Arnaud Bodart : "Avec le huis clos, il faut aller chercher un peu plus loin la motivation"
L'ancien gardien du Standard explique comment il a vécu les matchs à huis clos disputés au Standard.

- Publié le 09-10-2026 à 11h06

C'est un passage de la vidéo publiée par le Standard sur ses réseaux sociaux pour rendre compte du match amical Lens – Standard (2-0), disputé vendredi passé au centre d'entraînement du club français. Le capitaine Marlon Fossey, s'adressant à ses équipiers, dit : "Ça va être le même type de match contre Charleroi, sans fan."
Le Standard, lors de ce match amical, a eu une forme de répétition générale pour la réception des Zèbres ce dimanche puisque Lens avait demandé le huis clos total pour accueillir les Rouches. Ce n'est pas tout à fait comparable, évidemment, mais tous les moyens sont bons pour essayer de reproduire les conditions d'un match particulier quand il doit être joué sans supporter.
Arnaud Bodart a disputé les trois derniers matchs à huis clos du Standard, pour raisons disciplinaires, contre le Cercle Bruges (5 février 2022), contre Gand (27 février 2022) et contre OH Louvain (6 avril 2024). Il explique comment il a vécu ces expériences.
Quel regard portez-vous sur la tenue des matchs à huis clos ?
"Le huis clos ce n'est pas du foot, c'est nul. On ne ressent pas l'aspect compétition. Et puis, il n'y a rien à faire, le foot est un divertissement pour les gens, un spectacle. Les supporters viennent pour se divertir et par passion, et ils sont partie prenante du spectacle. Le foot sans supporter n'a ni queue ni tête. Sans les gens et sans la ferveur populaire on ne serait pas des joueurs professionnels qui gagnons bien nos vies, il ne faut pas l'oublier. Un choc wallon sans supporters, ou un match à huis clos de manière générale, c'est comme si tu jouais un match amical. Tu as l'impression que c'est juste un match de foot, sans le supplément d'adrénaline, de motivation. Finalement, les supporters ont envie que leur équipe gagne, par exemple contre Charleroi ce dimanche. Mais même pour eux, les supporters, une victoire n'aura pas la même saveur que s'ils étaient au stade."
Comment prépariez-vous ces matchs sans supporter ?
"La routine de la préparation ne change pas trop, à vrai dire. Ce sont les mêmes habitudes : on fait attention au sommeil la veille, à bien s'alimenter. C'est un match à huis clos mais cela reste un match de compétition, on doit gagner avant tout. Mentalement, en revanche, il faut gérer l'approche. Quand tu joues un Clasico ou un choc wallon, même si tu as passé une nuit blanche, tu vas avoir une énergie débordante, tu seras surmotivé, dynamique, en pleine forme. Tu es sous adrénaline, en fait. Avec le huis clos c'est un peu différent, il faut aller chercher un peu plus loin la motivation, alors qu'elle vient naturellement quand les supporters sont au stade."
