Lance-missile, mitrailleuses, explosifs... L'incroyable arsenal saisi par la police judiciaire de Namur
Une centaine d'armes de guerre ont été saisies à Namur, Binche, Tournai et Verviers au cours d'opérations menées depuis mercredi. Quatre suspects ont été placés sous mandat d'arrêt.

- Publié le 09-10-2026 à 15h03
- Mis à jour le 09-10-2026 à 17h30

Une mitrailleuse, des armes de poing, des lance-rocket, un lance-missile… Le tout est étalé sur plusieurs tables dans un petit local de la police judiciaire de Namur, rue de... l'Arsenal.
Ce n'est pas un stand de Saint-Nicolas pour quelques fondus d'armes du Nebraska mais bien l'incroyable prise effectuée ces derniers jours par les enquêteurs namurois, épaulés par leurs collègues de Liège, Charleroi, Mons et du Brabant wallon. La totale.

"Et encore, ici, on n'a pu montrer qu'un tiers des armes saisies", glisse David Demaude, le patron de la PJF de Namur. "Pour des raisons de sécurité évidentes, on ne pouvait pas tout ramener ici. Il y avait aussi cinq kilos d'explosif..."
Un vaste coup de filet a en effet été lancé mercredi dernier dans les régions de Namur, Binche, Tournai et Verviers. Deux cents policiers ont été mobilisés par ces interventions délicates. Les unités spéciales, les maîtres-chiens, les services de la douane ont également été sollicités.
Même un lance-flammes
L'une des perquisitions a été menée route de Hannut, à Bouge (Namur). L'adresse était déjà bien connue des autorités judiciaires. Une opération du même type menée le 16 février 2023 avait permis de récupérer une soixantaine d'armes de guerre.
Entre-temps, les occupants, deux frères, avaient été condamnés à Namur en juin 2025 à quarante mois de prison avec sursis. Leur peine avait été confirmée en appel à Liège mais visiblement le message envoyé par la Justice n'est pas trop bien passé. "Il s'agit en effet des mêmes personnes", confirme Etienne Gaublomme, le procureur du roi de Namur.

Lors des opérations lancées mercredi, sept personnes ont été privées de liberté. Quatre d'entre elles ont été placées sous mandat d'arrêt. "Si les faits sont avérés, ils risquent jusqu'à dix ans de prison. Et même quinze pour les récidivistes", souligne le procureur namurois.
Les inquiétudes sont bien réelles quand on examine l'arsenal de plus près. On y trouve cinq kilos d'explosif de type TNT, 33 armes de poing, 44 fusils d'assaut, 113 chargeurs, un millier de munitions. "Mais il y a aussi du matériel militaire spécialisé avec des lance-rocket et lance-missile, une mitrailleuse, une mine antipersonnel, des obus, dix grenades et même un lance-flammes", énumère David Demaude, le directeur judiciaire namurois.

D'où viennent ces armes ? Leurs vols ont-ils été signalés ? A qui étaient-elles destinées ? "Nous n'en sommes qu'au début de l'enquête et on veut en effet répondre à toutes ces questions", riposte le procureur du roi Etienne Gaublomme. C'est en tout cas un coup fumant qui vient d'être réalisé.
