Alcool au volant : quelles tolérances dans les pays européens? (carte interactive)

L'Europe ne rigole pas pour ce qui est de l'alcool au volant. Si vous comptez voyager cet été au-delà de nos frontières, mieux vaut ne pas boire "le verre de trop". Mais quelles sont les limites fixées dans les différents pays ?

Le 16e week-end sans alcool et drogue au volant débute ce vendredi
Dans de nombreux pays d'Europe, les contrôles d'alcoolémie sont fréquents ©BELGA

Dans la plupart des pays européens, le taux maximum autorisé est 0,5 g d'alcool par litre de sang, ce qui correspond à 0,22 milligramme par litre d'air alvéolaire expiré quand vous êtes soumis à un éthylomètre. Ou plus empiriquement à deux verres de bière ingurgités au comptoir de votre bar favori. On y est vite. Soyons prudents. D'autant que si vous voyagez plus au nord, ou surtout à l'est de l'Europe, la tolérance sur la picole au volant tombe rapidement au degré zéro de l'acceptation. En Hongrie ou en Roumanie, c'est "tolérance zéro". Et ne parlons même pas de l'Ukraine ou de la Russie, ce n'est pas le moment de songer à y passer ses vacances. En Biélorussie et en Moldavie non plus.

Au sein de l'Union européenne, chaque État membre est libre de son propre code de la route. En cas d'infraction dans un pays étranger, le contrevenant risque les mêmes sanctions que celles qui s'appliquent aux conducteurs du pays où l'on circule. À titre d'exemple, en Allemagne, une conduite avec un taux d'alcool supérieur à 0,5 g/l est sanctionnée d'une amende de 500 euros, assortie d'un retrait du permis de conduire d'un mois. En France, selon le code, l'amende peut aller jusqu'à 4500 euros et deux ans de prison pour une conduite avec un taux d'alcool égal ou supérieur à 0,8 g/l de sang. En Irlande, on ne lésine pas : les sanctions maximales pour conduite en état d'ivresse ou sous l'emprise de drogues s'élèvent à 5000 euros et/ou 6 mois de prison. En Turquie, où la conduite est réputée dangereuse, la conduite en état d'ivresse entraîne la confiscation automatique, pour six mois, du permis de conduire et une amende minimum de 700 livres turques (près de 293 €) sera exigée sur place.

Plus sévères pour les jeunes et les pros

Visant à l'harmonisation, la Commission européenne a recommandé l'adoption par tous les États membres d'un taux normal autorisé ne dépassant pas 0,5 g/l. En Europe, tous les pays membres respectent ce seuil, à une exception près : Malte, où le taux reste fixé à 0,8 g/l. Mais ce serait trop simple. Car la plupart des pays ont adopté des régimes d'exception. Difficile de s'y retrouver. Ces exceptions concernent, le plus souvent, les conducteurs qui ont passé leur permis depuis deux ou trois ans seulement. Généralement, le taux d'alcool autorisé est abaissé pour ces jeunes conducteurs, mais quelques pays imposent la tolérance zéro. Une plus grande sévérité s'applique également pour les chauffeurs professionnels.

C'est le cas en Belgique, où le taux maximum d'alcool autorisé pour les pros du transport (chauffeurs de camions, de bus, de taxis, etc.) est de 0,2 g/l alors qu'il est de 0,5 g pour les autres conducteurs. Ce taux n'a pas changé, contrairement à ce que certains pensent. Ce qui a été modifié récemment, c'est le seuil à partir duquel un conducteur alcoolisé se voit infliger un retrait immédiat du permis de conduire par la police, sur place, et pour une durée maximale de 15 jours. Il était fixé à 1,5 g par litre de sang. Depuis le 1er juin 2023, le seuil a été abaissé à 1,2 g, ce qui signifie qu'environ quatre verres d'alcool peuvent désormais vous priver de votre permis de conduire. En cas de conduite considérée dangereuse ou d'un état d'ivresse manifeste, le retrait immédiat du permis de conduire est même déjà possible dès 0,8 g par litre de sang.

Combien de verres d'alcool pour être à la limite ?
Combien de verres d'alcool avant la limite ? ©Eda Cellule graphique

Les sanctions appliquées en Belgique dépendent, comme ailleurs, de la quantité d'alcool ingurgitée. Si elle se situe entre 0,5 à 0,8 g, l'automobiliste devra payer 179€ (perception immédiate) et arrêter de conduire pendant 3 heures au minimum. Entre 0,8 et 1g, c'est 420€, et 578€ entre 1 et 1,2g. Si l'affaire est renvoyée devant le tribunal (en cas d'accident ou de taux plus élevé que 1,2g/l), il risque une amende allant de 200 à jusqu'à 4000 € et une déchéance du permis de conduire de 8 jours à 5 ans. Lorsque les conducteurs professionnels sont contrôlés avec une concentration d'alcool située entre 0,2 et 0,5g/l, ils doivent payer une perception immédiate de 105 euros. Pour les conducteurs sans domicile en Belgique, la perception immédiate est fixée à 1260€ pour une concentration d'alcool entre 1,2 et 1,5 g/l.

0,2 g, c'est aussi la limite dans de nombreux pays voisins pour les conducteurs qui n'ont pas une grande expérience de la route. Certains comme l'Autriche et la Suisse ont descendu la barre à 0,1 g et la tendance est d'imposer, de plus en plus souvent, une tolérance zéro pour les novices du volant. C'est le cas en Allemagne ou en Macédoine. Autant le savoir si vous conduisez depuis peu. En Croatie, le 0 g est même imposé avant 25 ans, ce qui signifie qu'un conducteur qui a son permis depuis 6 ans devra totalement s'abstenir de boire de l'alcool. Mais, quand on a bu, est-on moins dangereux parce qu'on est plus âgé ou qu'on conduit depuis plus longtemps ? La question mérite d'être posée. Près de la moitié des pays européens ne font aucune différence par rapport à l'expérience des conducteurs, et appliquent le même taux à tous.

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