Un choc wallon sans public, mais pas sans pression : "On peut parler d'un nouveau départ"
Au sortir d'un zéro sur six et d'une trêve inhabituellement longue, le Standard doit reprendre sa marche en avant dans un Sclessin à huis clos, et avec le rival wallon comme premier écueil.

- Publié le 10-10-2026 à 04h00

L'agitation du mercato et la canicule passées en moins, quelques repères en plus et sept matchs plus loin : la reprise de la Jupiler Pro League prend des airs de saison nouvelle après une trêve automnale inhabituellement longue. "Trois semaines, c'est pratiquement une demi-préparation estivale. On peut parler d'un nouveau départ", confirme l'entraîneur liégeois Vincent Euvrard.
À ceci près qu'on ne démarre pas de zéro. Que ce qui a été pris n'est plus à prendre et les points égarés çà et là seront si possible à rattraper quelque part. Le Standard en sait quelque chose. Son bilan global (11/21), plombé par un zéro sur six juste avant la coupure, est insuffisant au vu de ce qu'il ambitionne et de ce qu'il propose.
L'enjeu seul du match doit compenser cette absence de supporters.
Le choc wallon se profile déjà, dimanche après-midi. À huis clos. Puisque personne n'a trouvé le remède miracle contre les excès qui pourrissent une partie des tribunes et que les instances y répondent par des sanctions collectives. Ceci dit, vu les graves incidents qui ravagent Liège ces derniers jours, il n'apparaît même pas certain que les autorités auraient été en mesure d'assurer la tenue de ce match à risques. Soit.
Même sans supporters, le Standard n'a pas le choix. Il est sous pression et doit gagner. "Après Anderlecht, c'est le match le plus attendu de la saison pour le club. Cela pourrait booster la suite de notre championnat", résume Adnane Abid. Réenclencher une dynamique positive, aussi, et éviter de se retrouver à dix points de la quatrième place. "Chapeau pour ce que Charleroi réalise avec ses 18 points, salue Euvrard. C'est mérité au vu des statistiques et de ce qu'ils produisent. Mais on sait aussi que, pour ce match particulier, on parle d'autre chose. D'une passion, d'une fierté et d'une ferveur."
Dans les têtes
Elles ne jailliront donc pas des tribunes et seront à puiser ailleurs. Dans les têtes, les cœurs et les tripes. "Le huis clos n'influencera pas notre détermination, insiste l'entraîneur. L'enjeu seul du match doit compenser cette absence de supporters."
Euvrard attend de ses joueurs qu'ils maîtrisent leurs nerfs et les rapports de force. Le levier mental sera activé dès dimanche matin, la Famille des Rouches ayant prévu de venir galvaniser les joueurs au départ du car à l'académie.
Pendant la trêve, on a notamment travaillé les phases arrêtées, la gestion des contre-attaques et de notre concentration.
Cependant, le coach liégeois préfère éviter que le match ne se transforme en concours de roublardise et d'agressivité, dans lequel les Carolos, emmenés par leur capitaine carolo Aiham Ousou et Kevin Van Den Kerkhof, excellent généralement. "On devra remporter le duel psychologique mais je ne crois pas qu'on devra trop aller sur ce terrain-là."
Euvrard préfère dominer et gagner par le jeu. "Ces trois dernières semaines, on a travaillé les détails qui ont pu nous coûter des points précédemment : les phases arrêtées, la gestion des contre-attaques et de notre concentration", confie Adnane Abid, joueur le plus décisif cette saison (3 buts, 3 passes décisives).
Mercredi, il a toutefois été symboliquement rattrapé par Andi Zeqiri, auteur d'un triplé… avec le SL16, contre Mons (3-2). L'attaquant suisse a démontré une mentalité irréprochable et une faim de loup. On parierait sur ses premières minutes, d'autant plus vu l'incertitude physique entourant Nsimba. "Depuis le début, Andi dégage une bonne énergie et on avait planifié cette trêve pour le remettre dans le rythme, explique Euvrard. Au-delà de cet état d'esprit, il y a les qualités qu'il peut nous apporter."
Sa saison ne fait que commencer. Celle du Standard doit se relancer.
