Fonds durables: "Financité s'érige en gardien d'une doctrine très rigoureuse"
Le secteur bancaire abuse-t-il de l'appellation durable pour commercialiser des fonds qui ne le seraient pas? C'est en substance le message lancé ce matin par le Réseau Financité. Febelfin réfute, par la voix du président de l'ASBL en charge du label "Towards Sustainibility".

- Publié le 16-07-2020 à 19h05

Le rapport du Réseau Financité pointe du doigt le label "Towards Sustainibility" mis en place par Febelfin et qui serait octroyé à des entreprises pourtant sur liste noire. Olivier Marquet, ancien patron de Triodos et aujourd'hui président du Central Labelling Agency (une ASBL qui vise à élargir l'impact et la teneur de l'épargne et des investissements durables), défend ce label.
La mise en place de ce label, explique l'ancien banquier, part d'un constat, similaire à celui dressé par Financité, qu'"il y avait un volume extraordinairement important de fonds qui se disaient durables sur le marché sans qu'il n'y ait de définition précise de ce qu'ils représentaient."
" Nous avons défini avec différents acteurs du développement durable des critères de qualité qui nous semblent au minimum pour pouvoir porter un label durable. Nous les avons publiés et nous avons proposé à l'ensemble des gestionnaires de fonds qui veulent vendre des fonds sous cette appellation de se soumettre à un examen approfondi pour voir dans quelle mesure ils répondaient aux critères définis."
Olivier Marquet insiste: "Ce n'est pas nous qui avons défini les critères et ce n'est pas nous qui faisons l'enquête de vérification." Il rappelle aussi que le comité de contrôle est pour moitié composé d'acteurs indépendants.
Pour lui, le décalage entre les appréciations du CLA et de Financité trouve son explication ailleurs. "On part de perspectives différentes et d'un objectif différent. Je crois comprendre que Financité s'érige en gardien d'une doctrine très rigoureuse, et ce n'est pas critiquable. Mais nous partons du constat qu'il faut mettre de l'ordre dans le secteur. Ça ne servirait à rien de mettre en place un label qui ne serait accessible qu'à un nombre infime de fonds."
La différence entre les deux approches tient sans doute dans la définition même de cette durabilité, chacun ayant la sienne.
"On va resserrer la vis de plus en plus au fil du temps, concède toutefois l'ancien homme fort de Triodos. Nous relançons un appel ausecteur pour revoir les critères et les renforcer. Mais je ne veux pas m'engager sur le fait que nous rejoindrons Financité sur ces critères. On n'a pas nécessairement les mêmes approches et la même vision. Il n'y a pas qu'une seule vision possible sur le développement durable."
