé va nous contacter pour discuter concrètement de notre proposition."
