Primes de travail de nuit: David Clarinval dénonce une "étude truffée d'erreurs" et une volonté de "faire peur" aux travailleurs
La CSC dénonçait mercredi dans une étude les conséquences de la réforme du travail de nuit sur le salaire des travailleurs et les finances de l'Etat. Une étude qui n'a pas plu au ministre de l'Economie et de l'Emploi David Clarinval. Ce dernier dénonce de nombreuses erreurs factuelles.

- Publié le 21-08-2025 à 16h42
- Mis à jour le 21-08-2025 à 16h49

"Cette étude, et je pèse mes mots, est biaisée politiquement, a tenu à réagir ce jeudi David Clarinval en réponse aux conclusions d'une étude de la CSC sur les conséquences potentielles de la réforme des primes accordées aux travailleurs de nuit. "Elle est truffée d'erreurs et n'est donc pas crédible." Pour le libéral namurois, l'économiste qui a réalisé cette étude a commis plusieurs erreurs.
Les secteurs concernés: le transport, pas l'alimentaire
Le premier grief du libéral concerne les secteurs concernés par les effets de cette réforme. "La CSC se trompe tout d'abord factuellement. Elle parle de trois conventions paritaires: la CP200 qui est une des plus grandes commissions paritaires du pays, la 119 qui concerne l'industrie alimentaire et la 140.03 pour le transport. Or ces trois commissions ne sont pas concernées."
Les secteurs concernés sont les CP 201 (commerce de détail indépendant), CP 202 (employés du commerce de détail alimentaire), CP 226 (employés du commerce international, transport et logistique), CP 311 (grandes entreprises de vente au détail) et CP 312 (grands magasins), précise le ministre.
Ils veulent faire peur à la population en semant le trouble, en propageant des fake news
A l'entendre, l'"erreur" de la CSC n'en serait pas tout à fait une. "La CSC est bien placée puisqu'elle siège au Conseil national du travail et au Conseil central de l'économie. Donc, elle sait très bien qu'aujourd'hui, les trois commissions dont elle parle ne sont pas dedans."
Et le Bièvrois d'aller plus loin: "Je pense que c'est fait exprès parce que la CSC, comme d'autres syndicats pour le moment, sont en train de faire peur. Ils veulent faire peur à la population en semant le trouble, en propageant des fake news. Pour que les travailleurs soient énervés contre le gouvernement Arizona."
Personnes concernées: seulement les nouveaux engagés
L'autre point qui a fait bondir le libéral concerne le nombre de personnes menacées par la réforme. "Personne ne va perdre un euro avec cette décision. Puisqu'il est prévu que tous les contrats soient maintenus dans les conditions actuelles. Donc, personne ne va perdre d'argent", martèle le Vice-Premier.
La CSC l'indiquait: la réforme ne s'appliquera qu'aux nouveaux contrats. Le syndicat s'inquiétait d'entreprises qui forceraient leur personnel à signer de nouveaux contrats. "Il est interdit de casser des contrats pour en faire de nouveaux", répond le ministre.
Perte de salaire?
Reste que pour un travail équivalent, deux travailleurs ne gagneront pas la même chose selon que le contrat ait été signé avant ou après la réforme. "Oui, ce sera peut-être un peu moindre que ce qu'ils avaient maintenant", reconnait David Clarinval mais qui se veut rassurant. "La convention collective de travail CCT 49 prévoit des primes de nuit minimales même dans les 5 secteurs concernés, même pour les nouveaux contrats."
David Clarinval reproche encore à la CSC de n'avoir retenu que "des hypothèses maximalistes, comme si tout le monde avait un CDI à temps plein". Ce qui le conforte dans l'idée que "c'est vraiment étudié à charge et de manière très orientée politiquement."
Impact neutre sur les finances
Il n'empêche, la réforme pourrait laisser des traces dans les finances publiques du fait d'une moindre rémunération des nouveaux engagés. "Je ne le pense pas, tempère le libéral, car on va créer des emplois qui n'existent pas, des emplois qui étaient aux Pays-Bas ou en France. Tous ces emplois vont apporter des recettes fiscales."
Dans l'estimation budgétaire qui avait été faite, la mesure était neutre
De combien d'emplois parle-t-on? "Je n'ai pas fait ces calculs mais dans l'estimation budgétaire qui avait été faite, la mesure était neutre. Les pertes étaient compensées par l'effet retour et par le nombre d'emplois créés. Finalement, cette mesure permet de créer de l'emploi chez nous et plus dans les autres pays. Et ça, c'est quand même une bonne nouvelle", insiste David Clarinval.
Et ce dernier d'en remettre une couche: "Je pense que ça participe vraiment d'une stratégie des syndicats de faire peur aux gens pour la rentrée parlementaire."
