Grève de 3 jours chez Intradel en province de Liège: les recyparcs fermés jusqu'à ce samedi 10 octobre
Si vous comptiez vous rendre dans un parc à containers en province Liège cette semaine, il faudra attendre samedi. En cause: un mouvement de grève ces mercredi 7, jeudi 8 et vendredi 9 octobre 2026
- Publié le 06-10-2026 à 17h36
- Mis à jour le 06-10-2026 à 19h09

"Suite à un mouvement de grève et des piquets prévus par les organisations syndicales, les recyparcs, les biocentres et le siège social d'Intradel (en ce compris le call center) seront inaccessibles mercredi 07/10, jeudi 08/10 et vendredi 09/10", annonce Jean-Jacques De Paoli, le responsable communication d'Intradel, l'intercommunale de gestion des déchets dans 72 communes en province de Liège.
La réouverture est prévue ce samedi 10 octobree "pour, notamment, mener à bien la collecte des jouets", précise le communiqué, ajoutant que "les collectes en porte à porte ne seront pas perturbées."
Ce mouvement de grève intervient alors 45 recyparcs liégeois étaient déjà fermés ce mardi.
6 équivalents temps plein supprimés
Six équivalents temps plein supprimés, des départs non remplacés et une charge de travail qui augmente : le front commun CGSP-CSC annonce une grève dès ce mercredi.
Face aux mesures d'économies annoncées au sein de l'intercommunale liégeoise, la CGSP et la CSC ont décidé de passer à l'action en front commun syndical.
Au cœur du conflit : la situation financière difficile d'Intradel et les mesures prises pour tenter de la redresser. Pour la CGSP, ces difficultés sont notamment liées à des choix de gestion opérés ces dernières années, alors que les cotisations n'ont pas été indexées durant plusieurs années malgré les crises successives et l'augmentation importante des coûts. Le syndicat pointe également les politiques menées par les gouvernements MR-Engagés au niveau wallon et Arizona au niveau fédéral.
"La paix sociale est aujourd'hui rompue"
Mais ce sont surtout les conséquences pour le personnel qui provoquent la colère syndicale. Six équivalents temps plein sont supprimés. Certains départs ne seront plus remplacés et certaines absences pour maladie ne le seront plus non plus.
"Ces mesures vont inévitablement augmenter la charge de travail du personnel restant et, à terme, avoir un impact sur la qualité du service rendu aux usagers", estime Stéphane Kaluza, président de la section CGSP Intradel.
Le syndicat dénonce également la manière dont les dernières discussions se sont déroulées. Selon lui, les décisions étaient déjà prises et mises en œuvre avant qu'une véritable négociation avec les organisations syndicales puisse avoir lieu.
Un point particulièrement sensible pour les représentants du personnel, alors que le dernier protocole d'accord, signé le 16 septembre 2025, prévoyait le maintien de la paix sociale.
"Pour nous, la paix sociale est aujourd'hui rompue. Et c'est l'autorité qui l'a rompue de manière unilatérale", affirme Stéphane Kaluza. Le président de la section CGSP Intradel reproche à l'autorité d'avoir considéré la négociation comme une simple séance d'information et de ne pas avoir respecté ses engagements en matière de paix sociale.
Le front commun CGSP-CSC a donc décidé de mettre fin à cette période de calme. "C'est pour cela qu'à partir de demain (mercredi) nous serons en grève !", annonce Stéphane Kaluza.
Les syndicats avancent plusieurs alternatives
Pour la CGSP et la CSC, la réduction des effectifs n'est toutefois pas la seule piste possible pour faire face aux difficultés financières d'Intradel. Les syndicats estiment disposer de plusieurs alternatives.
Ils évoquent notamment une adaptation "juste et limitée" de la cotisation, mais aussi une réduction de certaines dépenses auprès de sous-traitants, une révision à la hausse de certains services ou encore un réexamen des nombreux services gratuits proposés par l'intercommunale.
"Les travailleurs d'Intradel assurent chaque jour des missions essentielles au service des habitants. Ils ne sont pas responsables de la situation financière de l'intercommunale et ne doivent pas en être la variable d'ajustement", défend Stéphane Kaluza.
Le front commun demande désormais à l'autorité de revenir avec des propositions jugées acceptables et de renouer avec un véritable dialogue social. Faute d'accord, le mouvement de grève doit débuter ce mercredi.
