Avec la manifestation nationale de ces vendredi 9 et lundi 12 octobre 2026, que peut-on faire ou ne pas faire en tant que travailleur ?
Les syndicats FGTB et CSC invitent les travailleurs à des manifestations nationales ces vendredi 9 et lundi 12 octobre à Bruxelles. De quoi perturber, entre autres, les transports en commun et certaines administrations. Mais aussi les travailleurs en général.

- Publié le 07-10-2026 à 15h23
- Mis à jour le 08-10-2026 à 14h58

La CSC et la FGTB ont appelé à 2 journées d'action nationale, couvertes par un préavis de grève, ces vendredi et lundi prochains. De nombreux services publics seront impactés par ces manifestations, comme les transports en commun, les administrations et les aéroports.
Les travailleurs risquent, eux aussi, d'être touchés, qu'ils soient en grève ou non. Pour rappel, en tant que gréviste, on ne percevra pas de salaire de son employeur pour les heures non prestées. Toutefois, si on est affilié à un syndicat, celui-ci peut verser une indemnisation.
"Il n'y aura en tout cas pas d'impact sur l'ancienneté"
Mais que risque-t-on à voir son contrat de travail ainsi suspendu ? "Dans certains cas, cette absence peut ne pas être assimilée à un jour de travail pour maintenir le droit à des avantages sociaux (par exemple les assurances, la pension) ou salariaux (par exemple prime de fin d'année), souligne Frank Verbruggen, expert juridique chez Group S, prestataire de services RH (Ressources humaines). Mais cette fois, l'impact sera, vu la durée minimale de l'absence, minimal. Il n'y aura en tout cas pas d'impact sur l'ancienneté qui continuera à courir parce que l'absence n'interrompt pas l'ancienneté du travailleur chez son employeur."
Quant aux travailleurs qui ne font pas grève, ils risquent de subir les effets de la mobilisation, notamment en ce qui concerne les transports en commun. La question se pose : peut-on être sanctionné si on n'arrive pas au travail ? "La journée d'action du 9 octobre est annoncée bien à l'avance. On peut donc attendre des travailleurs qui ne participent pas à la grève qu'ils fassent des efforts raisonnables pour arriver à l'heure au travail. Celui qui arrive en retard en raison des perturbations annoncées ou qui ne parvient pas du tout à se rendre au travail n'a, de ce fait, pas automatiquement droit à son salaire pour les heures non prestées."
"Le travailleur risque le non-paiement de son salaire, voire un avertissement"
Les circonstances seront différentes si le travailleur est empêché de se rendre au boulot par un blocage imprévu sur la route. Si, malgré ses tentatives pour parvenir sur son lieu de travail, il n'y arrive pas, il aura sans doute droit à son salaire.
Mais si l'employeur estime que l'absence du travailleur est injustifiée, cela pourrait coûter cher à ce dernier. "Le travailleur risque le non-paiement de son salaire, voire un avertissement, explique Frank Verbruggen. Il pourra être licencié (pour faute grave) si cela n'est pas sa première fois malgré plusieurs avertissements de l'employeur."
Le télétravail : pas une solution systématique
Selon les secteurs, le télétravail peut être envisagé lors d'une journée d'action nationale. Mais les travailleurs ne doivent pas considérer cela comme une solution systématique ni la décider unilatéralement. "Le télétravail peut être une solution pratique, mais l'employeur et le travailleur doivent se mettre d'accord à ce sujet. Un travailleur peut demander à effectuer du télétravail occasionnel, mais l'employeur peut refuser une telle demande sous certaines conditions."
Enfin, une dernière option, en cas de grève nationale, est de demander un jour de congé. "En principe, le règlement de travail prévoit un délai minimum pour demander un jour de congé. Ce sera en général 2 ou 3 jours ouvrables à l'avance pour des vacances courtes et au moins un mois à l'avance pour des plus longues vacances, mais l'employeur peut toujours y déroger."
Et Frank Verbruggen de conclure. "La plupart des problèmes ne viennent pas des règles elles-mêmes, mais du fait que l'employeur et le travailleur discutent pour la première fois le matin de la grève de ce qu'il faut faire. L'employeur qui conclut à l'avance des accords clairs concernant la présence, le télétravail et les éventuelles absences évite de nombreuses discussions le 9 octobre."
